Il pourrait être plus dangereux d’être libéré de prison aux Etats-Unis que d’y rester, selon une étude à paraître jeudi. Drogue, alcool, assassinat et suicide sont les risques majeurs après une libération.
Une comparaison des certificats de décès et des registres pénitentiaires de l’Etat de Washington a montré que les 30’237 condamnés libérés entre 1999 et 2003 avaient 12 fois plus de chances que le reste de la population de mourir d’une overdose de drogue et dix fois plus de chances d’être assassinés dans un délai de deux ans.
Cette étude, à paraître jeudi dans le New England Journal of Medicine, soutient que les raisons de cette tendance sont à chercher au-delà des mauvaises habitudes et de la propension naturelle à prendre des risques qui conduit, souvent, les gens en prison.
« Nous savons que c’est une population qui a un taux plus élevé de consommation de tabac, de problèmes de santé mentale, un taux plus élevé de dépendance à des produits chimiques, et un comportement davantage orienté vers la prise de risque », reconnaît Ingrid Binswanger, de l’Université du Colorado, à Denver, qui a piloté l’étude. « Mais on ne s’attend quand même pas à ce que leur taux de mortalité soit aussi élevé ».

Les anciens détenus sont particulièrement exposés au danger « dans les premières semaines de la transition que constitue leur retour dans leur communauté », souligne Mme Binswanger. Dans les deux semaines qui suivent leur libération, les anciens détenus ont 29 fois plus de chances de mourir d’une overdose de cocaïne, 34 fois plus de chances de succomber à une overdose d’héroïne, 15 fois plus de chances de mourir sous les effets de l’alcool.
En outre, ils sont deux fois plus susceptibles d’être tués par balles et huit fois plus susceptibles de se suicider. Plus de 600’000 personnes sont libérées des prisons américaines chaque année. Quelque 7,2 millions d’autres les quittent après avoir été détenus dans l’attente de leur procès ou avoir purgé de courtes peines. Les Etats-Unis comptent 2,2 millions de personnes sous les barreaux, soit un quart de la population carcérale mondiale.
SDA-ATS
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