L’Agence nationale pour l’emploi publie une charte en ligne pour inciter les sites de recrutement à professionnaliser leurs pratiques en matière de diffusion d’offres.
Sandrine Chicaud , 01net.
Les sites d’emploi n’ont qu’à bien se tenir ! Il aura fallu onze mois, mais l’Agence nationale pour l’emploi vient enfin de mettre en ligne la nouvelle charte net-emploi, rédigée en janvier dernier. Celle-ci engage tous les sites adhérents (sites d’emploi généralistes ou spécialisés, sites d’entreprises dotés d’un espace RH, sites d’intérim ou de cabinets de recrutement) à respecter quelques règles de bonne conduite, afin d’augmenter la fiabilité et la qualité des offres publiées. Ce document de 20 pages reprécise un certain nombre de points, déjà évoqués dans la première version en 2002 tout en rentrant davantage dans les détails.
Il explicite, par exemple, l’ensemble des critères à prendre en compte : absence de mentions discriminatoires, gratuité pour les candidats, déclaration obligatoire à la Cnil, confidentialité des informations, sécurisation des accès des candidats et des employeurs, contenu des offres d’emploi, etc.
En particulier, le guide rappelle la liste des mentions discriminatoires dans une offre : origine, sexe, moeurs, race, opinions politiques, âge, etc. Un baromètre permet même aux sites de connaître exactement leur taux d’offres discriminatoires. Si ce pourcentage d’annonces est compris entre 5 et 15 %, il reçoit un avertissement. Au-delà de 15 %, le site a un mois pour rectifier le tir. Sans réaction de sa part, il risque l’exclusion du réseau net-emploi.
Le guide aborde aussi la fraîcheur des offres d’emploi qui doivent être datées et actualisées régulièrement (pas plus de six semaines en ligne). Un point important puisqu’il n’est pas rare qu’un candidat tombe sur des annonces périmées.
Encore peu d’impact
Une telle initiative a le mérite d’inciter les acteurs de l’emploi en ligne à se professionnaliser. Dans la pratique, seule une petite vingtaine de sites ont adhéré à la charte net-emploi. Parmi eux, Monster, Vediorbis, Adecco, Aerocontact, etc. Dans le même esprit, le 26 mai 2006, l’APPEI (l’Association des professionnels pour la promotion de l’emploi sur Internet) - qui compte quinze membres dont lesjeudis.com, Cadresonline ou regionsjob, par exemple - avait déjà signé un partenariat avec la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’Egalité (HALDE). L’association avançait ainsi quelques pistes pour éviter la banalisation de la diffusion d’annonces discriminatoires sur les sites et pour promouvoir quelques bonnes pratiques dans ce domaine. Un combat de longue haleine.