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USA et Russie : regards en chiens de faïence

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Ca ressemble à de la guerre froide ; la Russie ne tolère plus des Etats-Unis de plus en plus influents aux portes de son ancien empire.
Portes dont certains anciens satellites de l’URSS tiennent grandes ouvertes à l’ancien ennemi de l’empire. La Russie a une obsession : l’encerclement et avec celle-ci, la conviction que les Etats-Unis menacent son existence. L’affaire géorgienne en est l’illustration. Moscou 2008 n’est pas Moscou 1990 ; la reprise en main des opérations extérieures et les reconquêtes de certains pôles d’influence font place au désarroi et à la résignation des années 90 de l’empire vaincu.
Par Jacques Trappler
La Russie regorge de pétrole ; rappelons qu’elle en est le premier producteur mondial ainsi que de gaz… Mais elle manque de temps. Sa population est vieillissante et sans apport démographique exogène, elle est vouée à renoncer à son expansion ; c’est peut-être ce qui la perdra. Mais en attendant, elle possède assez de bombes nucléaires pour nous inquiéter et en reprenant ses marques de leader en matière d’exportation d’armements : elle sème le trouble dans des zones qui n’en avaient pas vraiment besoin (Vénézuela et Syrie notamment)
La Russie est coincée entre une l’Europe dont elle est, à bien des égards, dépendante (1° client pour le gaz), et un « reste du monde » dans lequel elle souhaite conforter ses influences et intérêts. Or, aujourd’hui, ce « reste du monde », en terme de puissance, est encore dominé par les Etats-Unis, de facto désignés comme adversaires.
On sent bien que la Russie se désintéresse de l’Europe, en terme de priorité s’entend, focalisant ses convoitises sur des zones dangereuses pour l’équilibre mondial puisque également convoitées par les puissances occidentales, américaines en particulier. Sur ces zones de reconquête, Moscou se heurtera, immanquablement, de plus en plus fréquemment aux Occidentaux, Américains et Européens, avec des degrés de force différents selon les jeux des alliances locales, supra locales et intérêts défendus.
Recréer les conditions de la peur
La Russie accuse les USA d’installer des missiles anti-missiles à ses portes, de la menacer ainsi directement et de perturber l’équilibre des forces nucléaires. Anti-missiles destinés, selon les USA, à garantir leur sécurité territoriale menacée, à terme, par des missiles balistiques iraniens ou nord coréens.
Soyons un poil objectif : comment 12 missiles anti-missiles peuvent-ils menacer 10.000 missiles russes dirigés pour beaucoup contre des cibles occidentales.
C’est grotesque mais n’oublions pas : plus c’est gros, plus ça passe. La ficelle est un peu épaisse, mais elle a servi de prétexte à la Russie pour rompre et sortir des traités SALT2. En réalité, la Russie est furieuse des comportements pro occidentaux et surtout pro-américains des nouveaux pays d’Europe anciennement pays de l’Est plus enclins à suivre la ligne de Washington que celle de Bruxelles. Furieuse aussi de constater que ses gesticulations n’y feront rien, le bouclier anti- missiles sera bien sur le sol de ses anciens satellites. Mais attention aux conséquences : la relance de la course aux armements, nucléaires très précisément, n’est pas loin, la Russie profitant de ce leurre de menace pour moderniser son arsenal.
Il n’y a pas très longtemps, la Russie proposait un programme commun de défense anti-missiles avec l’Europe et les USA au motif de contrecarrer les plans nucléaires d’états voyous et terroristes hostiles à nos valeurs. Ce fut lettre morte, et force est de constater non seulement l’obsolescence du projet, mais son abandon pur et simple, plaçant les acteurs du projet en antagonistes durs. D’ailleurs, rien ne prouve que ce projet n’ait pas été une manipulation pour neutraliser le projet anti-missile américain et servi les intérêts russes qui n’auraient ainsi pas été obligés de moderniser leurs missiles intercontinentaux, désormais forcés par les Américains à se surpasser technologiquement pour conserver, à minima, la parité avec les USA en matière de modernité nucléaire militaire.
Finalement, cette affaire de missiles anti-missiles est une excellente affaire d’intoxication par les Russes, justifiant leurs « craintes » par une relance de la course aux armements qui les arrange bien, dans leurs objectifs de reconquête d’influence dans les zones pétrolifères et gazières où ils entendent jouer un rôle d’arbitre. Mais attention, les alliances, dans ces zones, ne se créeront pas par la force ni se déferont par la menace. De ce point de vue, la conduite de la Russie dans l’affaire géorgienne devrait nous inciter à la prudence et à la fermeté.
Les chiens de faïences pourraient un jour s’affronter, mais ils pourraient se contenter de nourrir leur relation de juste assez de poison pour ne pas mettre de menace à exécution, exécution qui profiterait notamment aux successeurs de Mao…
La Russie, autant que les Occidentaux, ne pourra sceller d’accords energico-stratégiques durables tant sont incertains et fragiles nos rapports avec les pays concernés. Les Chinois et les Indiens, pour ne nommer qu’eux, font partie de la donne désormais multipolaire et nul ne peut prédire, à terme, ce que décideront Arabes et consorts courtisés par d’autres puissances que celles des Russes et Occidentaux, se comportant encore comme s’il n’y avait pas d’autre alternative.
S’il fallait conclure, on pourrait dire que le monde n’attend pas, pour se stabiliser ou se désintégrer, le bon ou le mauvais vouloir des Russes et des Américains. Nous entrons dans un monde instable aux affrontements potentiels lourds et incontrôlables. Nous, Occidentaux, confrontés au terrorisme en Afghanistan et en Irak, nous ne sommes pas capables, aujourd’hui, d’ouvrir de nouveaux fronts sans irréversibles dégâts pour toutes les démocraties.
Question fondamentale : pourquoi la Russie est-elle aussi éloignée de notre camp ? La réponse est certainement contenue dans le traitement que nous, Occidentaux, lui avons affligé au lendemain de l’éclatement de l’URSS.
5 commentaires pour cet article
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Joël 21 octobre 2008 23:56
A mon "camarade" tango, puisque ce dernier doit vendre sa force de travail manuelle ou intellectuelle pour pouvoir subsister)
Ne pas faire l’amalgame par paresse, ou volonté de nuire dans la réflexion entre le stalinisme et le communisme est une rigueur dont est victime l’éthique intellectuelle.
Joël -
Duc 29 septembre 2008 18:07
Pour les 12 missiles : une fois la base implantée, qui peut-dire que le site ne sera pas agrandi et qu’il n’y aura que 12missiles dans 10ans ?
Les missiles sont presentés comme sol-air, mais qui dit et qui pourra verifier qu’aucun missile de croisiere ne sera présent à terme ?
Terrorisme en Afghanistan et Pakistans ? Point de vue subjectif, eux et d’autres les voient comme des resistants...
Semer le trouble avec les ventes d’armes... Les plus gros vendeus ne seraient-ils pas les USA, les Anglais, Israeliens et Français ?? Ne vendons nous qu’à des pays sans conflits (drône Israeliens en Georgie et tant d’autres cas). Quand à la Syrie et au Venezuela, ces pays ont-ils recement attaqués un autre pays ?
Cet article releve de la propagande. -
28 septembre 2008 21:08
12 missiles anti-missiles ne menace pas 10000 mais ce n’est pas grotesque car c’est un pied dans la porte et une raison pour que la russie s’inquiète.
La russie n’est pas coincée est surement pas dépendante de l’europe pour le gaz c’est en fait tout le contraire.
et cetera et cetera...
Votre article n’est absolument pas objectif. -
boo 28 septembre 2008 12:25
Dans l’ensemble on peut partager l’analyse qui précède, mais il y a des erreurs.
Effectivement la Russie ne se sent pas, mais est encerclée, à moins que ses anciens satellites se trouvent de l‘autre côté de la planète.
N’importe quel pays ressentirait la même crainte.
Certains se sentent menacés par un petit pays qui se trouve 10.000km de leurs frontières…
Contrairement à l’Irak, le terrorisme était, et est toujours actif en Afghanistan.
L’Irak n’était pas un état terroriste, mais il est devenu le sanctuaire de ceux-ci, et l’effet tache d’huile s’est étendue vers le Pakistan.
C’était une grave erreur d’y avoir mis les pieds.
Saddam était prêt à se soumettre, il fallait saisir le moment opportun.
Le problème c’est comment en sortir, une question qu’il fallait se poser avant de se lancer dans l’aventure sans l’aval de l’ONU. -
tango 16 septembre 2008 15:57
quel traitement ?lors de son éclatement son peuple était pauvre,son armée désuète,les infrastructures obsolètes,on efface pas d’un trait les années communistes,un pays gangréné par la corruption,géré par le KGB aujourd’hui FSB,on voit le merci qu’on aurait reçu,ils sont terrible ses russes.


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