Se faisant passer pour des membres de l’armée libanaise, le commando israélien, qui voulait enlever un dirigeant du Hezbollah dans la plaine de la Bekaâ, a été trahi par son accent arabe très approximatif. Résultat : un lieutenant-colonel mort et deux soldats blessés.
Opération ratée par un commando israélien lors d’une récente incursion dans la vallée de la Békaâ, à 15 kilomètres à l’ouest de Baâlbeck. L’opération, effectuée samedi matin mais lancée vendredi soir, était destinée à capturer le trésorier national du parti chiite, cheïkh Yazbeck. Ce dernier s’était montré, vendredi en milieu de journée, sur l’écran de la télévision « Al Manar », en train de haranguer des sympathisants du Hezbollah, lors des funérailles des victimes du carnage de Cana.
Attention : les faits relatés peuvent être soumis à caution.
La rédaction...
Cette apparition aura sans doute inspiré à Tsahal l’idée de mener une tentative d’enlèvement contre cette figure influente du Hezbollah. Mais la vigilance des combattants du « Parti de Dieu » a permis de déjouer cette tentative. Tout a commencé vendredi soir, quand une unité héliportée de Tsahal avait atterri dans une montagne, située à une vingtaine de kilomètres de la localité de Boudaï.
En uniforme libanais et à bord de Humvee, les éléments du commando voulaient se faire passer pour des soldats libanais. Cette opération de camouflage s’est déroulée dans « l’impunité » plusieurs heures durant, jusqu’au moment où les « soldats libanais » se son fait arrêter par une sentinelle du Hezbollah. Une simple question sur l’identité des arrivants, et voilà. Le pot aux roses est vite découvert. Les « soldats libanais » seront trahis par leur accent arabe très approximatif. Il n’en aura pas fallu plus pour que la bataille s’engage. « Des combattants du Hezbollah sont venus de tous les villages environnants », raconte un habitant, cité par l’AFP.
« J’ai été réveillé à 3 heures 40 par le fracas des explosions. J’ai entendu les passages des avions F 16 et des drones israéliens, et les hélicoptères Apache tirer des missiles et ouvrir le feu à la mitrailleuse pour couvrir le commando », décrit un témoin. A 6 heures, l’opération était bouclée.
En défaveur de Tsahal, qui a perdu un lieutenant-colonel, alors que deux soldats grièvement blessés étaient évacués illico sur un hôpital du nord d’Israël. Le lendemain, les traces de cette opération étaient encore là. Outre les taches de sang perceptibles dans les champs de blé, d’où les hélicoptères auraient décollé en emportant le commando et ses véhicules, les habitants ont pu prendre connaissance du « butin » laissé par les envahisseurs : pansements, douilles d’obus de canon, une page couverte d’inscriptions en hébreu, apparemment un mode d’emploi.
« Les Israéliens étaient au moins trente.Ils sont tombés dans une embuscade », affirme un combattant du Hezbollah. Les envahisseurs étaient repartis vers Israël, les mains vides. Une nouvelle débandade à mettre sur le passif de Tsahal. La capture de cheïkh Yazbeck, l’un des grands caciques du Hezbollah, aurait pu permettre à Israël de négocier la libération de ses deux soldats capturés le 12 juillet dernier. Mais ce plan s’est soldé d’un nouvel échec, sans oublier le revers que l’Etat hébreux a encaissé sur le plan politique. Considérée comme une violation de la cessation des hostilités initiée par la résolution 1701 du Conseil de sécurité, l’opération du commando israélien a été vivement décriée.
Le Premier ministre libanais, Fouad Siniora, a condamné fermement cette « violation flagrante » de la trêve entre Israël et le Hezbollah, relayé par le ministre libanais de la Défense, Elias Murr, qui a menacé de suspendre le déploiement de l’armée libanaise dans le sud du pays. La réaction de l’ONU ne s’est fait pas attendre non plus. Kofi Annan a déclaré que ce raid constituait une « violation » de la cessation des hostilités. En dépit de cette levée de boucliers, Israël se dit disposé à effectuer de nouveaux raids dans le Sud-Liban, compromettant ainsi les chances d’une paix qu’il vient de fragiliser.
Par : M’Hamed Hamrouch
Israël arrête Hassan Nasrallah... épicier à Baalbek
Israël a bien réussi à mettre la main sur Hassan Nasrallah lors de son raid sur Baalbek début août. Mais les services de sécurité ont rapidement découvert qu’ils avaient capturé l’épicier du coin, trois membres de sa famille et un voisin, sans aucun lien avec le chef du Hezbollah.
Hassan Nasrallah, trois membres de sa famille et un voisin ont été capturés lors du raid d’un commando israélien le 1er août dernier à Baalbek, fief du Parti de Dieu, dans le nord-est du Liban. Les militaires pensaient apparemment qu’Hassan Nasrallah faisait partie de la famille de son homonyme et pouvait servir pour faire pression sur le chef du Hezbollah, selon Leah Tzemel, l’avocate israélienne qui a obtenu lundi leur libération.
L’épicier « a été conduit ici et interrogé et très vite ils ont compris qu’ils avaient été arrêtés sans raison », a expliqué Leah Tzemel. « Ensuite, ils les ont simplement mis en prison et gardé en détention ». Tsahal n’a pas fait de commentaire dans l’immédiat.
La famille Nasrallah a raconté à l’avocate avoir été interrogée pendant 24 heures, exclusivement sur les relations qu’ils pouvaient avoir avec le cheikh. Il est rapidement devenu clair qu’il n’avait aucun lien de parenté avec le chef du Hezbollah et son organisation.
Lundi, devant la cour suprême Leah Tzemel a plaidé que la famille avait été retenue « en otage pour être utilisée comme monnaie d’échange lors de négociations ». Dans l’après-midi, les Nasrallah et leur voisin ont été conduits à la frontière israélo-libanaise et ont pu rentrer chez eux.
Au total, quinze personnes ont été tuées dans les combats dans la zone de Baalbek la nuit du raid. Deux jours après, Hassan Nasrallah, l’autre, avait résumé la situation en quelques mots : « erreur sur la personne ».
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