Quid du Coach ? Il doit posséder un vécu opérationnel fort

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Le coach est expert en activités managériales et en pilotage de plan projet, tant personnel (processus de déploiement) que professionnel (processus d’intégration & de performance).

Il a exercé des activités managériales denses. Il est doté d’une réelle capacité à mettre en exergue les points ressources du coaché. Il maîtrise le management opérationnel et la conduite de plan projet.

S’il prend tous les aspects (buts personnels & professionnels de son client) en considération, il ne peut, en aucune façon les déterminer.

Expertise & expérience, le calibrage, la prépondérance d’une ou de l’autre de ces qualités est apprécié par celui qui engage le coach.

Ce que j’en pense : le coach s’est réalisé dans l’action et par l’action, il n’est pas pur théoricien, sa formation est néanmoins solide. Il est expert de conduite de Plan Projet, apte (management) à appréhender le plan d’action de son client et à assurer le guidage, la recherche, et la mise en exergue des valeurs de ce dernier ; en terme de mécanismes, de résultats attendus et de promotion d’états ressources. Le coach n’est pas un simple reproducteur de situations antérieures "lumineuses" ; il puise dans les sources positives de son client et produit l’élan nécessaire à une réactivation projective de ces situations . Le coach est psychologue, mais ce n’est pas un psychologue. C’est un entraîneur avisé et responsable, conscient des enjeux et respectueux des fondamentaux de son client. Il est compétent à identifier toute menace de dispersion, de dérive et de rigidité. A cet effet, il met en place des "compteurs".

Du binôme « Coach / Coaché », le coaché est l’élément le plus important. Le tandem fonctionnera avec un point d’ancrage essentiel : une communication ad hoc et la promotion de deux qualités, la capacité à coordonner et la capacité à réactualiser.

Garder le cap

Une des bases clef de ce guidage consiste à ne jamais s’écarter du double objectif formulé par son client : révéler ses forces et garder le cap vers l’objectif (personnel & professionnel).

Le coaché se trouve généralement, en situation amont ou engagée de plan d’action. Le coach élabore éventuellement avec le coaché le cartouche du plan d’action, il identifie les actes nécessaires à son accomplissement. Il se fait communiquer l’objectif principal et les objectifs intermédiaires afin « d’équiper le coaché pour le voyage ».

Le coach ne rend pas de jugements moraux. Il n’est pas mandaté pour assumer un arbitrage moral ou professionnel.

Le coach peut être spécialiste du secteur d’activité du coché, ce n’est pas obligatoire. Le cartouche de plan d’action du coach est réputé être transposable. Sauf cas exceptionnel, pré identifié, la transposition est réalisable. Le coach, lorsqu’il agit dans l’entreprise, a rempli des missions et exercé des responsabilités de dimensions au moins identiques à celles du coaché.

Vous embarquez un coach à bord de votre vie : assurez-vous bien que ce coach ait connu "le goût du sel, le vent et les larmes de la mer avant de traverser l’océan avec lui".

Le coach déchiffre, analyse, et assimile les composantes du plan d’action et les actions qu’il va entreprendre auprès du coaché pour le conduire vers l’état souhaité.

De solides connaissances en PNL, analyse transactionnelle ou autre expertise sont certes nécessaires, mais absolument inutiles, voire charlatanes si elles sont présentées comme clef de voûte de l’action du coach.

Coach & coaché : ne pas associer les moyens employés avec la fin que nous recherchons, sinon nous ressemblerions au jardinier qui arrache une mauvaise herbe et s’imagine qu’il a créé une roseraie.

Le coaché imagine les actions & dispositifs à mettre en place dans un esprit de création d’opportunités, le coach induit les conditions ressources pour y parvenir. Le coaché transforme ces conditions en harpons mentaux positifs.

Le coaching de mode...

Le coaching est un créneau très juteux où le meilleur côtoie le pire. Qui n’a pas entendu d’affligeantes interventions radiodiffusées sur le sujet par des professionnels confondant drill prussien, affaires de cholestérol et de régimes avec management et coaching. Pour me dénicotiser, je n’ai pas besoin de coach. Et vous ? Et puis, à 360° de cet exemple, l’intervention d’un psychanalyste spécialisé et labellisé en science comportementale qui,(hyper compétent, au passage) se découvrira brusquement une âme de coach, opportunité oblige ... Le coaching n’est pas entre les deux, il est ailleurs, et son terrain n’est ni celui de la psychologie appliquée ni celui de la pelouse d’un stade.

Prendre des parts de marché et ... des honoraires. Des compétences théoriques et de la modélisation à dupliquer...

Une manne convoitée par beaucoup de spécialistes en modélisation souvent ancrés dans la rade de l’inactivité et voyant un moyen de rebondir habilement. Les écoles et fédérations fleurissent. Pour 20.000€ et une centaine d’heures de théorie appauvrie de jeux de rôles modélisés, vous devenez coach certifié par des organismes revendiquant un lot de compétences fumeuses aux labels auto décernés ... Des dizaines de coachs sont ainsi "formés" chaque mois. C’est du business pur. Un cabinet parisien revendique avoir formé 400 coachs spécialistes ! Stupéfaction ...

Les solutions élaborées dans l’ambiance ouatée des cabinets de consultants, certes diplômés, mais n’ayant pas toujours l’expérience de la "vraie" vie managériale (faute de cran, de courage ou tout simplement d’opportunités) autoproclamés coachs font recette. Prudence. Un coach, face à un dirigeant, un cadre, une personnalité, en attitude de redéploiement de carrière ou personnel, ne tiendra la route que s’il comprend les enjeux de son client pour avoir lui même, vécu sur un terrain identique, expérimenté et dominé des situations potentiellement analogues (jamais modélisées quant aux solutions). Inexpérimenté, il entrera bien en communication avec son client, mais n’imaginera pas l’itinéraire, les enjeux et les ressources que ce dernier devra déployer pour parvenir à la réussite de son but. Il y a une nuance entre l’atteinte d’un but et de sa réussite...

Expérience, expertise et temps, explication métaphorique ... La différence entre une mouette et un aigle...

"La valeur n’attend pas le nombre des années". En matière de coaching, force est de constater que le nombre des années détermine souvent la performance. Sur un porte avions, le directeur des appontages est un expert pilote. Les pilotes de jets qui appontent sont de hauts spécialistes. Le directeur de l’appontage n’intervient pas dans la mission, mais il sait, mentalement, et "viscéralement" calibrer et canaliser les flux d’énergies et de compétences internes de ses pilotes, nécessaires à la réussite des appontages et à la résolution de situations "extrêmes" en extrapolant tous les paramètres. Les pilotes gardant toujours la maîtrise mentale de leur action. Il se crée alors une confiance absolue entre le coach et le coaché. C’est la règle. Ce même directeur d’appontage restera un expert en management de situations complexes apte à permettre d’autres appontages sur un autre navire, celui de la vie professionnelle ou personnelle de futurs clients tous pilotes de leurs propres vie. L’expérience rend la vue plus panoramique et grandit le champ de la réactualisation (multiplication et variabilité des options par rapport à une expertise plus "courte").

Crédibilité ...

Ce sont des milliers d’heures d’expérimentation, de résultats, de performances, et d’attitudes managériales réussies et enrichies de l’expérience des vies des Autres qui séparent le spécialiste de l’expert. Une centaine d’heures de formation contre 10.000 heures d’expertise. C’est empirique, certes, mais c’est la réalité. A chaque individu ensuite, coach, éducateur, parent, manager, de compléter sa propre expertise en s’appropriant, dans une démarche intellectuelle de progrès, des courants de pensées de gens compétents en matière humaine, philosophes, penseurs et scientifiques de toutes époques et de toutes essences afin de s’en inspirer pour mieux comprendre la nécessaire empathie pour aller vers l’Autre. Et ceci demande du temps.

Coach, consultant, quelle différence ?

Le consultant en management est souvent ancré dans la théorie. C’est avant tout un enseignant qui définit des modèles de fonctionnement des individualités, des groupes et des institutions sur un plan structurel et qui s’efforce de trouver les paramètres des affinités entre les composantes, d’un point de vue phénoménologique (des modèles magnifiques et des hypothèses prétendues mesurables). Un truc du genre tour d’ivoire.

Son action peut être nécessaire et bénéfique à l’entreprise, mais jamais dans un cadre de coaching individuel ou d’équipe. La notion de risque personnel ou partagé, lui est souvent étrangère. Son carnet de route est certes estampillé par de prestigieuses écoles, il peut être brillant : mais ce n’est pas un coach.


Le philosophe chinois Tchou-Hi bénéficiait de la protection de son souverain, ce qui lui valait des envieux. Comme à certaines questions il répondait parfois en toute humilité : "je n’en sais rien", l’un des jaloux lui fit sèchement cette remarque :

"L’empereur vous paie pour le savoir."

"L’empereur me paie pour ce que je sais. S’il me payait pour ce que j’ignore, tous les trésors de l’empire n’y suffiraient pas."

28 avril 2006

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