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SARKOZY – Enième coup de règle sur les doigts des banquiers

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Nicolas Sarkozy avait invité une nouvelle fois les banquiers à faire le point sur deux questions épineuses : les bonus et le crédit. Les banquiers hexagonaux ont beau dénoncer leurs petits camarades étrangers et prétendre être de bons élèves, le président n’est pas convaincu et a édicté de nouvelles règles que les banquiers devront suivre sous peine de sanctions

(Rédaction Internationale) - Après une bonne période de repos au Cap Nègre, Nicolas Sarkozy a entamé la rentrée avec détermination. Et comme mise en jambe, le chef de l’Etat a décidé de réunir, et ce pour la 7ème fois cette année, des habitués de l’Elysée : les banquiers. Après une grande répétition la veille avec la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, le grand oral avec Nicolas Sarkozy s’est déroulé lundi dernier. Les banques françaises (Crédit agricole, BNP Paribas, Société générale, BPCE) étaient convoquées pour "faire le point sur le respect de l’ensemble des obligations souscrites par les banques et les acteurs financiers à l’occasion de la crise financière". Et le président visiblement agacé par la récente polémique autour du milliard provisionné par la BNP Paribas pour la rémunération de ses traders, avait besoin de taper du point sur la table. La priorité affichée de Nicolas Sarkozy était de deux ordres : en finir avec les rémunérations variables garanties et relancer les crédits pour "financer l’économie française".

Les banquiers tiennent à leurs bonus

Concernant les bonus, les us et coutumes du monde financier semblent difficiles à bousculer. Les banquiers français se considèrent toujours dans leur bon droit et soulignent les efforts entrepris dès février en l’occurrence une série d’engagements qui prévoient un versement étalé dans le temps et la limitation à un an des bonus garantis. "On ne revendique pas la “course à l’échalote” aux bonus, mais on ne peut pas être totalement déconnecté des pratiques de marché", explique le porte-parole d’une grande banque française répondant aux accusations portées par Christine Lagarde la semaine précédente. La place financière parisienne a en effet peur qu’à cause d’une politique trop stricte envers ces rémunérations, elle ne perde de sa compétitivité et de son attractivité au profit de ses concurrents étrangers dont la législation est souvent beaucoup plus laxiste. "Il est essentiel que les nouvelles mesures qui pourraient s’imposer aux banques françaises s’appliquent également et simultanément au niveau international", a déclaré Gérard Mestrallet, président de Paris Europlace, association de promotion de la place financière parisienne.

Sarko reste intransigeant

La réponse de Nicolas Sarkozy a été claire : il faut "plus de transparence, plus de contrôle, plus de responsabilité" et les banquiers, malgré leurs protestations, devront se plier aux nouvelles règles sous peine de sanctions. Et pour cela, le gouvernement a mis en place un système de "bonus malus" pour les banques. Les traders ne recevront qu’une partie de leur rémunération variable (allant du tiers à la moitié de la somme suivant le salaire de l’employé). Le reste sera bloqué pendant 2 ans et son obtention sera soumise aux performances du trader. "Quand un trader a droit à un bonus, il n’en percevra qu’une partie. L’autre partie sera mise en risque : si l’année suivante il réalise une mauvaise opération, cette partie différée est perdue pour lui", a précisé Christine Lagarde sur LCI. Autre nouveauté : la nomination d’un superviseur des rémunérations en la personne de l’ancien directeur général du FMI, Michel Camdessus. Il sera chargé de vérifier si les 100 plus importantes rémunérations de traders sont conformes aux engagements pris. Ce "tsar des rémunérations" pourra saisir la commission bancaire, le conseil d’administration de l’établissement voire même l’assemblée générale des actionnaires si la banque ne respecte pas le nouveau deal. Une autre épée de Damoclès est placée au dessus de la tête des banquiers : l’État n’accordera en effet plus "aucun mandat" pour monter des opérations financières aux banques qui n’appliqueraient pas les nouvelles règles du jeu. Si Nicolas Sarkozy attend des établissements français une application "irréprochable" de ce nouveau mode d’emploi du parfait banquier, il s’est engagé à obtenir, lors de la prochaine réunion du G20 en septembre, que tous les pays participants suivent ces règles.

Aller plus loin sur les crédits

Le gouvernement souhaite également que l’accès au crédit soit simplifié, en particulier pour les entreprises, après une période de frilosité bancaire post-apocalypse financière. Or alors que les banques avaient promis en octobre 2008 de faire progresser de 3 à 4% en 2009 le volume des crédits aux ménages et aux entreprises, les résultats sont aujourd’hui plutôt décevants. Le médiateur du crédit, René Ricol a dénoncé dans le Journal du Dimanche la "montée des ’petits dossiers’ concernant des demandes de prêts inférieurs à 5.000 euros". La Confédération générale des petites et moyennes entreprises estime également que les TPE-PME "rencontrent toujours des difficultés pour accéder au crédit". "Près de deux PME sur trois ont au moins un besoin de financement, 78% de leurs dirigeants estimant être confrontés à un durcissement des conditions d’accès au crédit", ajoute l’organisation patronale. La BNP rappelle cependant que les banques s’étaient "engagés sur le chiffre de 3 % à 4 %, alors que la croissance était attendue à 1 %. In fine, nous faisons face à une récession de l’ordre de 3 %, et les banques distribuent en moyenne des crédits en croissance de 2 % à 3 % : nous sommes 6 points au-dessus de la croissance française.". "Aujourd’hui, la progression des encours de crédit reste positive en rythme annuel, mais je constate une décélération sur les derniers mois", a cependant souligné Nicolas Sarkozy. Le président souhaite aujourd’hui examiner "les moyens à mettre en oeuvre pour tenir, voire dépasser les objectifs que nous avons fixés dans le cadre du plan de financement de l’économie". Damien Bouhours

26 août 2009
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