Les règles du jeu

Les règles du jeu, hiérarchie & liberté Entre les balises d’espaces partagés : une subtile cohabitation.

La réalité est un jeu rempli de libertés, de règles & d’adversaires. Quid du libre arbitre et de la hiérarchie ? Ou se situe l’ultime responsabilité ?

Des règles, pourquoi ?

Considérons 2 joueurs d’échec

La manière la plus simple de vaincre l’adversaire est de lui donner un bon coup de massue sur la tête.

Un joueur peut en éprouver le besoin , à l’occasion, mais jamais ( ? ) il n’y songera sérieusement :

La pulsion compétitive ne peut s’exprimer que selon les « règles du jeu ». Au lieu de recourir à la violence, le joueur imagine les possibilités de tirer avantage du prochain déplacement d’une de ses pièces, et son activité mentale lui procure une série de satisfactions partielles et agréables d’anticipation, même si pour en finir, il ne doit pas gagner la partie.

Règles, stratégies & libre arbitre

- Les règles définissent les mouvements permis.

-  La stratégie détermine le coup effectivement choisi.

Le problème du libre arbitre se ramène à la question de savoir comment les choix sont faits. Le choix du coaché est libre en ce sens qu’il n’est pas déterminé par les règles. Mais bien qu’il soit libre dans cette mesure, il ne se fait pas au hasard. Il est au contraire guidé par des considérations beaucoup plus complexes que les simples règles du jeu.

Que l’on compare le jeux de morpions au jeu d’échec, dans les deux cas mon choix stratégique est « libre » en ce sens qu’il n’est pas déterminé par des règles.

Règles, alternatives & degré de liberté

Le tracé des croix au jeu de morpions ne comporte que très peu d’alternatives qui dépendent de stratégies relativement simples.

Tandis que le joueur d’échec est guidé par des considérations d’un niveau de complexité beaucoup plus élevé comportant une variété de choix incomparablement plus grande : autrement dit, davantage de degrés de liberté* (*nombre de variables indépendantes définissant l’état d’un système).

Règles et hiérarchie

Les considérations stratégiques qui guident le choix forment elles aussi une hiérarchie ascendante. Au niveau le plus bas figurent des préceptes tactiques qui commandent d’occuper le centre de l’échiquier, d’éviter de perdre des pièces et de protéger le roi, - préceptes que n’importe quel joueur saura suivre, mais qu’un maître pourra négliger en s’intéressant de préférence à de plus hauts niveaux de stratégie qui, au besoin, sacrifient des pièces et exposent le roi dans des coups apparemment téméraires, mais plus prometteurs au point de vue de la partie dans son ensemble.

Ainsi au cours de la partie les décisions doivent être constamment reportées à des échelons plus élevés de la hiérarchie, possédant plus de degrés de liberté , et chaque commutation vers le haut s’accompagne d’un aiguisement de la conscience et d’un sentiment de libre choix.

Règles et liberté

Généralement parlant, dans ces domaines très élaborés, le code obligatoire (qu’il s’agisse d’échecs ou de grammaire) opère plus ou moins automatiquement, à des niveaux inconscients ou préconscients, alors que les choix stratégiques se font avec l’aide de la conscience focale.

Les degrés de liberté dans la hiérarchie augmentent à mesure qu’on s’élève, et chaque transfert d’attention à de plus hauts niveaux, chaque report de décision à des échelons supérieurs, s’accompagne de l’expérience du libre choix.

Expérience subjective ? Illusoire ? Pas certain, la liberté ne peut se définir qu’en termes relatifs et non pas dans l’absolu : on est libre de quelque chose, par rapport à une contrainte spécifique.

Dans une prison, les détenus ordinaires ont plus de liberté que ceux des quartiers de haute sécurité ; la démocratie autorise plus de liberté que la tyrannie et ainsi de suite.

Règles et contraintes

On retrouve des gradations semblables dans les hiérarchies à niveaux multiples de la pensée et de l’action : a chaque ascension vers un niveau supérieur, l’importance relative des contraintes diminue et le nombre des choix augmente.

Cela ne signifie pas qu’il existe un niveau superlatif libre de toute contrainte

Au contraire, la théorie proposée suppose que la hiérarchie est ouverte sur un recul à l’infini, dans les deux directions, vers le haut comme vers le bas.

Nous avons tendance à croire que l’ultime responsabilité réside au sommet de la hiérarchie, mais ce sommet ne réside pas, il ne cesse de reculer.

1 commentaire

ange (18 juin 11:46)
expliquer cette phrase en donnant des exemples précis : « le jeu concilie la liberté et la contrainte. »
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