Refusant de se laisser enterrer, à quelques mois de la présidentielle où il ne sera vraisemblablement pas candidat, Jacques Chirac s’est exprimé hier sur l’antenne d’Europe 1. Sur des sujets variés, une constante : le chef de l’Etat a méticuleusement pris le contre-pied de Nicolas Sarkozy, le favori de la droite pour 2007
Avant de contrer les Etats-Unis à l’ONU, le président s’est lâché hier sur Europe 1
Interrogé hier sur l’antenne d’Europe 1, Jacques Chirac a cherché à gagner du temps en refusant de se prononcer sur une nouvelle candidature en 2007. Comme tout homme qui refuse d’être enterré trop tôt, le chef de l’Etat a affirmé : « J’ai une mission et j’entends l’assumer et l’assumer jusqu’à son terme ». Pourtant, le reste de cette interview fleuve semble bien montrer que le chant du cygne a commencé pour un Président sur le départ.
Au fil des multiples sujets évoqués à la radio par Jacques Chirac, son entretien a pris la tournure d’une distribution de piques à celui qui l’a supplanté depuis longtemps dans le cœur des électeurs de droite, Nicolas Sarkozy. Fustigeant, sans nommer personne, l’attitude de qui voudrait se lancer trop tôt dans la campagne présidentielle, le chef de l’Etat a invité tout son petit monde à continuer de « bosser » sur les projets initiés par le gouvernement.
Sus sur Sarko à l’intérieur, sur Bush à l’extérieur
Alors que le ministre de l’Intérieur défend en ce moment la suppression de la carte scolaire, le président a estimé qu’il s’agissait d’une idée « ni réaliste ni juste ». Même condamnation d’une autre initiative du clan Sarkozy : la réforme des régimes spéciaux de retraite. Chirac a assuré n’avoir « aucune intention de (les) modifier », rappelant que c’est encore lui qui décide de mettre ou non une réforme à l’ordre du jour.
Enfin, en matière de politique étrangère, Jacques Chirac a également pris le contre-pied des affinités de son ministre. Nicolas Sarkozy, qui n’a jamais caché ses penchants atlantistes, s’est rendu la semaine dernière aux Etats-Unis ; reçu par George Bush, il a affiché une parfaite entente avec le président américain.
Chirac, qui a décollé hier pour New York où il va assister à la 61e Assemblée générale des Nations Unies, s’est montré lui décidé à aller à l’encontre de la ligne prônée par Washington sur la question du nucléaire iranien. Se posant en conciliateur, il a invité ses homologues à s’abstenir de « saisir le Conseil de sécurité » et demandé que « pendant la durée de la négociation » une tolérance soit appliquée vis à vis de Téhéran pour la poursuite de son programme d’enrichissement d’uranium.
Camille VAYSSETTES.
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