Le Conseil de l’Europe votera la semaine prochaine un rapport visant à défendre la théorie de l’évolution et à maintenir les thèses créationnistes hors des programmes scolaires. Ce texte estime que le créationnisme « peut être une menace pour les droits de l’homme ».
L’examen d’un tel texte par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe souligne que les attaques émanant de groupes religieux contre l’évolutionnisme - phénomène que beaucoup pensaient cantonné aux Etats-Unis - préoccupent les hommes politiques européens. Le rapport note que la campagne contre l’évolutionnisme trouve ses racines dans différentes formes d’extrémismes religieux et constitue une menace dangereuse pour les connaissances scientifiques.
« Aujourd’hui, des créationnistes de toutes confessions cherchent à imposer leurs idées en Europe. On a ainsi pu assister, depuis quelques années, à plusieurs manifestations émanant de ces différents mouvements sur le continent eurasiatique », peut-on lire dans le rapport. « Les établissements scolaires semblent par ailleurs en être la cible privilégiée. »
Le créationnisme prêche que Dieu a créé le monde et tous les êtres qui le peuplent, comme le décrit la Bible. Les sondages réalisés aux Etats-Unis montrent que la moitié des Américains adhèrent à ces idées, qui demeurent très marginales en Europe.
Le rapport, qui sera soumis mardi à l’Assemblée, souligne que les Etats membres du Conseil de l’Europe doivent s’opposer fermement aux enseignements du créationnisme en tant que discipline scientifique qui aurait la même légitimité que la théorie de l’évolution par la sélection naturelle. Il souligne toutefois que les idées créationnistes peuvent faire l’objet de discussions dans le cadre d’études non scientifiques.
Les décisions de l’Assemblée ne sont pas contraignantes pour les Etats membres. Mais le débat et le vote constitueront un baromètre intéressant de l’ancrage de l’évolutionnisme en Europe.
SDA-ATS
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