Une mort au paradis. Les gangs de rue à Santa Barbara.

Santa Barbara est une banlieue mythique de Los Angeles. Pour beaucoup d’étrangers, c’est l’incarnation de la vie américaine avec son confort, ses succès bien médiatisés et ses loisirs d’un hédonisme plastique à faire rêver les imaginations. Ceux qui observent cette « réalité » à travers la fenêtre de leurs écrans de cinéma ou de télévision trouvent, en comparaison, bien triste le monde qui les entoure.

Or cette cité états-unienne n’est pas différente des autres. Un événement vient de rappeler à ses habitants, et à tous ceux qui les envient, les conséquences d’une société en plein désarroi.

Jeudi le 15 mars,en plein jour, une bataille entre gangs de jeunes a entraîné la mort, à coups de couteau, d’un garcon de 15 ans, l’incrimination d’un autre de 14 ans et la fermeture pendant plus de 8 huit heures de la principale artère commerciale de la ville.

La confrontation est intervenue lorsque les écoliers ont quitté l’école, en mi-journée, pour permettre aux enseignants de participer à une activité de formation. Les policiers, eux aussi en stage de formation dans un commissariat voisin, sont intervenus rapidement et en grand nombre. Mais il était trop tard.

Tout en signalant que ce n’était que la deuxième mort attribuable aux gangs de rues depuis des années, le chefs de police s’est déclaré préoccupé par le fait que ces gangs recrutaient des membres de plus en plus jeunes. « Nous avons pourtant toutes sortes de programmes pour impliquer des jeunes dans des activités positives. Mais cela ne semble pas les intéresser. »

Quelle interprétation donner à cet événement ? Quelles sont les causes de cette montée de la violence chez les jeunes ?

Les médias états-uniens essaient d’offrir des explications. Or ces explications ne surprendront pas les lecteurs qui vivent, chez eux, des situations semblables.

Par exemple, le « Los Angeles Times » mentionne le fait que les parents doivent occuper des emplois multiples pour survivre dans une économie qui est, de plus en plus, basée sur des « petits boulots à temps partiel ». Ils demandent à l’état de s’occuper de leurs enfants. Mais il y a moins d’argent que jamais pour les écoles et les activités parascolaires. On préfère les laisser dans la rue… quitte à les mettre, plus tard, en prison !

Et, comme partout ailleurs, les citoyens constatent que les jeunes sont devenus insensibles à la mort. “Ce sont les jeux vidéo, les images de la guerre, les films… c’est un peu tout cela !”

La police a enlevé les chandelles et les fleurs que les amis sont venus déposer à l’endroit où le jeune est mort. « Nous craignons que cela ne provoque de nouvelles confrontations. »

Au moment où le film « 300 » célèbre une vision « esthétique » d’une violence historique ! Est-ce pour rappeler le courage citoyen des Spartiates… ou pour vendre l’idée que la violence n’est qu’un autre des sports dits « extrêmes » ?

La mort, c’est la fin de l’avenir. Or, quand l’avenir apparaît bouché…


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