Ce qui a changé
Le comportement citoyen
Explosion de la participation avec une conscience retrouvée d’influer sur le cours de la vie politique et d’effacer la calamiteuse prestation électorale de 2002 - du premier tour- avec un Jospin laminé par Chirac et Le Pen, respectivement crédités de 20,3% et 16,7%. Cette fois, les intentions de ne voter qu’au second tour, pensant que le premier n’était qu’un tour de chauffe, se sont envolées. Chat échaudé...

Des responsabilités plus fortes
En plaçant Nicolas Sarkozy (31%) et Ségolène Royal (26%) en tête, les français ont-ils voulu démontrer au monde que le nationalisme n’était plus de mise dans notre pays ? En tout cas, il y ont réussi. Le Pen ne ferait-il plus recette ? Le fait, pour les deux finalistes, de pouvoir désormais aborder ouvertement, certains thèmes - celui de l’immigration notamment - voire d’exposer des vues convergeantes à défaut d’unité dans le traitement des causes et effets démontre que l’on peut désormais aborder ces problèmes sans se voir taxer de récupérateur. Ceci est valable pour les deux candidats. Accuser plutôt l’un que l’autre de récupération n’est qu’hérésie. Prudence, motus, ou il faudra évoquer la bienveillante récupération des voix de la ligue communiste révolutionnaire et des partis trotskystes - par le plus à gauche des deux finalistes ? Excommunication en cours...
Le 6 mai
Nous aurons l’un des deux. Bon vieux choix binaire avec une Ségolène Royal, socialiste bon teint, reste d’incarnation du modèle spécifique français et un Nicolas Sarkosy, résolu candidat du changement de modèle. Nous aurons donc à choisir entre deux axes de société qui s’opposent.
Ce qui ne changera pas
Nicolas Sarkozy ou Ségolène Royal n’échappera pas aux serres de Bruxelles. L’élargissement de l’Europe et son fonctionnement restera un problème majeur. L’entente européenne sera complexe - droit de veto oblige - avec les nouveaux arrivés, plus prompts à faire valoir leurs droits qu’à composer, courtoisement, avec les membres fondateurs et arrivants moins récents. Qu’elle soit dirigée par Sarkozy ou Royal, la France ne s’imposera pas davantage qu’aujourd’hui. Eau dans le gaz.

N’oublions pas que si les idées font progresser l’humanité, les gazoducs assurent aujourd’hui la stabilité énergico-politique de demain. Le gaz est étrangement absent du débat, mais c’est vrai que nous avons des idées... On peut toujours rallumer le phare d’Alexandrie.
Nous sommes étrangement absents de ce débat laissant à Merckel - notamment - la part belle. Nous ferions bien de nous montrer plus actifs sur ce créneau, voire agressifs, mais là, c’est un débat à rentabilité électorale nulle. Les relations avec les autres états européens seront d’autant plus difficiles que dans les relations internationales, la voix de l’Europe ne sera pas - ou plus - ou de moins en moins- en adéquation avec nos choix politiques.
L’idée que nous nous faisons de notre place dans le monde, au travers du prisme européen, n’est plus du goût de tous. Reste la tiède et moribonde alliance franco-allemande ? Mais nous avons un gazoduc de retard... Merkel a choisi l’Europe centrale et son centre n’est pas à Paris..
L’admission de la Turquie ?
Une épine qu’il faudra bien arracher ou enfoncer. Le moment viendra ou la France devra, n’en déplaise à Ségolène Royal, tenir la parole faite aux français ou se dédire et accepter outre l’idée d’un Turquie européenne, l’effectivité du passage à l’acte. C’est pas gagné.
Le tableau n’est pas très gai
De Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy, l’aire des changements nécessaires au retour de la France dans le peloton de tête des pays dits les plus riches de la planète est est trop vaste pour que celui qui l’emportera puisse changer quelque chose dans la société en cinq ans. Le choix est cependant important pour l’impulsion et la prise de conscience. On ne peut plus, au XXI siècle, river son regard au rétroviseur du passé de certaines de nos idées qui nous ont fait passer du quatrième au dix-septième rang -tous critères confondus- des pays de la planète sans frissonner pour nos enfants si d’aventure, le choix des français serait celui du retour à la dogmatique facilité du tonneau des Danaïdes. Ce retour en arrière serait fatal et nous entraînerait, immanquablement vers une banqueroute d’état.
Un grand nombre d’actions et de décisions impopulaires - voire dissuasives - sur le marché sont à prévoir si nous voulons assurer la transformation de la France en un état compétitif. Nous sommes loin de la vision irresponsable et introvertie d’une gauche distributrice prête à dilapider ce qui reste d’actifs pourvu qu’elle se fasse aimer. Les Français, au premier tour, ont choisi de positionner en tête celui qui incarne les valeurs les plus sûres : celles de l’avant, de la responsabilité individuelle - composante d’un ensemble gagnant - et d’un esprit de contributeur au meilleur des projets de société, dont les plus vulnérables en seront - à n’en point douter - les bénéficiaires actifs.
Quant à la défense : secret défense
Louis Pinou - article libre de droits
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