Un second porte-avions ? Entre fantasmes et réalité économique

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Le Charles-de-Gaulle ne partagera jamais la rade de Brest avec son clone. Il restera vraisemblablement l’enfant unique d’une capacité d’intervention tous azimuts qui devait assurer une présence navale française permanente sur le globe en faveur d’une politique sécuritaire indépendante. Son père doit se retourner dans sa tombe.

Question de rang


Par Jacques Trappler

Aujourd’hui, le CDG, garant de notre capacité de réaction en tout point du globe est en cale sèche. Qui le remplace ? Néant. Nous passons ainsi d’un premier rang à un rang subalterne. Nous revendiquons notre part de responsabilité et nous la décrédibilisons par ce mi-temps. Entre les crises, les disponibilités de notre groupe aéronaval et nos intentions politiques d’intervenir il n’y aura pas forcement coïncidence avec l’état opérationnel du CDG. C’est donc bien du temps partiel.

Sentence : il faut deux PA. Nous disposons d’une puissance aéronavale d’une sophistication telle que la maintenance exige une sortie d’eau de plusieurs mois, en cale sèche, pour recharger piles atomiques et autres « autoclaves » nucléaires. Pas très avisé. Que fait l’aviation embarquée pendant ce temps ? Elle profite de l’hospitalité bienveillante de l’OTAN qui met ses Nimitz à disposition. Si nous ne disposons pas rapidement d’un second Porte-avion, nucléaire ou non, le CDG aura été construit pour rien. Si on reste dans notre coin à revendiquer une indépendance de défense dont il est déjà impossible d’assurer les coûts ; sans intégration réelle dans une défense européenne, c’en est fini de notre indépendance.

Reste à mettre le CDG à disposition de l’OTAN et la rejoindre sans plus tarder. si nous ne prenons pas de décision, dans un sens ou dans l’autre, le CDG finira par tant nous peser qu’il ne vaudra même plus son poids de ferraille. Fort de l’expérience coûteuse de ce genre de navire, on peut aussi valider l’idée de ne pas replonger dans les coûts astronomiques d’un second porte-avion. « Budget échaudé craint l’eau chaude ». De ce point de vue on peut alors affirmer que nous avons eu les yeux plus gros que l’océan.

Cela fait près de 25 ans que l’on tergiverse pour donner au CDG un « frère » dont la réalisation, une fois décidée, demandera une douzaine d’années avant d’être opérationnel. Les caisses sont vides et le CDG - création de l’ère Mitterrand - sera la dernière merveille de notre indépendance, son dernier Noël. A désespérer de la mollesse des Européens dont l’inaction, en matière de défense plombe nos efforts.

La force d’un groupement aéronaval est de pouvoir intervenir sur tous les continents ou nos intérêts pourraient être menacés et de peser sur les affaires du monde par participation directe à des résolutions de conflits. Ces interventions l’ont souvent été dans l’intérêt de nos alliés et sur demande d’instances telles que l’ONU et l’OTAN. Levier d’une politique étrangère forte, le groupe aéronaval est aujourd’hui, encore, le seul outil crédible en la matière car totalement autonome si tant est qu’il ne se trouve pas sollicité la veille de sa mise en cale sèche pour maintenance. On pourrait estimer que le nombre de bases terrestres dont nous disposons (y compris OTAN) pourrait suffire à l’objectif d’emploi du PA. C’est oublier le caractère aléatoire d’accords qui pourraient être résiliés. Même si les américains évoquent cette possibilité de remplacement des PA par des bases fixes, nous sommes loin de leur potentiel en ce domaine (près de 800 bases dans le monde).

L’avantage principal du PA est la mobilité dans l’autonomie avec une force d’intervention disposant d’un rayon d’action important et d’une puissance de feu considérable. Il est quasi invulnérable dans un rayon de 3000 km tant l’efficacité de sa protection ne permet à aucune force classique de le détruire. Ce, tant qu’il reste à flot et puisse être remplacé par un second PA assurant ainsi la relève et la permanence de notre crédibilité. Le PA est donc un outil de notre force politique internationale, mais à temps partiel tant qu’il ne sera pas doublé. (Il n’est pas si loin le temps ou nous avions deux PA, le Foch et le Clémenceau.). Encore une fois, nous, Français, sommes seuls à assumer, au profit de tous les autres Européens (choix OTAN il est vrai...), hormis la GB peut-être, le nécessaire rôle naval utile aux ambitions de la maison Europe.

Le conflit peut être mondial et la protection d’un PA, dans ce cadre, est nulle. Dès lors il devient la proie facile d’une frappe nucléaire d’une puissance en ayant la capacité ; il y en a peu. Au stade de ce paroxysme seuls nos sous-marins nucléaires pourront assumer notre sécurité puisque quasi indétectables et en nombre suffisants. De ce point de vue, force est d’admettre que le choix politique de privilégier les sous-marins est le bon ; mais il engloutit des sommes considérables. Entre la volonté, la possibilité financière et les choix, il y a la réalité des coûts. Nos ambitions de grande nation ne sont pas en adéquation avec nos moyens.

Que faire ? Augmenter le budget de la défense ? Guère possible, nous le savons. Rogner sur les équipements et potentiels des autres armées, terre et air ? Réduire la voilure et miniaturiser nos forces classiques ? La réorganisation des armées devrait apporter des réponses mais n’attendons pas de miracle, ce second PA n’est pas pour demain.La réintégration dans l’OTAN est peut être un élément de réponse.

Et pourtant, la nature des conflits qui, demain peuvent surgir, est davantage de nature terroriste et de ce point de vue, les interventions de neutralisations de bases ou camps hors de conflits mondiaux ne seront efficaces qu’à partir de porte-avions qui assurent aux nations détentrices outre la crédibilité, une capacité immédiate d’intervention maritime, aérienne et de soutien sans nulle autre pareille. Mission que seul peut accomplir un groupe aéronaval, 100% performant en pareille situation.

16 août 2008

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20 commentaires pour cet article

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  • L’ours 9 juin 2009 22:17

    Vous parlez comme ci la France était seulement la métropole,nos concitoyens des DOM-TOM,ont les mêmes droits,et les mêmes attentes que les gens de métropoles. L’armée française est là pour protéger tous les citoyens français,et dans le l’océan Pacifique,seule les PA ont montrés leurs efficacités. Je regrette que dans votre remarque, vous ne teniez pas compte de la particularité de la France,car tous les français,de l’océan altantique,en passant par l’océan indien et en finisant par l’océan pacifique,ont mêmes droits et les mêmes devoirs envers la république. Je regrette que la république,n’ai pas deux fllotte,une basé à Brest et l’autre basé à Tahiti,une pour l’océan atlantique et une pour l’océan pacifique.

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  • L’ours 9 juin 2009 21:39

    On parle d’un second porte-avion sur le site,on ne parle pas du clone du cdg,le cdg est trop court,trop étroit,il faut fabriqué un vrai porte-avion comme les américains savent le faire,mais équipé du nec plus ultra de la technologie française. Le second porte-avion(le POMPIDOU)par ex,devra faire au moins 350 m de long et accepté les avions militaires de l’aéronavale qui volent dans le monde. Pourquoi la France, devra toujours avoir des batiments plus petit que les américains. On peut envisagé que un porte-avion,soit affecté à Brest et à Tahiti. Je ne comprend pas pourquoi,il y une différence entre la métropole et les dom-tom. Pourquoi les départements et territoires d’outre-mer n’ont pas leurs régiments,leurs base aérienne,et leurs arsenal,comme en métropole. Il est vrai,qu’on peut crée des bases interarmées,ceci ne dépend que de la volonté politique et de la surface alloué à la base.

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  • L’ours 3 juin 2009 12:30

    Réponse à requin Votre documents ne tient à priorie pas compte des retombés sociales,ni de l’indépantance militaire du pays. D’après mes informations et sous réserve de vérications,l’armée française est indépendante,par le fait que tous sont matériel est réalisé dans l’exagone. Je pense que les DOM-TOM, devrait ètre mis plus à contribution,et je pense que les DOM-TOM devrait être plus militarisé. Je souhaite resté dans le sociale et je suis contient que je ne suis pas sur le bon forum. Je regarde régulièment TV5MONDE,et pourquoi le franc CFA,existe encore,et le franc pacifique,il existe encore. Pourquoi toutes ces diverses monnaies,toutes garanties par la banque de france,n’ont pas été convertie en euros. On me dit que la république est une et indivisible, alors pourquoi plusieurs monnaies au sein de la république,la monnaie de la france est l’euros et les DOM-TOM et tous les pays associés,devait parlé euros. Je suis pour la suppression du franc CFA au profit de l’euros Je suis pour la suppression du franc pacifique au profit de l’euros Corrolaire:si la république est une et indivisible,elle doit avoir une seule monnaies(euros). Que je sois à paris,à cayenne,à la réunion,à wallis et foutounas,ou à tahiti, toutes ces villes ou régions,ainsi que beaucoup d’état d’afrique,devrait étré passé a l’euros. Je le répète,il faut supprimé le franc CFA au profit de l’euros. il faut supprimé le franc pacifique au profit de l’euros. En espérant qu’un jour,tous citoyens de la république,payont dans une seule et même monnaie.

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  • L’ours 1er juin 2009 17:58

    Le CDG à une mauvaise histoire,si il y a un second PA,il devra étre redessiné,plus long,plus large,et revetir les derrinières technogie.

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  • 1er juin 2009 17:28

    Il faut savoir ce qu’on veut,dans le prix des rafales ont indique le prix de l’avion,on n’indique pas les cotisations sociales,ni la taxe professionnelle, ni l’impôt sur les bénéfices,ni le personnel qui créer sa fabrication. L’indépendance à un coût,il en va de de même de 2PA. Si l’état entreprend le construction d’un second PA,combien d’heures de travail cela va t’il généré,combien d’emploi. Je préfère que l’état achète de l’armement,auprès d’entreprise où il est actionnaire. Quand au coût du second porte-avion,il est net et vraisemblament ne tient pas compte des diverses taxes et cotisations qu’il va engendré

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