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Peau neuve pour l’OTAN ?

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Pour ses 60 ans, l’alliance ne lésine pas. Sommet extraordinaire sous la houlette du président Obama, élection d’un nouveau secrétaire général - poste hyper convoité - et nouvelle version stratégique.

Un programme marquant aussi le retour « intégral » de la France et l’adhésion de l’Albanie et de la Croatie. L’Allemagne et la France, nations organisatrices de l’évènement n’en seront pas pour autant les vedettes. L’ordre du jour de ce sommet anniversaire comporte trois volets : les rapports avec la Russie, l’Afghanistan et la stratégie future de l’organisation, tant politique que militaire.

Les rapports avec la Russie

Les points de frictions sont suffisamment forts pour balayer illusions et bonnes intentions. La Russie n’a jamais digéré que d’anciens pays satellites aient rejoint l’OTAN, et ne voit pas davantage d’un bon œil les velléités d’autres de ses anciens « amis » d’en faire autant. Ce point de friction n’a fait que s’amplifier lors (et depuis) des évènements géorgiens l’an passé. Le temps effacera peut-être les années Bush mais la volonté de rapprochement, voire de coopération affichée par l’OTAN à l’égard de la Russie, particulièrement énervée par le dossier ABM, risque de rester au stade intentionnel, les Russes se montrant peu enclins à en saisir l’opportunité.

Afghanistan : fâcheries en perspective ?

La donne est compliquée. Les USA ont décidé une nouvelle stratégie et, pour la mener à bien, ont bien besoin de l’aide alliée, donc de l’OTAN, donc de chacun de des membres à qui l’on demandera de consentir un effort. Ce qui n’est pas gagné, devant tant de sourdes oreilles. Hormis la Grande-Bretagne prête à renforcer de dispositif de 4000 hommes, les deux gentils organisateurs du sommet, France et Allemagne, ne sont pas prêts à étoffer leur dispositif dans les montagnes afghanes. Les USA feront, à n’en point douter, pression sur leurs alliés pour obtenir satisfaction. On sait que Paris serait toutefois prêt à envoyer une poignée de gendarmes instructeurs de police à Kaboul.

Le pourquoi d’une nouvelle stratégie

A nouvelles menaces nouvelle stratégie. Nous sommes désormais loin des contours de la guerre froide avec une logique d’affrontement de deux blocs bien identifiés. Nous sommes désormais incapables de désigner clairement nos adversaires et encore moins les zones dans lesquelles nous allons devoir les affronter. Les européens seraient bien inspirés de construire une défense adossée à l’alliance, mais il y a fort à parier que le projet restera dans les cartons de Nicolas Sarkozy en dépit du soutien d’Obama.

Jean-Marc Trappler

30 mars 2009

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