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Les croix de bois -1914-1918

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Les Croix de bois , chef d’oeuvre de Roland Dorgelès, est un témoignage exceptionnel sur la Grande Guerre. Avec un réalisme parfois terrible mais toujours d’une généreuse humanité, la vie des tranchées nous est décrite dans toute son horreur et aussi sa bouffonnerie, son quotidien et ses moments exceptionnels.

Il s’engage comme volontaire en août 1914, bien qu’ayant été deux fois réformé. Il n’est pas animé par l’ardeur combattante d’un Péguy, mais par la volonté de ne pas laisser défendre le pays seulement par les autres.

Au front, il garde le moral vaille que vaille en prenant des notes pour ce qui deviendra Les Croix de bois (...)

Dorgelès est un idéaliste qui va déchanter. Il espérait que cette guerre serait "la der des der". Dès 1919-1920, les rivalités entre les hommes et entre les peuples reprennent le dessus (ainsi, les Etats-Unis se retirent de la toute jeune Société des Nations), comme si l’enfer de Verdun n’avait pas eu lieu. (...)

Dorgelès est un bohème marqué à jamais par la guerre. Par sa violence et par l’indifférence : indifférence de ceux de l’arrière pendant le conflit, et indifférence de la plupart après.(...)

Les Croix de Bois raconte la vie dans les tranchées pendant la guerre de 14-18. On partage la vie des poilus : l’arrière, le front, la tambouille, les obus, la camaraderie et la mort. Dans l’ensemble récit classique de la Grande Guerre, ce roman touche par son humanité et sa sensibilité virile.

L’auteur raconte par le menu tout ce qui fait la vie dun poilu, en montrant tout ces petits riens qui permettent au soldat de tenir : les quelques jours à l’arrière, la fille que l’on voit passer, le trou dans lequel on fait son lit, les Copains, surtout les Copains. On trouve parmi eux le Français du début du siècle : le rouge en perpétuelle rebellion, le religieux, les paysans, les chti, les titis parisiens. Tous ceux là partagent, s’engueulent et vivent ensemble joyeusement.

Dans cette ambiance, petit à petit l’auteur nous amène à toucher l’horreur de la Grande Guerre : les bombardements, les gazs, les blessés et les morts. Les croix de bois s’amoncellent dans cette terre de France retournée et labourée par les obus. On se bat sans trop savoir pourquoi, pour un bout de boyau, pour une butte sans arbre... Mais quand on a gagné quelques mètres, quelle fierté quand on revient à l’arrière...

Sans tourner au mélo, Dorgelès nous fait sentir toute l’horreur de la guerre... mais nous fait aussi comprendre que malgré tout -à postériori- cétait le bon temps...

-  Auteur : Roland Dorgelès
-  Disponible en Livre de Poche.

18 novembre 2009

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2 commentaires pour cet article

  • jégo 19 septembre 2009 03:12

    c’est curieux,que dans votre description des personnages vous parliez du rouge en perpétuelle rebéllion.a ma connaissance,et j’ai lu les croix de bois il y a longtemps ,il n’y a pas de rouges du tout,ni aucunes allusions a ce genre de chose.aucuns personnages rouge dans le roman,j’en suis absolument certain.relisez le donc,a téte reposée.

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  • Saxe-volontaire 11 novembre 2008 18:09

    "On oubliera. Les voiles de deuil, comme des feuilles mortes, tomberont. L’image du soldat disparu s’effacera lentement dans le coeur consolé de ceux qu’il aimait tant. Et tous les morts mourront pour la deuxième fois. Non, votre martyre n’est pas fini, mes camarades, et le fer vous blessera encore, quand la bêche du paysan fouillera votre tombe. [...]
    Vous étiez si jeunes, si confiants, si forts, mes camarades : oh ! non, vous n’auriez pas dû mourir [...] Pour raconter votre misère, j’ai voulu aussi, rire de votre rire. Tout seul, dans un rêve taciturne, j’ai remis sac au dos, et, sans compagnon de route, j’ai suivi sagement votre régiment de fantômes [...] Reconnaitrez-vous votre joie, mes camarades ? [...]
    Et maintenant, arrivé à la dernière étape, il me vient un remords d’avoir osé rire de vos peines, comme si j’avais taillé un pipeau dans le bois de vos croix. "

    Soldat inconnu, nous ne t’oublierons jamais !

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