Le récit de Camerone

publié le mardi 20 avril 2004

Le 30 avril 1863, 2 000 guérilleros attaquent la 3e Cie du 1erEtranger qui protège la ville de Cámerone. Les 65 légionnaires du capitaine Danjou résistent 10 h (il ne restera plus que 12 blessés qui seront faits prisonniers).

Le récit

L’armee française assiegeait Puebla.

La Legion avait pour mission d’assurer, sur cent vingt kilomètres, la circulation et la securite des convois. Le colonel Jeanningros, qui commandait, apprend, le 29 avril 1863, qu’un gros convoi emportant trois millions en numeraire, du materiel de siège et des munitions etait en route pour Puebla. Le capitaine Danjou, son adjudant-major, le decide a envoyer au devant du convoi, une compagnie. La 3eme compagnie du Regiment etranger fut designee mais elle n’avait pas d’officier disponible. Le capitaine Danjou en prend lui-même le commandement et les sous-lieutenants Maudet, porte-drapeau, et Vilain, payeur, se joignent a lui volontairement.

Le 30 avril, a 1 heure du matin, la 3eme compagnie, forte de trois officiers et soixante deux hommes, se met en route. Elle avait parcouru environ vingt kilomètres, quand, a 7 heures du matin, elle s’arrête a Palo Verde pour faire le cafe. A ce moment, l’ennemi se devoile et le combat s’engage aussitot. Le capitaine Danjou fait former le carre et, tout en battant en retraite, repousse victorieusement plusieurs charges de cavalerie, en infligeant a l’ennemi des premières pertes sevères.

Arrive a la hauteur de l’auberge de Camerone, vaste batisse comportant une cour entouree d’un mur de trois mètres de haut, il decide de s’y retrancher, pour fixer l’ennemi, et retarder ainsi le plus possible le moment où celui-ci pourra attaquer le convoi.

Pendant que les hommes organisent a la hâte la defense de cette auberge, un officier mexicain, faisant valoir la grosse superiorite du nombre , somme le capitaine Danjou de se rendre. Celui-ci fait repondre : « Nous avons des cartouches et ne nous rendrons pas ». Puis, devant la main, il jura de se defendre jusqu’a la mort et fit preter a ses hommes le meme serment. Il etait 10 heures. Jusqu’a 6 heures du soir, ces soixante hommes, qui n’avaient pas mange ni bu depuis la veille, malgre l’extrême chaleur, la faim, la soif, resistent a 2000 Mexicains : huit cents cavaliers, mille deux cents fantassins.

A midi, le capitaine Danjou est tue d’une balle en pleine poitrine. A 2 heures, le sous-lieutenant Vilain tombe, frappe d’une balle au front. A ce moment, le colonel mexicain reussit a mettre le feu a l’auberge.

Malgre la chaleur et la fumee qui viennent augmenter leurs souffrances, les legionnaires tiennent bon, mais beaucoup d’entre eux sont frappes. A 5 heures, autour du sous-lieutenant Maudet, ne restent que douze hommes en etat de combattre. A ce moment, le colonel mexicain rassemble ses hommes et leur dit de quelle honte ils vont se couvrir s’ils n’arrivent pas a abattre cette poignee de braves (un legionnaire qui comprend l’espagnol traduit au fur et a mesure ses paroles). Les Mexicains vont donner l’assaut general par les brèches qu’ils ont reussi a ouvrir, mais auparavant, le colonel Milan adresse encore une sommation au sous-lieutenant Maudet ; celui-ci la repousse avec mepris.

L’assaut final est donne. Bientot il ne reste autour de Maudet que cinq hommes : le caporal Maine, les legionnaires Catteau, Wensel, Constantin, Leonhard. Chacun garde encore une cartouche ; ils ont la baïonnette au canon et, refugies dans un coin de la cour, le dos au mur, ils font face. A un signal, ils dechargent leurs fusils a bout portant sur l’ennemi et se precipitent sur lui a la baionnette. Le sous-lieutenant Maudet et deux legionnaires tombent, frappes a mort. Maine et ses deux camarades vont être massacres quand un officier mexicain se precipite sur eux et les sauve. Il leur crie :« Rendez-vous » !

« Nous nous rendrons si vous nous promettez de relever et de soigner nos blesses et si vous nous laissez nos armes ». Leurs baïonnettes restent menaçantes.

« On ne refuse rien a des hommes comme vous » ! repond l’officier.

Les soixante hommes du capitaine Danjou ont tenu jusqu’au bout leur serment. Pendant 11 heures, ils ont resiste a deux mille ennemis, en ont tue trois cents et blesse autant. Ils ont par leur sacrifice, en sauvant le convoi, rempli la mission qui leur avait ete confiee.

L’empereur Napoleon III decida que le nom de Camerone serait inscrit sur le drapeau du Regiment Etranger et que, de plus, les noms de Danjou, Vilain et Maudet seraient graves en lettres d’or sur les murs des Invalides a Paris.

En outre, un monument fut eleve en 1892 sur l’emplacement du combat. Il porte l’inscription :


-  ILS FURENT ICI MOINS DE SOIXANTE
-  OPPOSÉS A TOUTE UNE ARMÉE
-  SA MASSE LES ÉCRASA
-  LA VIE PLUTOT QUE LE COURAGE
-  ABANDONNA CES SOLDATS FRANÇAIS
-  LE 30 AVRIL 1863
-  A LEUR MEMOIRE LA PATRIE ELEVA CE MONUMENT
.

2 commentaires

)
Des hommes morts pour leur patrie ?! Voilà se qu’ il nous faudrait...
Drystan (15 juillet 22:26)

Voila le comportement de vrai héro. Ces hommes officier ou pas mérite tous de rentré dans nos livre d’histoir. malheuresement je ne me rapelle pas avoir été mis au courant d’un tel acte de bravoure. Et pourtant je vien de passer le bac.

Ces hommes n’ont rien a envié a Superman

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