L’anticipation devient le pivot central de la mission globale en matière de renseignement. Qu’il affecte la défense, l’intérieur ou l’économie. Ainsi l’a défini le président Sarkozy en nommant Bernard Bajolet coordinateur principal.
Jean-Marc Trappler
Les prérogatives de Matignon s’effaceront désormais devant un renseignement directement relié à l’Elysée. En contrepartie, l’exercice d’un contrôle délégué à une commission parlementaire au renseignement verra le jour. Le nouveau patron du renseignement français est un homme d’une haute expérience en la matière ; diplomate et ancien ambassadeur de France en Irak notamment, ou il a « pratiqué » les services secrets. Il travaillera en prise directe avec le chef d’état major du président et l’équipe élyséenne dont Claude Guéant sera le patron.
Le futur conseil national du renseignement remplacera le comité interministériel actuel et décidera du maintien ou non des axes de travail en la matière déjà programmés. Le thème de la prolifération nucléaire au Moyen-orient devrait être maintenu.
L’organigramme devrait être opérationnel dès la rentrée prochaine et on peut imaginer que concentration rimera avec agilité d’où la mise en place probable d’une équipe peu nombreuse, tout au plus une quinzaine de personnes dont Nacer Meddah (préfet), Christophe Gomard (défense) et Pierre Lieutaud (contrôleur général de la police nationale), tous choisis par l’Elysée.
Cette restructuration, voulue par Nicolas Sarkozy, devrait permettre une meilleure analyse d’un renseignement centralisé et contrôlé par l’Elysée dont les arbitrages et orientations stratégiques dépendront exclusivement du président.
Reste à en entériner le principe, le Parlement s’en saisira d’ici la fin de l’année. En attendant la réorganisation des directions militaires, les missions dévolues aux anciennes structures restent actuelles
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