Les unités de la Légion

Deux unités, les 1er et 4e RE, sont placées pour emploi, directement sous les ordres du général commandant la Légion étrangère. Soutenu par le 1er étranger, l’état-major de la Légion est implanté à Aubagne. Jadis « Inspection de la Légion étrangère » à Sidi Bel-Abbès, il est devenu COMLE, en prise directe avec le chef d’état-major de l’armée de terre dont il est le conseiller technique pour toutes les questions concernant le personnel à titre étranger. Par l’intermédiaire de ses grands services, le COMLE exerce, vis-à-vis de l’ensemble de la Légion, ses responsabilités dans les domaines suivants :

-  recrutement et sélection à l’engagement des volontaires ;
-  gestion des effectifs et administration des personnels servant à titre étranger ;
-  maintien des traditions et conservation du moral ;
-  mise en œuvre de l’action sociale.

C’est à Aubagne que résident les célèbres pionniers et la musique principale de la Légion. C’est aussi au Quartier Viénot, dans le fil droit de Sidi Bel-Abbès, que les cérémonies de Camerone déroulent leurs fastes. C’est autour de la voie sacrée que, chaque 30 avril, se retrouvent les Anciens, dans la communion du souvenir et de l’émotion.

Le commandement de la Légion Etrangère

1er Régiment étranger

Doyen des régiments de la Légion, il est né le 9 mars 1831, en même temps qu’est publié le décret de formation de la Légion. Son ancienneté lui confère le rôle de gardien des traditions et de dépositaire du souvenir légionnaire. C’est au 1er RE que tout légionnaire commence et termine sa carrière. Implanté au Quartier Viénot à Aubagne depuis 1962, son personnel est réparti en fait sur toute la France compte tenu du maillage des postes de recrutement sur l’ensemble du territoire national. Unité de soutien, le 1er RE n’a pas moins pour devoir d’entretenir ses personnels comme toute unité Légion ! Il maintient donc en condition opérationnelle des cellules et des spécialistes afin de pouvoir mettre sur pied, sur court préavis, des personnels au service des autres régiments Légion engagés en opérations. Ce fut le cas d’une Compagnie de marche au Tchad en 1970, à Beyrouth en 1983, dans le golfe en 1990-1991 et plus près de nous au Rwanda ou en ex-Yougoslavie. Dépositaire des gloires de la Légion, le 1er RE a l’honneur d’organiser les manifestations nationales de Camerone le 30 avril.

Son drapeau porte les plus anciennes inscriptions de batailles de la Légion :

  • Sébastopol 1855 ;
  • Kabylie 1857 ;
  • Magenta 1859 ;
  • Camerone 1863 ;
  • Extrême-Orient 1884-1885 ;
  • Dahomey – Maroc 1892-1907 ;
  • Madagascar 1895-1905 ;
  • Orient 1915-1917.

Son drapeau est décoré de la Croix de la Légion d’Honneur en 1906 et titulaire de la Croix de guerre 1939-1945 avec une palme et de la médaille de la ville de Milan.

Le chant du régiment : « Nous sommes tous des volontaires »

4e Régiment étranger

Le « 4 », l’autre composante du COMLE, est « l’école de la Légion ». Il forme et perfectionne tous les personnels non officiers de la Légion étrangère. Ses compagnies d’instruction élémentaire accueillent les engagés volontaires sélectionnés à Aubagne et en font des légionnaires en 4 mois. Trois priorités dominent la formation : l’apprentissage du français, le tir au fusil et la mise en condition physique. A l’issue, les jeunes légionnaires sont affectés en unités de combat. Au cours de leur contrat ou de leur carrière, nombreux sont ceux qui reviendront au « 4 » pour les pelotons d’élèves gradés et de sous-officiers à la compagnie d’instruction des cadres, ou des stages de spécialités militaires et logistiques.

Suivant la tradition des Cie d’instruction de Bel-Abbès ou de Saïda, le « 4 » a remis en vigueur la tradition des fermes d’instruction. Disséminées entre autres dans les Corbières, ces installations permettent de développer et d’entretenir la rusticité des engagés, de créer un esprit de corps en les habituant à la vie en campagne. Chaque Cie d’instruction possède sa propre ferme, en mesure d’accueillir une section d’engagés ou de stagiaires. La période d’instruction comporte deux moments forts : la remise du képi blanc qui sanctionne les deux premiers mois de présence, et le raid de fin d’instruction qui précède la ventilation des légionnaires dans les différentes unités de combat. Le « 4 » a vu le jour en 1920 et s’illustre d’emblée dans la pacification du Maroc. Dissous en 1940, il est recréé à Dakar en 1941 sous le nom de 4e Demi-brigade de la Légion étrangère. Il se distingue en 1943 en Tunisie puis en Indochine. Le 4e REI, recréé en 1948, va participer à la guerre d’Algérie avant d’entreprendre, en 1963, un périple jusqu’à Reggane (lieu d’essai de la 1ere bombe nucléaire française) et d’être dissous en 1964.

Le départ des unités d’instruction de Corse en 1977 le voit reprendre vie à Castelnaudary sous l’appellation de « régiment d’instruction de la Légion étrangère ». Ce n’est que le 1er juin 1980 qu’il retrouve le nom de 4e Étranger.

Son chat est : « C’est le 4 »

DANS LA 6e BRIGADE LEGERE BLINDEE

1er REC

Créé à Sousse en 1921, le « royal étranger de cavalerie » se signale par un recrutement composé d’un fort contingent de Russes « blancs » (partisans du tsar, en opposition aux « rouges » communistes). Dès 1925, il est engagé dans la pacification du Maroc et au Levant contre les Druzes (actuelle Syrie). Appelé GRD 97 (Groupement de Reconnaissance Divisionnaire 97) en 1940, le REC perdra dans des combats sans espoir entre autres son chef le Lieutenant-Colonel Lacombe de Latour. Il connaît la campagne de Tunisie en 1943 puis participe à la Libération terminant sa course en Allemagne. Puis pendant l’Indochine, il connaît les rizières de Cochinchine et du Tonkin avant d’intervenir en Algérie.

En 1967, il prend garnison à Orange et retrouve vite un rythme soutenu des missions : Tchad en 1978, Beyrouth en 1983 et le Golfe en 1990. Equipé de VAB, d’AMX-10 RC et de VBL, le REC sert entre autres l’Escadron d’Eclairage et d’Investigation de la 6e BLB.

Le premier étendard du régiment fut remis au Colonel Sala le 2 décembre 1925 à Sousse.

Son drapeau porte les inscriptions suivantes :

  • Camerone 1863 ;
  • Levant 1925-1926 ;
  • Maroc 1925-1927, 1930-1934 ;
  • Ousseltia 1943 ;
  • Colmar 1945 ;
  • Stuttgart 1945 ;
  • Indochine 1947-1954.

Sa cravate est décorée de la Croix de guerre 1939-1945 et de la Croix de guerre des TOE avec 4 palmes ; elle porte également la fourragère aux couleurs de la Croix de guerre 1939-1945 et la fourragère de la croix de guerre des TOE. Comme toutes les unités de cavalerie, le REC fête la Saint-Georges le 23 avril et honore la mémoire de la comtesse du Luart, brigadier-chef d’honneur, qui a été la « marraine » du régiment jusqu’à sa mort en 1985.

Le chant du régiment : « La colonne »

DANS LA 6e BRIGADE LEGERE BLINDEE

2e REI

Constituant « la vieille garde » de la Légion avec le 1er RE, le 2e REI voit le jour en 1841 et accomplit les mêmes tâches que celui-ci jusqu’à la 2e guerre mondiale. Dissous le 1er avril 1943, il retrouve son nom et l’Indochine le 1er janvier 1946. Là-bas, il armera le célèbre train blindé que les légionnaires surnommeront « la rafale ». Annam et Tonkin le voit en opération avant de terminer sa course dans l’enfer de Dien Bien Phu. De 1955 à 1962, le 2e REI opère en Tunisie, au Maroc et en Algérie puis rejoint Colomb-Béchar après le cessez-le-feu et Mers el-Kébir en 1967 d’où il est rapatrié en France en janvier 1968 et dissous.

Reconstitué en Corse le 1er septembre 1972, il devra en fait attendre 10 ans pour devenir le régiment d’infanterie motorisé que l’on connaît aujourd’hui. Au sein de la Force d’Action Rapide (FAR) et de la 6e DLB, le « 2 » se distingue au Tchad, à Beyrouth, dans le Golfe et plus près de nous au Cambodge, au Gabon, au Rwanda et séjourne à plusieurs reprises en ex-Yougoslavie.

Aujourd’hui plus gros régiment de l’Armée de Terre, il est doté de VAB, de VBL et de P4. Si les mortiers de 120mm ont disparus de l’arsenal des unités d’infanterie française, le « 2 » a récupéré pour sa part une 5e Cie de combat avec les VAB TROUPE (classique) autrefois servi par le REC.

Les VAB “antichar” sont en dotation au sein de la CAC.

A ce jour, la structure du rgt est la suivante :

  • CAS. (administration et soutien)
  • CCL.
  • 5 cies de combat.
  • CEA.
  • CAC. Soit un total de 9 cies et environ 1300 hommes

Son premier drapeau date du 11 septembre 1844. Au nom d’un destin commun, il reprend la plupart des inscriptions de batailles du 1er RE :

  • Sébastopol 1855 ;
  • Kabylie 1857 ;
  • Magenta 1859 ;
  • Camerone 1863 ;
  • Extrême-Orient 1884-1885 ;
  • Dahomey 1892 ;
  • Madagascar 1898-1905 ;
  • Maroc 1907-1913, 1921-1934 ;
  • Indochine 1946-1954.

Sa cravate est décorée de la Croix de guerre 1939-1945 avec une palme, de la Croix de guerre des TOE avec trois palmes et la médaille de la ville de Milan. Elle porte la fourragère aux couleurs de la Croix de guerre des TOE. Héritier des compagnies montées, le « 2 » commémore le 2 septembre le combat d’El-Moungar de 1903 et entretient un mulet de tradition.

Chant de tradition : « Anne-Marie du 2 »

DANS LA 6e BRIGADE LEGERE BLINDEE

1er REG

Le 1er REG, anciennement 6e REG, a été créé en 1984 et est implanté à Laudun. Il a repris les traditions du 6e régiment étranger d’infanterie formé en 1939 au Levant et dissous en 1941 après les événements de Syrie. Reformé en 1949 en Tunisie, il y servira jusqu’en 1955 et l’un de ses bataillons effectuera un court séjour en Indochine. Le 1er REG est le régiment de génie-combat de la 6e BLB. A ce titre, les missions majeures qui lui sont confiées sont spécifiques à l’arme du génie : aide à la mobilité (ouvertures d’itinéraires, franchissements), participation à la contre-mobilité (coupures d’itinéraires, obstacles, destructions), organisation du terrain (enfouissement), minage, déminage et dépollution, appui direct au combat. Comme tous les régiments de la Brigade, il est d’une disponibilité immédiate.

Comptant environ un millier d’hommes, il est articulé de la sorte :

  • une Compagnie de Commandement qui, outre ses traditionnelles missions de soutien, compte dans ses rangs les Spécialistes d’Aide au Franchissement (SAF) et le Détachement d’Intervention Nautique Opérationnel (DINOPS)
  • une Compagnie d’Appui rassemblant les moyens lourds du régiment, ainsi que les sections NEDEX, appui et franchissement
  • des Compagnies de Combat équipées entre autres de VAB Génie.

Tous les légionnaires sont formés aux techniques de déminage et, pour la plupart, les ont mis en pratique lors de missions extérieures.

Le 1er REG a repris le drapeau du « Régiment étranger du Levant ». Il porte les inscriptions suivantes :

  • Camerone 1863 ;
  • Messifre 1925 ;
  • Syrie 1925 – 1926.

Fidèle à ses traditions, il commémore « Baalbek », date de sa création et Sainte Barbe, patronne des sapeurs.

Chant de tradition : « Sapeurs, mineurs et bâtisseurs »

DANS LA 11e BRIGADE PARACHUTISTE

2e REP

Assurément l’unité la plus connue et la plus médiatisée de l’armée française, le 2e REP est le dépositaire unique des traditions de tous les légionnaires parachutistes. Les premières unités parachutistes apparaissent en 1948 à la Légion. Engagés directement en Indochine, les 1er et 2e BEP sont de tous les coups durs en Extrême Orient : Cao Bang, Dien Bien Phu. Devenus REP, les deux unités interviennent dans tous les secteurs en Algérie, en particulier dans les grandes opérations de 1959 – 1960. Au nom de la parole donnée, le 1er REP s’abîme dans le putsch des généraux du 21 avril 1961 et est dissous.

Demeurant 5 ans à Bou Sfer après le conflit, le 2e REP rejoint Calvi en 1967. Dès 1969, il retrouve le rythme des opérations extérieures et son domaine d’action préféré : l’Afrique. Le Tchad puis Djibouti en 1976 où il libère les otages de Loyoda. En 1978, il saute sur Kolwezi lors de la plus célèbre opération aéroportée de l’après-guerre. Par la suite, ses unités interviennent au Gabon (1991), au Rwanda (1990, 1991-1992, 1994), en Centrafrique (1997), au Zaïre et au Congo. Il participe aussi à l’évacuation de ressortissants palestiniens à Beyrouth en 1982 et détache ses Commandos de Recherche et d’Action en Profondeur (CRAP) en Irak avec la division « Daguet ». Dès 1993, le REP a aussi engagé ses éléments dans le « chaudron » yougoslave.

Fort d’environ 1200 hommes et équipé de matériels récents et ayant faits leur preuve (VAB, VBL, P4), le REP a été la première unité a spécialiser ses compagnies de combat dans un domaine particulier :

  • la 1er Cie est rompue au combat urbain et au combat de nuit. Ses légionnaires -sont aussi passés maîtres dans le combat antichar ;
  • la 2e Cie a pour terrain de jeu les régions extrêmes : montagne et franchissement ;
  • la 3e Cie est spécialisée dans l’action amphibie et collabore avec la Marine Nationale ;
  •  la 4e Cie pratique le combat sur les arrières de l’ennemi, le sabotage et les destructions. Elle forme également les tireurs d’élite.

La Compagnie d’Eclairage et d’Appui (CEA) pour sa part regroupe la section de reconnaissance régimentaire (SRR), les appuis mortiers de 81mm et le Groupe de Commando Parachutiste (GCP) du régiment. Ce dernier est composé de chuteurs opérationnels recrutés parmi les soldats du régiment sur des tests très ardus, soumis à un entraînement particulier et capables de mener des opérations de renseignement ou de commando avec une mise en place par la voie des airs mais aussi par des moyens terrestres ou amphibies.

Le drapeau du 2e REP lui a été remis en 1956 à Philippeville. Il porte les inscriptions suivantes :

  • Camerone 1863 ;
  • Indochine 1945 -1954.

Cité huit fois à l’ordre de l’armée ne Indochine, son drapeau est titulaire de la Croix de Guerre des Théâtres d’opérations Extérieures (TOE) avec huit palmes et sa cravate porte la fourragère aux couleurs de la Légion d’Honneur avec olive aux couleurs de la croix de guerre des TOE. Comme toutes les unités aéroportées, le 2e REP fête Saint Michel, le patron des paras.

Chant du régiment : « La Légion marche »

LES FORCES STATIONEES OUTRE MER

3e REI

En 1914, à l’occasion de la 1ere Guerre mondiale, rompant avec la règle qui interdisait à la Légion d’intervenir sur le territoire métropolitain mais renouant avec la tradition d’unités d’étrangers combattant pour la France, 4 Régiments de Marche de Volontaires Etrangers arrivaient en France pour défendre la patrie. Le 11 novembre 1915, les restes de ces unités étaient regroupés sous le nom de Régiment de Marche de la Légion Etrangère (RMLE). Sous le commandement du lieutenant-colonel Rollet, futur « Père de la Légion », ce RMLE allait se couvrir de gloire.

En 1920, au Maroc, le RMLE devient 3e REI, conserve son prestigieux emblème et s’illustre dans la pacification du pays. Après la campagne de Tunisie, il reprend son nom de RMLE le 1er juillet 1943, participe à la campagne d’hiver en Alsace et à la chevauchée en Allemagne au printemps 1945. Redevenu 3e REI le 1er juillet 1945, ses sacrifices sur la RC 4 et à Dien Bien Phu lui valent de nouveaux titres de gloire. Rapatrié en Algérie, il participe aux opérations jusqu’en 1962, où il quitte l’Afrique du Nord pour Madagascar où il reste jusqu’en 1973.

Depuis cette date, le 3E REI est implanté à Kourou en Guyane, chargé de la protection du Centre Spatiale Guyanais (CSG) et donc de la fusée Ariane. Il assure aussi des missions de souveraineté à la frontière avec les états limitrophes de la Guyane. Implanté au Quartier Forget, il est articulé en quatre compagnies et est renforcé d’une unité en mission de courte durée (MCD) n’appartenant pas toujours à la Légion :

  • la Cie de Commandement et des Services regroupe les services traditionnels d’un corps de troupe mais comprend aussi la musique régimentaire, la section d’appui mortier et les moyens particuliers de l’unité : barges, ULM, chenillettes BV-206 entre autres.
  • la Compagnie d’Eclairage et d’Appui regroupe les moyens antiaériens à basse altitude que sont les canons de 20mm et les missiles Mistral
  • les compagnies de combat se partagent entre la défense du CSG, les missions en forêt, les exercices de combat conventionnels et les échanges avec les pays voisins.

Parfaitement adapté à son environnement, le 3e REI remplit donc plusieurs missions :

  • intervention opérationnelle
  • participation active à la vie régionale
  • formation et entraînement en forêt équatoriale.

Dans ce dernier cadre, grâce à des cadres passés en autre par l’école de jungle de Manaus au Brésil (LA référence en la matière), il élabore les règlements de combat en forêt, gère et anime le Centre d’Entraînement en Forêt Equatoriale (CEFE) situé à Régina sur l’Approuague. La renommée de ce centre a vite franchit les frontières nationales (les élèves des écoles d’officiers de Coëtquidan y font un séjour) et de nombreuses armées envoient leurs unités d’élite dans ce centre réputé le plus dur après Manaus.

Le « 3 » entretient par ailleurs des postes à Saint-Georges de l’Oyapock à la frontière brésilienne et à Camopi. Ces postes constituent tout à la fois des lieux d’entraînement privilégiés et des bases avancées pour les missions en forêt ou les patrouilles fluviales. Le drapeau du 3e REI est le plus décoré de l’armée française après celui du RICM. Titulaire de seize citations à l’ordre de l’armée, il est décoré de la Croix de la Légion d’Honneur, de la Médaille Militaire, de la Croix de guerre 1914-1918 avec neuf palmes, de la Croix de guerre 1939-1945 avec trois palmes et de la Croix de guerre des TOE avec quatre palmes. Plusieurs décorations étrangères lui ont également été attribuées : le Mérite militaire chérifien, l’ordre de la Tour et de l’Epée du Portugal, la Médaille des Volontaires catalans et le badge de la « Distinguished Unit ». Sa cravate porte la triple fourragère de la Légion d’Honneur avec olive aux couleurs des croix de guerre 1914-1918 et 1939-1945, de la Médaille Militaire avec olive aux couleurs de la croix de guerre des TOE.

Dans ses plis, on lit les batailles suivantes :

  • Camerone 1863 ;
  • Artois 1915 ;
  • Champagne 1915 ;
  • La Somme 1916 ;
  • Les Monts – Verdun 1917 ;
  • Picardie 1918 ;
  • Soissonais 1918 ;
  • Vauxaillon 1918 ;
  • Maroc 1925 – 1934 ;
  • Djebel Mansour 1943 ;
  • Alsace 1944 – 1945 ;
  • Stuttgart 1945 ;
  • Indochine 1945 – 1954.

Parmi les nombreux et glorieux faits d’armes qui jalonnent son existence, le « 3 » a choisi de commémorer la percée de la ligne Hindenburg le 14 septembre 1918, exploit qui précipita la défaite allemande sur le front de France. Cette manifestation est devenue la « Fête de la fourragère ».

Chant du régiment : « Anne-Marie du 3 » et « Défilé du 3e REI »

13e DBLE

C’est au mois de février 1940 que la 13e Demi-Brigade de la Légion Etrangère voit le jour. Elle remporte en effet avec les chasseurs alpins, à Narvik, la seule victoire de la malheureuse campagne de 1940. Rapatriés en Angleterre, les quelques 900 officiers, sous-officiers et légionnaires se rallient immédiatement à De Gaulle et vont former le noyau des Forces Françaises Libres (FFL). De Dakar à l’Erythrée avec la prise de Massaouah en 1941, de la Syrie à Bir Hakeim en 1942 et El Alamein puis l’Italie, la « 13 » achève la Libération, après la terrible campagne d’Alsace, dans le massif de l’Authion et entre dans le cercle très fermé des « Compagnons de la Libération ». Elle rejoint ensuite l’Indochine ou elle laissera deux chefs de corps et un bataillon à Dien Bien Phu. Elle retrouve l’Algérie en 1955 et s’engage aussitôt dans les Nementchas et les Aurès avant de rejoindre les unités d’intervention en 1958. Dès 1962, elle s’installe à Djibouti et y reste malgré l’indépendance du territoire en 1977.

Les nombreuses compétences du régiment l’imposent vite comme un outil de projection de premier ordre. Loyoda déjà en 1976, puis encore Djibouti en 1991-1992, la Somalie en 1993 et le Rwanda en 1994.Pour mener à bien ses missions, la « 13 » est dotée de moyens importants et bien adaptés au théâtre africain : VLRA, ERC-90 Sagaie font merveille dans le désert. Elle est structurée de la manière suivante :

  • Une Cie de Commandement et de Services (CCS), qui outre ses missions habituelles compte une section de livraison par air chargé entre autre du pliage et de l’entretien des parachutes. Elle a aussi en charge la gestion du Centre d’Entraînement Commando d’Arta Plage ouvert aux unités françaises et djiboutiennes.
  • Une Cie d’appui et de travaux regroupant les mortiers du régiment mais aussi les engins du génie
  • Une Cie d’infanterie fournie indifféremment par le 2e REI ou le 2e REP
  • Un escadron de reconnaissance fournie par une majorité de personnels du 1e REC sur ERC-90 Sagaie, constituant une force blindée et antichar de premier ordre dans la région et sur le continent entier.

Le drapeau de la « 13 » rappelle surtout sa gloire au sein des FFL :

  • Camerone 1863 ;
  • Bjervik – Narvik 1940 ;
  • Keren – Massaouh 1941 ;
  • Bir Hakeim 1942 ;
  • El Alamein 1942 ;
  • Rome 1944 ;
  • Colmar 1945 ;
  • Authion 1945 ;
  • Indochine 1945-1954.

Il est décoré de la Croix de la Libération de la rosette de la Résistance, des Croix de guerre 1939-1945 avec quatre palmes et TOE avec quatre palmes et de la Croix de guerre norvégienne avec glaive. Sa cravate porte la fourragère aux couleurs de la Médaille Militaire avec olives aux couleurs des Croix de guerre 1939-1945 et des TOE. Depuis le 18 juin 1996 s’y est ajoutée la fourragère aux couleurs de l’Ordre de la Libération créée par le président Jacques Chirac à cette date.

Unité interarmes, la « 13 » ne commémore pas d’événement particulier dehors de Camerone. Cependant, ses différentes composantes sacrifient à leurs saints patrons : Georges, Barbe, Michel ou Maurice.

Chant de tradition : « Sous le soleil brûlant d’Afrique »

DLEM

Implanté à Dzaoudzi, le Détachement de la Légion Etrangère de Mayotte (DLEM) a succédé au détachement des Comores formé en 1973 avec la 2e Cie du 3e REI, détaché dans les îles de l’archipel. Lors du départ du 3e REI pour la Guyane, ce détachement connaîtra quelques doutes quant à sa survie, doutes levés finalement en 1977 par la création officielle du DLEM avec un statu de détachement formant corps. Véritable sentinelle de la France dans la zone sud de l’océan Indien, le DLEM exerce principalement une mission de souveraineté sur cette zone sensible.

Le DLEM est constitué d’unités élémentaires d’origines diverses. L’escadron de commandement et de soutien (ECS) forme le noyau permanent du détachement. Il assure ses tâches classiques tout en se montrant capable de remplir des actions opérationnelles. L’unité en mission de courte durée (MCD) qui séjourne là-bas pour généralement quatre mois vient souvent d’unités de la FAR. Durant de longues années, le DLEM a constitué la « chasse gardée » du 1er REC et du regretté 9e RCP.

Aujourd’hui, le DLEM reçoit des unités de tous les régiments professionnels. Formé sur le type « Guépard », cette unité remplit les missions d’une compagnie d’infanterie, participe aux exercices interarmées sur la zone et détache une section en brousse et une autre en nomadisation sur la « Grande Terre ». Elle effectue aussi durant son séjour une mission de présence aux îles Eparses.

Le DLEM assure aussi une fonction de soutien au profit de la Marine Nationale et mène les travaux d’infrastructure et d’assistance nécessaires à la vie locale tant civile que militaire (assistance médicale gratuite, soutien au service militaire adapté). Enfin, le DLEM représente une force d’intervention dans la région. Cet aspect souvent méconnu de l’unité s’est néanmoins manifesté à deux reprises : en 1989 lors de l’opération « Oside » aux Comores et en 1995 pour juguler la tentative de coup d’état du mercenaire Bob Denard.

En 1984, le DLEM s’est vu remettre la garde de l’étendard du 2e REC qui avait été dissous le 31 juillet 1962. Il porte pour seule inscription : Camerone 1863.

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