Ces réserves sont exprimées dans une lettre du colonel Philippe Espié - alors commandant du groupement de gendarmerie de l'Ardèche et nommé depuis à Haïti - à son préfet datant du 4 février.
Elle est rendue publique vendredi par un sociologue du CNRS, Laurent Mucchielli, très critique lui aussi dans une étude sur cette intégration.
Elle tombe au mauvais moment pour l'Intérieur qui répartit actuellement les tâches entre policiers et gendarmes dans les domaines du renseignement, de la sécurité routière ou de la coopération internationale, selon des documents obtenus par l'AFP mi-février.
Ces documents sont la feuille de route fixée par Beauvau pour 2010 aux deux forces de l'ordre qui lui sont désormais rattachées.
Il s'agit, selon des responsables de Beauvau, "de hâter le pas" de cette réforme voulue par le président Nicolas Sarkozy.
"De ce qu'il me remonte du terrain, l'intégration de la gendarmerie au ministère de l'Intérieur n'est pas particulièrement bien vécue par les personnels de l'Arme qui n'y trouvent aucun intérêt ni aucune plus-value", écrit le colonel Espié dans sa lettre.
Ils n'ont pas le "sentiment d'être mieux défendus aujourd'hui" au ministère de l'Intérieur "qu'ils ne l'étaient" au sein de celui de la Défense, dont ils dépendaient avant le 1er janvier 2009, ajoute-t-il.
Ce genre de prise de position est très rare venant d'un officier supérieur, d'autant que les gendarmes sont astreints au devoir de réserve. Ils n'ont pas de syndicats contrairement à leurs collègues policiers, des civils historiquement rattachés à l'Intérieur.
Le colonel Espié ajoute d'ailleurs que les gendarmes "se sentent attaqués en permanence par (ces) syndicats" de police "très corporatistes", selon lui.
"Les gendarmes ne perçoivent aucun changement particulier positif dans ce changement de ministère", assure l'officier.
Leur sentiment, poursuit-il, est "la résignation", ce qui "ne saurait être de bon augure", la situation étant "contre-productive".
Les gendarmes, toujours selon le colonel, "sont conscients que les décideurs" de l'Intérieur "n'ont pas une connaissance précise et complète de notre Arme et de son fonctionnement" et "encore moins (de leur) statut militaire, un gendarme restant pour eux un policier avec un képi".
Les militaires "ne se reconnaissent pas dans les pratiques actuelles de l'Intérieur", dit Philippe Espié évoquant "l'affolement" de Beauvau, sa "fébrilité", sa "cogestion permanente hiérarchie-syndicats" de police.
"Je crains que cette intégration décidée par le politique ne conduise à court terme au démembrement de l'institution", écrit encore le gradé en rendant un hommage appuyé à celle-ci, "multiséculaire" et "parfaitement adaptée à tous les environnements".
Il plaide pour "l'émulation" police"/gendarmerie, quitte à relancer le débat sur la rivalité légendaire entre ces deux forces.
La Direction générale de la gendarmerie (DGGN), jointe par l'AFP, n'avait pas réagi vendredi midi."
source: http://www.lepoint.f...-l/917/0/433047
Cette réorganisation n'a pas fini de faire des vagues.......En attendant, je crois qui en a un qui va avoir son avancement retardé...
Ce message a été modifié par VINICAUREL - 12/03/2010 à 15:12.


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