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Les prétendants à la Maison Blanche débattent sur l’Irak

publié le mercredi 9 avril 2008

La campagne présidentielle américaine a fait un arrêt au Sénat mardi soir, le temps de l’audition du chef des forces américaines en Irak, le général David Petraeus, qui a été interrogé tour à tour par le futur candidat républicain et les deux prétendants à l’investiture démocrate, Hillary Clinton et Barack Obama.

Alors que M. McCain et Mme Clinton se sont affrontés sur la question d’un retrait des troupes américaines, qui sont engagées depuis plus de cinq ans en Irak, M. Obama a profité de l’occasion pour encore une fois faire valoir sa différence : en effet, alors que ses deux collègues sénateurs avaient voté, en 2002, pour autoriser les opérations militaires, M. Obama n’était pas encore sénateur -mais déjà un ardent adversaire des projets militaires de l’administration de George W. Bush.

Membre de la commission des Relations étrangères du Sénat, le sénateur noir de l’Illinois a dit s’interroger sur la possibilité même d’atteindre les objectifs énoncés par l’administration sortante, à savoir l’éradication d’Al-Qaïda et la maîtrise de l’influence iranienne en Irak. Selon M. Obama, poursuivre les efforts militaires en Irak pourraient bien revenir à maintenir une présence américaine dans le pays pendant encore 20 à 30 ans, le tout en vain.

Pour autant, comme pour rappeler encore qu’il n’aurait jamais cautionné cette guerre, à la différence de sa rivale Mme Clinton avec qui il se trouve au coude à coude dans la course à l’investiture démocrate, M. Obama a souligné qu’un retrait immédiat des troupes, s’il était souhaitable, ne serait pas une victoire. « Si, d’un autre côté, nos critères sont un statu quo désordonné et bâclé mais qu’il n’y a pas d’énormes explosions de violence, qu’il y a encore de la corruption mais que le pays poursuit son chemin tortueux, qu’il n’est pas une menace pour ses voisins et pas une base d’Al-Qaïda, alors cela me semble un objectif accessible dans un laps de temps quantifiable », a-t-il déclaré.

Avant lui, M. McCain a déclaré que son objectif était « un Irak qui n’ait plus besoin des troupes américaines ». Mais « promettre un retrait de nos troupes, quelles qu’en soient les conséquences, constituerait un manque de responsabilité morale et politique », a-t-il averti. Le sénateur de l’Arizona a laissé entrevoir ces derniers temps la possibilité de maintenir une présence américaine en Irak comme celle qui existe en Corée du Sud.

Hillary Clinton a riposté en faisant valoir « qu’il serait juste de dire que ce pourrait bien être irresponsable que de poursuivre une politique qui n’a pas produit les résultats promis encore et encore ». « Il est temps d’entamer un processus ordonné de retrait de nos troupes », a-t-elle affirmé, afin de pouvoir notamment se concentrer sur la situation en Afghanistan.

Le général Petraeus avait préconisé mardi un gel illimité des retraits de troupes après l’achèvement du repli, en juillet, des renforts envoyés l’année dernière par le président Bush. Ce dernier devait annoncer jeudi dans un discours qu’il suivrait les conseils du général. Les deux sénateurs démocrates repartaient de leur côté en campagne en Pennsylvanie mercredi, à moins de deux semaines de la plus importante primaire restante dans la course à l’investiture.

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