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Un second porte-avions ? Entre fantasmes et réalité économique
publié le samedi 16 août 2008
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Le Charles-de-Gaulle ne partagera jamais la rade de Brest avec son clone. Il restera vraisemblablement l’enfant unique d’une capacité d’intervention tous azimuts qui devait assurer une présence navale française permanente sur le globe en faveur d’une politique sécuritaire indépendante. Son père doit se retourner dans sa tombe.
Question de rang
Par Jacques Trappler
Aujourd’hui, le CDG, garant de notre capacité de réaction en tout point du globe est en cale sèche. Qui le remplace ? Néant. Nous passons ainsi d’un premier rang à un rang subalterne. Nous revendiquons notre part de responsabilité et nous la décrédibilisons par ce mi-temps.
Entre les crises, les disponibilités de notre groupe aéronaval et nos intentions politiques d’intervenir il n’y aura pas forcement coïncidence avec l’état opérationnel du CDG. C’est donc bien du temps partiel.
Sentence : il faut deux PA. Nous disposons d’une puissance aéronavale d’une sophistication telle que la maintenance exige une sortie d’eau de plusieurs mois, en cale sèche, pour recharger piles atomiques et autres « autoclaves » nucléaires. Pas très avisé. Que fait l’aviation embarquée pendant ce temps ? Elle profite de l’hospitalité bienveillante de l’OTAN qui met ses Nimitz à disposition. Si nous ne disposons pas rapidement d’un second Porte-avion, nucléaire ou non, le CDG aura été construit pour rien. Si on reste dans notre coin à revendiquer une indépendance de défense dont il est déjà impossible d’assurer les coûts ; sans intégration réelle dans une défense européenne, c’en est fini de notre indépendance.
Reste à mettre le CDG à disposition de l’OTAN et la rejoindre sans plus tarder. si nous ne prenons pas de décision, dans un sens ou dans l’autre, le CDG finira par tant nous peser qu’il ne vaudra même plus son poids de ferraille. Fort de l’expérience coûteuse de ce genre de navire, on peut aussi valider l’idée de ne pas replonger dans les coûts astronomiques d’un second porte-avion. « Budget échaudé craint l’eau chaude ». De ce point de vue on peut alors affirmer que nous avons eu les yeux plus gros que l’océan.
Cela fait près de 25 ans que l’on tergiverse pour donner au CDG un « frère » dont la réalisation, une fois décidée, demandera une douzaine d’années avant d’être opérationnel. Les caisses sont vides et le CDG - création de l’ère Mitterrand - sera la dernière merveille de notre indépendance, son dernier Noël. A désespérer de la mollesse des Européens dont l’inaction, en matière de défense plombe nos efforts.
La force d’un groupement aéronaval est de pouvoir intervenir sur tous les continents ou nos intérêts pourraient être menacés et de peser sur les affaires du monde par participation directe à des résolutions de conflits. Ces interventions l’ont souvent été dans l’intérêt de nos alliés et sur demande d’instances telles que l’ONU et l’OTAN. Levier d’une politique étrangère forte, le groupe aéronaval est aujourd’hui, encore, le seul outil crédible en la matière car totalement autonome si tant est qu’il ne se trouve pas sollicité la veille de sa mise en cale sèche pour maintenance. On pourrait estimer que le nombre de bases terrestres dont nous disposons (y compris OTAN) pourrait suffire à l’objectif d’emploi du PA. C’est oublier le caractère aléatoire d’accords qui pourraient être résiliés. Même si les américains évoquent cette possibilité de remplacement des PA par des bases fixes, nous sommes loin de leur potentiel en ce domaine (près de 800 bases dans le monde).
L’avantage principal du PA est la mobilité dans l’autonomie avec une force d’intervention disposant d’un rayon d’action important et d’une puissance de feu considérable. Il est quasi invulnérable dans un rayon de 3000 km tant l’efficacité de sa protection ne permet à aucune force classique de le détruire. Ce, tant qu’il reste à flot et puisse être remplacé par un second PA assurant ainsi la relève et la permanence de notre crédibilité. Le PA est donc un outil de notre force politique internationale, mais à temps partiel tant qu’il ne sera pas doublé. (Il n’est pas si loin le temps ou nous avions deux PA, le Foch et le Clémenceau.). Encore une fois, nous, Français, sommes seuls à assumer, au profit de tous les autres Européens (choix OTAN il est vrai...), hormis la GB peut-être, le nécessaire rôle naval utile aux ambitions de la maison Europe.
Le conflit peut être mondial et la protection d’un PA, dans ce cadre, est nulle. Dès lors il devient la proie facile d’une frappe nucléaire d’une puissance en ayant la capacité ; il y en a peu. Au stade de ce paroxysme seuls nos sous-marins nucléaires pourront assumer notre sécurité puisque quasi indétectables et en nombre suffisants. De ce point de vue, force est d’admettre que le choix politique de privilégier les sous-marins est le bon ; mais il engloutit des sommes considérables. Entre la volonté, la possibilité financière et les choix, il y a la réalité des coûts. Nos ambitions de grande nation ne sont pas en adéquation avec nos moyens.
Que faire ? Augmenter le budget de la défense ? Guère possible, nous le savons. Rogner sur les équipements et potentiels des autres armées, terre et air ? Réduire la voilure et miniaturiser nos forces classiques ? La réorganisation des armées devrait apporter des réponses mais n’attendons pas de miracle, ce second PA n’est pas pour demain.La réintégration dans l’OTAN est peut être un élément de réponse.
Et pourtant, la nature des conflits qui, demain peuvent surgir, est davantage de nature terroriste et de ce point de vue, les interventions de neutralisations de bases ou camps hors de conflits mondiaux ne seront efficaces qu’à partir de porte-avions qui assurent aux nations détentrices outre la crédibilité, une capacité immédiate d’intervention maritime, aérienne et de soutien sans nulle autre pareille. Mission que seul peut accomplir un groupe aéronaval, 100% performant en pareille situation.
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13
commentaires
Luca Bollati (19 juin 23:22)
Tout à fait d’accord ; moi, je suis italien et je doit avouer que, chez moi, les choix politiques dans le domaine de la défense vont dans la directions de demander aux forces armées des efforts de nation de premier rang avec un budget de plus en plus réduit.
Mais il faut être à la hauteur des ses ambitions ou des ses intérêts, on ne fait pas de la sécurité avec de l’argent de poche , ça signifie ne pas accomplir sa tache et gaspiller la vie des hommes.
Cussonet (20 juin 16:15)
Merci de ce commentaire avisé.
Un porte avion coute 1 ;
Un groupe aéronaval 1 ;
Les études de développement 1 ;
Nous avons dépensé trois quart de la somme nécessaire à une arme efficace et à temps plein, et n’avons pour ce prix qu’une arme à temps partiel...
C’était deux porte avions avec Rafale Marine ou rien !
Spartan (22 juin 20:23)
Moi j’alignerais plutôt 4 porte avions pour le financement pas besoin d’aller chercher bien loin : suppression des aides au civil (avec lesquelles on achète une pais sociale tenant de la farce), supressions de aide sociales aux entreprise (le marché se régule seul c’est bien le crédo libéral non ? Et en plus ça ravivera la concurrence et la croissance), payment immédiat de toutes les dettes dont l’etat est le créancier direct ou indirect.
En prime réintégration des droits de douanes aux frontières (c’est de saison et puis ça n’exclut pas des taux plus faibles pour les pays de l’euroland et in extenso de l’UE. Quand à l’OMc qu’elle aille surpervisé l’organisation mondiale de la concurrence... loyale bien sûr)
tetetete.. (25 juin 22:30)
On ne devient pas une armée de 1er plan « capable d’intervenir sur nimporte quel point du globe » avec un budget à peine dans la limite du crédible...
GMP (27 juin 21:35)
Bonjour
On aurait du garder le Fosch celui ci ayant subi des travaux de modernisation juste avant la premiere guerre du Golf
l entretenir nous aurait permis de maintenir notre presence dans le monde jusque la construction du nouveau qui je crois devait etre franco britanique,a defaut pourqois pas europeens ( france angleterre allemacne
italie grece ) pour citer ceux qui ont des ports capable de acceuillir le futur porte avion...... !
lépante (2 juillet 14:36)
Peut-être que la construction de nouveaux porte-avions devrait être un enjeu à relever par 27 pays européens(moins la Turquie bien sûr qui, à elle seule est un porte-avion d’une Asie Mineure hostile qui n’a rien d’européen).
Les Etats-Unis d’Amériques en ont quinze, alors que l’UE n’est même pas capable de mutualiser les efforts de ses armées pour en construire au moins un troisième et davantage (R.U+France, pour le moment).
Mais les porte-avions relevant plutôt de la dissuasion, je pense qu’il serait aussi très très urgent de doter toutes les marines européennes(et celles de la façade méditerranéenne en priorité) de plus de bâtiments de guerre légers , rapides et puissants vedettes et corvettes.
L’ennemi , bien souvent n’ a pas d’uniforme ni de flotte digne de ce nom , et ça ne le rend pas moins dangereux pour autant.
Polo (3 juillet 23:56)
L’Etat a les moyens de construire 4 portes-avions. Il a bien trouvé les moyens de renflouer France Télécom en 2000 : 70 milliards d’euros (500 milliards de francs) !!
Requin (4 août 12:35)
Bel article où tout le monde est d’accord, sans doute même aussi le gouvernement. Reste le problème du nerf de la guerre, l’argent.
Le PA2 couterait à lui seul entre 2,5 et 3,5 milliard d’Euros suivant les sources, à cela s’ajoute les Rafales, à terme il en est prévu 60 pour le CdG (25 à 30 embarqués + entrainement à terre + redondance en cas de perte d’appareil qui ne peuvent pas être remplacé par ceux de l’AdA), il en faudrait donc au moins une quantaine de plus (PA plus grand que le CdG, 65000 T au lieu de 40000, plus grande disponibilité du navire puisque construit selon les principes de maintenance optimisée pour la marine marchande, 2 frégates AA de plus (soit 6 au total pour 2 PA, 2 BPC et 2 TCD) et 2 frégates ASM de plus.
Bref un cout insupprtable pour l’instant, que cela soit necessaire ou non.
La clé reste la défence européenne, le RU va construire 2 CVF , l’Espagne est en train de finir le Ray Juan Carlos 1 (classé officiellement batiment amphibie mais prévu pour embarquer des F-35B) et l’Italie vient de mettre en service le Cavour . Maintenant il serait bien que, par exemple, l’Allemagne et pourquoi pas la Pologne s’y mette, à cela il suffirait d’ajouter une meilleur coordination entre ces groupes aéronavales et surtout une beaucoup plus grande médiatisation au sein de l’Union de leurs actions.
pour information (13 août 10:22)
Si vous faite une recherche dans les plans des investissements de la défense,2007 & 2008 ; vous verrez que le PA2 en fait parti.
Depuis 2007 un provision de 500ME par an est mis de coté, à concurrence de 3.3 Milliard d’euro, en 2012 on aura cet argent pour le PA2.
Il restera la décision politique, hors on dirait qu’il y’a un lobby anti PA. Alors que c’est une simple question de bon sens, il faut deux PA2 minimum, (j’en voudrai 3) pour apporter une couverture aérienne la ou c’est nécessaire, les anglais n’ont pas d’etat d’âmes, ils en font deux.
L’aviation apporte toujours un avantage décisif et dissuasif ou qu’il soit.
refaire un CDG 2 aurait couté moins cher, et il aurait été fait plus rapidement compte tenu de notre expérience.
La coopération Franco/Britanique, c’est très beau sur le papier, mais rien ne colle, ni les avions, ni la coque, ni la propulsion. Il reste pas grand chose. ca coutera deux fois plus cher que si on le faisait par nous meme.
Ce n’est pas pour rien que les usa ont 12 PA .
Ce qui me rend furieux, c’est qu’on a fait 15 milliards de cadeaux fiscaux par an, purement gaspiller, a des gens qui n’en ont pas besoin, au détriment de choses vitales pour notre pays.
Voir en ligne : http://www.senat.fr
Requin (14 août 20:37)
En réponse à « pour information »
Je ne suis pas convaincu que les ouvriers qualifiés qui viennent d’acheter leurs maisons (j’en connais) et vont bénéficier de crédit d’impot grace à ces « cadeaux fiscaux » ou bien ceux qui font des heures sup maintenant non-imposables pensent « qu’il n’en ont pas besoin », c’est complétemant démago là !!!
Le fait est qu’il n’y a pas de baisse du budget de la Défense donc il s’agit donc d’un choix à « l’intérieur du ministère de la défense ».
Avant de vouloir un 2e PA, commençons par avoir une Alat digne de ce nom avec des hélicos de transport et de combat digne de ce nom pour, par exemple armer les BPC, dont il faudrait aussi un 3e exemplaire pour remplacer la très vénérable « Jeanne », on pourrait aussi parler des VAB pas assez blindés etc etc...
Bref, il y a bien des équipements à acheter avant de faire un 2e PA.
Quant à un 2e de type CDG, il aurait fallut redessiner toute la « zone vie » pour le mettre au standart actuel et non un navire conçut pour avoir beaucoup d’appelés à bord, le projet PA2 l’avait compris avec 300 hommes d’équipage de moins, des cabines de types « marine marchande » moins chères et plus confortables, un navire plus long et plus lourd, donc mieux adapter.
Là-encore, je ne partage pas du tout ton point de vue, le projet franco-britanique était une réussite, il manquait juste le financement : le navire en lui-même, le coût de l’équipage, une quarantaine de Rafales supplémentaires, une frégate AA en plus etc etc...
A plus
gégé (30 août 13:51)
avant tout, il serait bien que nos politiciens sachent acheter,négocier,pour nos armées.
appel d’offre,sa existe.
ex:rafales trop onéreux il y avait la possibilité de fabriquer sous licence le f.18.les italiens,les belges procédent de cette façon ect.....
pour nos avions de stranport il y avait les russes et toujours sous licence et a moindre coût.
tango (16 septembre 16:15)
tout à fait d’accord avec vous,le jour ou l’état remboursera ses dettes on aura les moyens pour une armée équipée comme il se doit et pour beaucoup d’autres choses ex : trous de la sécu,retraite ,santé nouvelles technologies,formation etc etc,mais aujourd’hui l’état vit comme un roi et nous appauvri de plus en plus,il n’y a rien à attendre d’un gouvernement qui vit au dessus de ses moyens et qui veut donner des leçons dans le monde.
)
Reflexion sommaire sur la défense.
Un deuxième PA ? soyons sérieux !!
par contre un porte avion léger , sur la base d’un « TCD allongé » était la meilleure solution ! maintenir pour les avions embarqués une réparation uniquement au 2éme échelon allégé ; et oui fallait il y penser ou soumettre cette réflexion ! je doute qu’une étude de faisabilité n’a pas été faite dans ce sens ou alors c’est très décevant , à moins que j’ai manqué l’info sur tous ses points ! ! les réserves de carburant avion, les pièces détachées, la logistique seront alors embarqués sur des bâtiments de soutien, nous en avons ! l’important est bien une plateforme aéronautique avant tout. Nous avons assez de bases « OTAN » en cas de besoin à travers le monde pour une réparation de nos avions en cas ou ! une question combien peut coûter un TCD allongé ?...messieurs au travail sur ce projet , et vite !!! nous avons aussi de gros besoin pour l’Armée de terre, nos pertes humaines en Afganistan nous démontrent qu’il faut mettre des moyens ! équipons nos force sur place, nos soldats. Demandons au service du commissariat de l’Armée de terre de prendre comme étude les besoins de nos personnels ops sur le terrain ! ; que ce service se rende sur place très vite à Djibouti, le coin le plus chaud de notre présence militaire !! qu’il comptabilise les besoins « moderne » en équipement personnel du militaire qui part en opération sur le terrain . Une mise en place rapide d’un équipement léger à tous les personnels de l’Armée de terre en opex pour le terrain doit être programmée ! et non plus voir les soldats avec entre 20 et 30 Kg de matériels sur le dos,,, pour faire la guerre, et surtout une guerre de contact !!! et par une chaleur quelques fois insoutenable !! là aussi nos véhicules de soutien doivent servir à quelques choses au plus près des interventions !! nous sommes en 2008 ! il est anormal que des militaires en opérations doivent parfaire leurs équipements par achat sur leurs deniers ! soyons sérieux ! cette information a été donnée récement à la télévision ! nous sommes comptable de la vie de ses hommes et les responsables quels qui soient en sont conscient , je n’en doute pas . Alors dépensons nos finances judicieusement, ceci serait une belle démonstration de nos capacités opérationnelles ! la qualité de nos Armées est très bonne et surtout la valeur indiscutable de nos militaire.
Peut être pourront nous voir très bientôt ses directives voir le jour, par décision du gouvernement et une info sur internet, c’est un souhait ; la valeur et le succés des Armes de la France ne doivent souffrir d’aucun retard ni d’aucun manquement.
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