Le sens commun : la bourse ou l’Europe

Convergence, un maître mot quand on parle de construction européenne.

Marché unique, monnaie unique, mais toujours pas de front uni. Certains rêvent d’une défense commune, d’une politique commune... Et, dans le même temps, la seule existante, la PAC, est remise en question. Alors même que la sécurité alimentaire devient un sujet stratégique... L’Europe, une communauté de destin, sans doute... Mais alors, comment expliquer les différents « opting out » ?* Je prends, je prends pas, en fonction de mes intérêts. Il y aurait donc des intérêt divergents !?

Si le Président de Gaulle, cabri mis à part, n’avait pas tendu la main au Chancelier Adenauer, il n’y aurait pas eu d’Europe. Sans volonté politique, pas d’Europe, donc. Or, dans cette Europe qui s’agrandit sans cesse, seul le succès économique paraît confèrer l’exemplarité, et l’idée d’une Europe politique fait long feu. L’argent reste le nerf de la guerre.

Le seul but de l’Europe : atteindre la fameuse « taille critique » ? Pour compter ? Face à d’autres ? La fuite éperdue vers l’Est confirmerait cette idée, mais où en est le projet européen ?

S’étonner qu’un pays dont le fer de lance est le « trading » international refuse l’Euro !?

La polémique est ravivée autour d’un certain pays dont l’entrée signifierait la mort de l’Europe. Mais quelqu’un avait déjà évoqué cette fin en pensant à un autre pays. Or ce pays-là, amateur de l’opting-out, continue de freiner des quatre fers. Parce qu’il ne veut renoncer à son lucratif rôle de courroie de transmission transatlantique, relai actif d’une culture dominante (y compris au niveau juridique) qui passe par sa propre langue.

Or, ce à quoi l’on assiste autour d’Euronext concentre de manière fabuleuse toutes les problématiques. En effet, cet opérateur boursier qui gère les places de Paris, Amsterdam, Bruxelles Lisbonne, et qui, par ailleurs, est significativement présent à Londres via le LIFFE est aujourd’hui en train de balancer entre les offres du New York Stock Exchange (NYSE) et de la Deutsche Börse.

Petit retour sur contexte

En schématisant grossièrement, la Grande-Bretagne a liquidé son industrie. Son économie est fondée sur les services à haute valeur ajoutée. En première ligne, les transactions et services financiers, qui, histoire de les valoriser davantage, favorisent les mouvements de change en livre sterling, sujets à commissions.

Poussant cette stratégie qui consiste à vendre de l’impalpable, le plus cher possible, le London Stock Exchange (LSE) a voulu se vendre. L’épisode de la vente du LIFFE ayant fait école, on laissa grimper les enchères entre Euronext et Deusche Börse. Jusqu’à ce que la note paraisse trop salée... Euronext et Deusche Borse ont alors songé à s’allier.

Une bourse paneuropéenne voilà un réel vecteur de convergence !

Jusqu’à présent, Euronext en était le seul embryon déclaré. Seulement voilà, cela ne change rien au fait que Londres reste la capitale financière de l’Europe. Si ce n’est pas le cas, comment expliquer que toutes les banques européennes y soient si présentes ? La prédominance de la finance anglo-saxonne est un fait qui rend Londres incontournable.

L’équation qui est posée...

Les enjeux autour d’Euronext, même si on ne sait pas encore ce que fera le LSE, correspondent à deux options. Il peut s’agir de :

-  consolider financièrement l’Europe par la voie traditionelle, qui passe par une solution où l’on retrouve une union franco-allemande.

-  s’ouvrir de manière radicale à la finance internationale, ce qui peut sembler inéluctable, en s’offrant le luxe de battre l’outre-manche à son propre jeu. A suivre...

TdLG

*faire un « opting-out » : s’affranchir de l’application de parties de traités tout en se réservant la possibilité d’y revenir (exemple : appartenance à l’espace Schengen ou encore à l’Union Economique et Monétaire)

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