OTAN Russie, des rapports pollués par les anciens pays de l’Est

Le passage à l’OTAN d’anciens pays membres du pacte de Varsovie a été mal ressenti par les Russes au point d’affecter durablement les relations entre l’Alliance et la Russie.
Par JacquesTrappler
Pourquoi ?
Les anciens satellites de l’ex-URSS ont toujours perçu la Russie comme une menace ; et persistent dans cette vision. Il est vrai que le souvenir des interventions soviétiques, musclées, est là pour le rappeler. En rejoignant l’OTAN, la population et gouvernants de ces pays se considèrent membres d’une entente militaire anti Russe. Ils ne manquent pas une occasion de ralliement, voire d’alignement, sur les USA pourvu que la Russie s’affaiblisse dans cette zone est-européenne.
Intégration par le zèle
Ces nouveaux alliés de l’OTAN sont plus royalistes que le roi au point de déceler une certaine propension à alimenter la dissension avec Moscou. Comme si la tension ainsi créée puis entretenue, pouvait les faire jouir d’une plus grande attention de la part de l’OTAN, Américains en particulier. Le fond de commerce de leur politique extérieure est d’entretenir l’animosité envers Moscou comme si la dégradation des rapports OTAN Russie en était le but, les rendant incontournables, au sommet des intérêts de l’Alliance.
Huile sur le feu
Avec de tels alliés, l’OTAN aura du mal à assurer dialogue et coopération avec Moscou puisque toujours prompts à la provocation. Et s’il en était un à désigner, ce serait bien la Pologne qui, acceptant sur son sol les missiles ABM de l’OTAN déclenche la fureur de Moscou en même temps qu’elle s’estime première de la classe OTAN, chouchou de Washington.
L’OTAN n’a plus pour mission de contenir une invasion soviétique mais ses nouveaux alliés Est européens n’en démordent pas : Moscou reste un potentiel danger. La persistance d’une telle conduite doit être réfrénée afin que l’OTAN ne finisse pas engluée dans des rapports ambigus avec ces pays par déstabiliser ses rapports avec Moscou au point de – retour en arrière – revivre une certaine guerre froide.
Cette conduite manque de subtilité, et de ce point de vue, l’intransigeance de certains de ces pays Est européens à vouloir désigner Moscou comme unique adversaire de l’Alliance nuit à la coopération potentielle OTAN Russie souhaitée par les autres membres, polluant ainsi toute initiative de bonne relation. La vision de Paris est en complète contradiction avec celle de Varsovie, l’un désignant Moscou comme partenaire naturel de l’Europe , implicitement de l’OTAN ; l’autre campant sur ses positions de lendemain de guerre froide en excluant tout rapport de coopération encourageant discorde et agressivité. Il n’y a pas à choisir entre Moscou et Varsovie.
L’OTAN n’est pas une Alliance anti Russe, n’en déplaise à certains nouveaux membres
Nul ne peut imposer ce deal à l’OTAN et à ses membres du moment qu’un rapprochement avec Moscou serait de l’intérêt de tous. Gageons que l’Alliance gardera la tête froide et ne cédera pas aux exigences de nouveaux membres qui tentent de détourner sa mission au profit d’une politique anti Russe contre productive.




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