Le président iranien demande de s’exprimer devant le Conseil de sécurité de l’ONU

Mahmoud Ahmadinejad a demandé officiellement de s’exprimer devant le Conseil de sécurité de l’ONU quand ce dernier votera sur de nouvelles sanctions contre son pays, a annoncé jeudi le président en exercice du conseil, Dumisani Kumalo.

Le Conseil de sécurité a reçu une lettre de la part du président iranien, transmise par l’ambassadeur d’Iran à l’ONU Javad Zarif, selon laquelle M. Ahmadinejad "souhaite participer à cette séance", a indiqué M. Kumalo.

Selon le président iranien, sa requête se conforme à l’article 32 de la charte de l’ONU, a poursuivi M. Kumalo, ajoutant que cette lettre avait été circulée parmi les représentants des pays membres du Conseil de sécurité.

Cet article stipule que "tout membre des Nations Unies qui n’est pas membre du Conseil de sécurité ou tout Etat qui n’est pas membre des Nations Unies, s’il est partie à un différend examiné par le Conseil de sécurité, est convié à participer, sans droit de vote, aux discussions relatives à ce différend".

M. Kumalo a fait savoir qu’il consulterait vendredi les représentants des autres membres du Conseil en ce qui concerne la demande du président iranien. "Il est convenu que le Conseil de sécurité convoquera mercredi prochain une réunion (pour examiner la question nucléaire iranienne)", a ajouté M. Kumalo.

Jeudi, les six pays chargés du dossier nucléaire iranien ( Allemagne, Chine, Etat-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie) sont parvenus à un consensus sur le projet d’une nouvelle résolution de l’ONU destiné à renforcer les sanctions contre l’Iran. Ce texte a été distribué aux pays membres du Conseil de sécurité.

Le projet de résolution annoncé par les six principaux membres du Conseil de sécurité prévoit l’embargo sur les armes conventionnelles que l’Iran peut exporter, l’interdiction de la fourniture de l’assistance financière à l’Iran à l’exception des projets humanitaires, la restriction sur les voyages des Iraniens participant aux activités nucléaires, le gel élargi des avoirs des groupes, sociétés et individus impliqués dans les activités nucléaires iraniennes.

En décembre dernier, le Conseil de sécurité de l’ONU avait adopté une première résolution en donnant un délai de 60 jours à l’Iran pour qu’il se plie devant sa demande de la suspension de l’enrichissement d’uranium. Cette résolution prévoit notamment une interdiction du commerce de matières nucléaires sensibles que l’Iran pourrait utiliser pour produire son carburant nucléaire.

Cependant, l’Iran, qui refuse toujours de renoncer à ses activités d’enrichissement d’uranium, n’a pas assoupli sa position, insistant pour que son programme nucléaire sont "pacifique et légal".

Devant un rassemblement dans la province de Yazd (centre), le président Ahmadinejad a déclaré jeudi que les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU ne pouvaient pas empêcher l’Iran de développer son programme nucléaire.

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