Autrefois réservée à la Jet set, la coke est aujourd’hui livrée à prix cassés au domicile de Monsieur et Madame tout le monde. Et c’est le dealer du coin, celui-là même qui officiait jusqu’alors dans le shit, qui assure le service… Attention danger !
En présentant son rapport, l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite de stupéfiants (OCRTIS) a dévoilé deux chiffres consternants : +16% de cocaïne et + 36% d’héroïne saisies en 2005 par rapport à l’année précédente.
A côté de cette bombe qui traduit un grave problème de santé publique, le recul de 2% des saisies au global (-20% pour le cannabis) fait figure de pâle consolation…
A force de voir drogues douces et dures mises dans le même panier, les consommateurs de shit ont-ils prêté l’oreille au discours des nouveaux VRP de la mort ? Car, comme l’explique Le Figaro, « le grand banditisme a cédé le pas à une voyoucratie locale » de sorte qu’il n’est aujourd’hui ni très compliqué ni complètement exclu financièrement (le tarif a diminué de moitié en 10 ans, soit 80 euros/gramme) de se procurer de la coke.
L’Europe, une nouvelle manne pour les trafiquants
La cocaïne vient essentiellement d’Amérique du sud, et l’héroïne d’Afghanistan. Ce sont des « mules », payées 1000 euros le voyage, qui achètent la cocaïne à 6000 euros/ kilo pour la revendre entre 4 et 5 fois plus cher sur le territoire européen.
La production mondiale, estimée à 1000 tonnes par an, se heurte à la saturation du marché nord américain (600 tonnes sont consommées chaque année Etats-Unis). Les trafiquants voient donc en l’Europe de nouvelles perspectives d’écouler le surplus. La zone euro, avec sa monnaie unique et haute en capital or, a, c’est vrai, de quoi faire saliver le marché… Ceci ajouté au fait que le cannabis fait à la fois l’objet d’une pression accrue des services de police internationaux et d’une désaffection de « la mode », on comprend qu’il sera difficile de lutter contre la montée en puissance de la cocaïne.
Quant à l’héroïne, le commissaire Bernard Petit, patron de l’ OCRTIS, déclare, impuissant, dans Libération : « On est assis à côté d’un tonneau de poudre qui n’a pas encore explosé ». Espérons que ceux qui dirigent notre pays comprendront l’urgence d’éteindre la mèche…
Sandra DE VIVIES.
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