Le Carnet de Chants des Diables Rouges

publié le vendredi 12 juillet 2002

Voici le carnet de chants des Diables Rouges (152e Régiment d’Infanterie - basé à Colmar, Alsace) :

I - Patrie et traditions

- Chant du 15.2
- Refrain du Régiment
(joué au clairon ou chanté par les Cadres et Soldats pour certaines occasions)


II - Chants de marche

Chant des partisans
La Madelon
Chant du départ
Loin de chez nous
Les Africains
La lune est claire
Ö Sarie Mares
Véronica
Marche des tirailleurs
Les commandos
Les Dragons de Noailles
La montagne
Le gars Pierre
Fanchon
Le chant des marais
Le combat de demain
Les oies sauvages
L' Edelweiss
Souvenirs qui passent
J'avais un camarade
La fille
La Piémontaise
Tamarii Volontaire
La Strasbourgeoise
La Mort
Vive l' Infanterie
Te Sitima

III - Chants de bivouac

Le forban
Marie-Dominique
Eugénie
Alléluia
Kyrie des gueux
La blanche hermine
Les Cosaques
Fleur d' épine
Au 31 du mois d'août
Le gai luron des Flandres
Pelot d'Hennebont

 


 

I PATRIE ET TRADITIONS


Chant du 15.2

Il est né sur les bords du Rhin,
Alors frontière de la France,
Ce Régiment au cœur d'airain,
Dont nous célébrons la vaillance.

Il nous légua de ses soldats,
Ses exploits et ses fiers combats.
Et nous sentons vibrer nos cœurs,
En lisant les noms des victoires,
Qu' un passé rayonnant de gloire,
Inscrivit sur ses trois couleurs.

REFRAIN :
Allons soldats du 152,
Dans nos labeurs,
Portons bien haut les yeux.
Vers la patrie et vers le fier emblème,
Pour qui demain nous serons victorieux.
Scandons nos pas au chocs des baïonnettes,
Sans défaillir marchons allègrement.
Et si la mort vient menacer nos têtes,
Vive toujours notre beau Régiment.


Au pied du clocher de Strasbourg,
Nos anciens ont passé naguère.
Quand vers Loano vers Harbourg,
Le Régiment partait en guerre.

Salut aux pays annexés,
Dont le cœur reste bien Français,
Si Dieu le veut nous bondirons,
Pleins d'enthousiasme et d'espérance
Pour leur donner la délivrance
Aux accents males du clairon.

REFRAIN

Quand aux reflets du soleil d'or
Le Front des Vosges s'illumine
Le Régiment prend son essor
Sur le flanc du roc il chemine.

Il va le long des pins géants
Dédaigneux des ravins béants
A son chef le soldat promet
De marcher toujours plein d' audace
Car c' est pour saluer l' Alsace,
Qu' il faut grimper jusqu' au sommet.

REFRAIN

Quand l' hiver vient au blanc frimas,
La neige tombe qui nous cerne,
Et prétend bloquer nos soldats,
Au seuil des murs de la caserne.

Mais pour braver le mauvais temps
Nous avons nos cœurs de vingt ans.
Nos sommes les gais voltigeurs ,
Toujours dehors à l' avant garde,
Et la France qui nous regarde,
Peut compter sur ses défenseurs.

Refrain du Régiment

Le 152ème,
C'est un beau Régiment.
Il a de grandes gamelles,
Mais rien à mettre dedans.

REFRAIN DE CAMPAGNE

T'as la gueule pleine de merde,
Tu t'en aperçois pas.

Et par Saint Maurice,
Vive l' Infanterie.
Et par Lucifer,
Vive le 15.2.

 


 

II CHANTS DE MARCHE

Le chant des Partisans

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé partisans, ouvriers et paysans,
C'est l'alarme,
Ce soir, l'ennemi connaîtra
Le prix du sang et des larmes .

Montez de la mine, descendez des collines
Camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille
Les grenades.
Ohé ! Les tueurs à la balle et au couteau
Tirez vite,
Ohé ! Saboteurs attention à ton fardeau
Dynamite !
C'est nous qui brisons les barreaux des prisons
Pour nos frères !
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse
La misère !

Il est des pays où les gens au creux des lits
Font des rêves !
Ici, nous vois-tu, nous on marche, nous on tue
Nous on crève !

Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.
Ami si tu tombes un ami sort de l'ombre a ta place .
Demain du sang noir séchera au grand soleil sur les routes.
Chantez compagnons dans la nuit la liberté nous écoute.

La madelon

Pour le repos le plaisir du militaire
Il est là bas à deux pas de la forêt
Une maison au mur tout couvert de lierres
"Aux TOURLOUROUX" c'est le nom du cabaret
La servante est jeune et gentille
Légère comme un papillon
Comme son vin son œil pétille
Nous l'appelons la Madelon
Nous en rêvons la nuit, nous y pensons le jour
Ce n'est que Madelon mais pour nous c'est l'amour

Quand Madelon vient nous servir à boire
Sous la tonnelle on frôle son jupon
Et chacun lui raconte une histoire
Une histoire à sa façon
La Madelon pour nous n'est pas sévère
Quand on lui prend la taille ou le menton
Elle rit, c'est tout le mal qu'elle sait faire
Madelon! Madelon! Madelon!

Nous avons tous au pays une promise
Qui nous attend et que l'on retrouvera
Mais elle est loin, bien trop loin pour qu'on lui dise
Ce qu'on fera quand la classe rentrera
En comptant les jours on soupire
Et quand le temps nous semble long
Tout ce qu'on ne peut pas lui dire
On va le dire à Madelon
On l'embrasse dans les coins
Elle dit "veux-tu finir"
On s' figure que c'est l'autre ça nous fait bien plaisir

Un caporal en képi de fantaisie
S'en vint trouver Madelon un beau matin
Et fou d'amour lui dit qu'elle était jolie
Et qu'il venait pour lui demander sa main
La Madelon pas bête en somme
Lui répondit en souriant
Pourquoi n'épouserais-je qu'un seul homme
Quand j'aime tout un régiment
Tes amis vont venir, tu n'auras pas ma main
J'en ai bien trop besoin pour leur servir du vin

Chant du départ

La victoire en chantant, nous ouvre la barrière
La liberté guide nos pas
Et du nord au midi, la trompette guerrière
A sonné l'heure des combats
Tremblez ennemis de la France
Rois ivres de sang et d'orgueil
Le peuple souverain s'avance
Tyrans, descendez au cercueil

La République nous appelle
Sachons vaincre ou sachons périr
Un français doit vivre pour elle
Pour elle un français doit mourir

Que le fer paternel arme la main de nos braves
Songez à nous au Champ de Mars
Consacrez dans le sang des rois et des esclaves
Le fer béni par nos vieillards
Et, rapportant sous la chaumière
Des blessures et des vertus
Venez fermer notre paupière
Quand les tyrans n'y seront plus

Loin de chez nous

Loin de chez nous, en Afrique
Combattait le bataillon
Pour refaire, à la Patrie | (bis)
Sa splendeur, sa gloire et son renom |

La bataille faisait rage
Lorsque l'un de nous tomba
Et mon meilleur camarade | (bis)
Gisait là blessé auprès de moi |

Et ses lèvres murmurèrent
Si tu retournes au pays
A la maison de ma mère | (bis)
Parles-lui, dis-lui à mots très doux |

Dis-lui qu'un soir, en Afrique
Je suis parti pour toujours
Dis-lui qu'elle me pardonne | (bis)
Car nous nous retrouverons un jour |

Les Africains

Nous étions au cœur de l'Afrique
Gardiens jaloux de nos couleurs
Quand sous un soleil magnifique
Retentissaient ces cris vainqueurs
En criant, en chantant, en avant

C'est nous les africains qui revenons de loin
Nous venons des colonies pour sauver le pays
Nous avons tout quitté, nos parents, nos amis
Et nous gardons au cœur une invincible ardeur
Car nous voulons porter haut et fier
Ce beau drapeau de notre France entière
Et si quelqu'un venait à y toucher
Nous serions là pour mourir à ses pieds (bis)
Battez tambours
A nos amours
Pour le pays
Pour la Patrie
Mourir au loin
C'est nous les africains

De tous les horizons de France
Montant sur le sol africain
Nous allons pour la délivrance
Qui par nous se fera demain
En avant, en avant, en avant

Et lorsque finira la guerre
Nous reviendrons à nos gourbis
Le cœur joyeux et l'âme fière
D'avoir libéré le pays
En criant, en chantant, en avant

Pour le soldat de notre empire
Nous combattons tous les vautours
La faim, la mort nous font sourire
Quand nous luttons pour nos amours
En avant, en avant, en avant

La lune est claire

La lune est claire
La ville dort,
J'ai rendez-vous avec
celle que j'adore.
Mais la Légion s'en va |
Oui s'en va |
Part au baroud, baroud | (bis)
Janine, je reviendrai |
Sans aucun doute |

Et la mitraille
Autour de moi
Elle ne respecte
Pas la loi.
Les légionnaires |
Les plus vaillants |
Tombent sous le feu, le feu | (bis)
Mais ton amour Jeanine |
M'a protégé |

Ô sarie-mares!

Ô Sarie-Mares, belle amie d'autrefois
En moi tu demeures vive
L'amour est plus fort que la pluie et que le vent
Qui peut arrêter son élan?

Oui, je veux revoir
Dans mon vieux Transvaal,
Ma ferme au toit de chaumes.
Où le parfum du miel et les conifères embaument
L'air pur est clair comme un cristal
Où le parfum du miel et les conifères embaument
L'air pur est clair comme un cristal

Ô Sarie-Mares est bien loin de mon cœur
Mais je crois en son amour
Car c'est entre ses bras que j'ai connu le bonheur
Et je veux la revoir un jour.

Lorsque j'étais petit, je croyais qu'un démon
Viendrait me ravir ma maison
Mais lorsque je fus grand, ce fut une horrible guerre
Qui m'emmena loin de mes terres

Véronica

A la sortie de la caserne
Il y a un vieux moulin
Deux jolies filles habitent là
Et chantent soir et matin
La blonde c'est Véronica
Et la brune c'est Marie
Ces jolies filles sont les amours
De toute la compagnie

Pira lala, pira lala
Véronica, Marie
Pour toi Véronica
Ha, ha, ha
Pour toi Véronica
Véronica, Marie

Marche des tirailleurs

Six canons balayaient la plaine
Crachant la mort sur nos lignards
"Mes enfants", dit le Capitaine
"Faites moi taire ces braillards"
Cette réplique étant très nette
Les turcos froncent les sourcils
Et puis au boutde leurs fusils
Ils ajustent leurs baïonnettes

Les turcos, les turcos sont de bons enfants
Les turcos, les turcos sont de bons enfants
Mais il ne faut pas qu'on les gène
Sans cela la chose est certaine
Les turcos deviennent méchants
Ça n'empêche pas le sentiments
Les turcos, les turcos sont de bons enfants

Les turcos sont au moins cinquante
Et ces héros sont beaux à voir
En mourant leur bouche plaisante
Les turcos sont des français noirs
Ils sautent dans l'herbe sanglante
Allah! Ils grimpent à l'assaut
Et quand ils arrivent en haut
Les turcos ne sont plus que trente

Alors sans tambours ni trompettes
On voit bondir nos tirailleurs
En un moment la place est nette
Il ne reste plus d'Artilleurs
Et quand ils cessent de se battre
Les six canons se trouvent pris
Mais eux tous sanglants et meurtris
Les turcos ne sont plus que quatre

Les Commandos

Les commandos partent pour l'aventure
Soleil couchant les salue
Chez l'ennemi la nuit sera très dure
Pour ceux qui pillent et qui tuent

France, ô ma France très belle
Pour toi je ferais bataille
Je quitterai père et mère
Sans espoir de les revoir jamais

En se larguant sur le terrain rebelle
Ils songeront à leur vie
Demain peut-être elle sera éternelle
Ils tomberont dans l'oublie

Si d'aventure la mort les refuse
Ils reviennent jusqu'au port
Ils boiront le champagne qui fuse
A la santé de leurs morts

Les Dragons de Noailles

Ils ont traversé le Rhin
Les fiers dragons de Noailles
Avec les drapeaux ennemis
Ils ont décoré Paris

Lon, lon, la
Laissez les passer
Les français reprennent la lorraine
Lon, lon, la
Laissez les passer
Ils ont eu du mal assez

Ils ont traversé le Rhin
Avec monsieur de Turenne
Au son des fifres et tambourins
Ils ont traversé le Rhin

Ils ont incendié Coblence
Les fiers dragons de Noailles
Et pillé le Palatinat
Ils ont incendié Coblence

La montagne

J'ai laissé là-bas
Dans mon beau pays
J'ai laissé tous mes amis
J'ai voulu partir et je suis parti
Une fin d'après-midi

La montagne était si belle
Que je voulus la revoir
Quand revient le soir
Laisser moi chanter
La chanson du souvenir

J'ai laissé là-bas
Dans mon beau pays
Une fille si jolie
Elle doit pleurer
Et compter les jours
Et prier pour mon retour

Mais je reviendrai
Dans mon beau pays
Pour y rechercher ma mie
Nous nous marierons
Et retournerons bien souvent
Parmi les monts

Le gars Pierre

Le gars pierre est parti à la guerre
Un matin de beau jour de printemps
Il avait une allure si fière
Qu'il partit comme un homme en chantant

T'en fait pas la Marie t'es jolie
T'en fait pas la Marie j' reviendrai
Nous aurons du bonheur plein la vie
T'en fait pas la Marie j' reviendrai

Mais les mois et les années passèrent
La Marie a pleuré bien souvent
En songeant aux beaux jours de naguère
Et surtout quand revient le printemps

Le gars pierre est revenu de la guerre
Toujours jeune et joyeux comme avant
Sans chagrin ni blessure légère
C'est un homme vigoureux à présent

La Marie qui était si jolie
A perdu sa beauté de vingt ans
Quand on pleure on vieillit c'est la vie
Ses grands yeux sont tout gris à présent

Le gars pierre est parti à la ville
Mais il ne reviendra jamais plus
Il y a tant de filles de belles filles
La Marie pour lui n'existe plus

La Marie dans un jour de folie
A couru se jeter dans l'étang
Mais un gars lui a sauvé la vie
Et lui fit oublier ses tourments

Fanchon

Amis il faut faire une pause
J'aperçois l'ombre d'un bouchon
Buvons à l'aimable Fanchon
Chantons pour elle quelque chose

Ah! que son entretien est doux
Qu'elle a de mérite et de gloire
Elle aime à rire, elle aime à boire
Elle aime à chanter comme nous
Oui comme nous

Fanchon préfère la grillade
A d'autre mets plus délicats
Son teint prend un nouvel éclat
Quand on lui verse une rasade

Fanchon quoique bonne chrétienne
Fut baptisée avec du vin
Un bourguignon fut son parrain
Une bretonne sa marraine

Fanchon ne se montre cruelle
Que lorsqu'on lui parle d'amour
Mais moi je ne lui fais la cour
Que pour m'enivrer avec elle

Un jour le voisin la grenade
Lui mit sa main dans son corset
Elle riposta d'un soufflet
Sur le museau du camarade

Le chant des marais

Loin vers l'infini s'étendent
De grands prés marécageux
Et là-bas nul oiseau ne chante
Sur les arbres secs et creux

Ô terre de détresse!
Où nous devons sans cesse
Piocher, piocher, piocher!

Dans ce camps morne et sauvage
Entouré de mur de fer
Il nous semble vivre en cage
Au milieu d'un grand désert

Bruit des pas et bruit des armes
Sentinelles jour et nuit
Et du sang, et des cris, des larmes
La mort pour celui qui fuit

Mais un jour dans notre vie
Le printemps refleurira
Liberté, liberté chérie
Je dirais tu es à moi

Ô terre d'allégresse!
Où nous pourrons sans cesse
Aimer, aimer, aimer!

Le combat de demain

Etait noire la nuit, était rouge le feu
La nation semblait à l'agonie
Plus de chef, plus de foi, un destin malheureux
S'abattait sur la chère Patrie

Les héros d'autrefois nous convient à leur foi
Camarades, groupons-nous en avant
Les héros d'autrefois nous convient à leur foi
Chevaliers, tous ensembles à l'assaut

Tous sont morts et leurs casques rouillés dans le vent
Veillent sur mille tombes fleuries
Dans la steppe au lointain nos chars rythment en grondant
Le refrain de la grande Patrie

Le cri de notre histoire et la terre et les morts
Nous appellent au combat de demain
Nous jurons d'être unis, nous jurons d'être forts
Europe ton avenir est le mien

Etait noire la nuit, était rouge le feu
C'était le moment du grand assaut
Coude à coude en marchant ils chantaient parlant haut
Le refrain de l'hymne des adieux

Les oies sauvages

Les oies sauvages vers le nord
Leurs cris dans la nuit montent
Gare au voyage car la mort | (bis)
Nous guette par le monde.|

Au bout de la nuit qui descend
Voyage grise escadre
L'orage gronde et l'on entend | (bis)
La rumeur des batailles.|

En avant vole grise armée
Et cingle aux mers lointaines
Tu reviendras, mais nous qui sait | (bis)
Où le destin nous mène.|

Comme toi toujours nous allons
Grise armée dans la guerre
Murmure nous, si nous tombons | (bis)
La dernière prière.

L'Edelweiss

L'air pur de la montagne
Nous rends fiers et joyeux
Gravissant la rocaille
Nous grimpons jusqu'aux cieux
Il s'agit de savoir, si l'ennemi dangereux
N'a pas bien avant nous déjà
Pris le point précieux

C'était un edelweiss
Un gentil edelweiss
Qui nous guidait la haut
Vers un dernier assaut

Grâce à notre courage
Nous sommes arrivés
De l'ennemi plus de trace
Nous sommes victorieux
Mais avant de partir, ne serait ce pas gai
D'orner de ce bouquet, nos lourds casques d'acier

Souvenirs qui passent

Souvenirs qui passent,
La vielle caserne oubliée,
Le camp la remplace,
Avec ses feux à la veillée.
Dans la brume grise,
La sentinelle demeure.
Oui, oui, oui...
La sentinelle demeure.

Amis il faut que nous marchions,
Plus loin, toujours plus loin.
Le soleil dore sur les moissons bercées,
Par le vent de juin, le vent de juin

En avant serrons les rangs,
Que retentisse un chant, oui,
Un chant de guerre et de victoire
Qui monte plein d'espoir

Avançons sans répit,
Dans le vent sous la pluie
La chanson sur les lèvres
Calme la fièvre.

Si le sac et trop lourd,
Si les membres sont gourds,
Serrons les dents les gars,
Et à Dieu va.

Après la bataille inhumaine (bis)
Vient un long repos (bis)
Secoue ta peine (bis)
Pavillon haut (bis)

J'avais un camarade

J'avais un camarade
De meilleur il n'en est pas
Dans la paix et dans la guerre
Nous allions comme des frères
Marchant d'un même pas. (bis)

Mais une balle siffle
Qui de nous sera frappé ?
Le voilà qui tombe à terre
Il est là dans la poussière
Mon cœur est déchiré. (bis)

La main il veut me prendre
Mais je charge mon fusil
Adieu donc, adieu mon frère
Dans le ciel et sur la terre
Restons toujours unis. (bis)

La fille

Oh la fille vient nous servir à boire
Les soldats sont là, perce un tonneau
Car la route et longue et la nuit noire
Et demain nous montons à l'assaut

Oh! oh! oh!...
donne-moi la main
Mets-la dans ma main
Adieu la fille, adieu!
Adieu la fille, adieu!
Ton sourire, ton sourire
Ton sourire reste dans nos yeux

Dans le sable et la boue des rizières
Nos aînés ont forgés à vingt ans
Avec leurs souffrances et leurs misères
La victoire écrite de leur sang

Nous n'aimons ni les fous ni les tristes
Et c'est beau de lutter à vingt ans
Et quand l'avion roule sur la piste
Nous chantons calmes et triomphants

Pour nous autres, jaloux de leur gloire
Quand du ciel sur vous sauteront
Vers tout ceux que coûte une victoire
Les soldats, nos frères souriront.

La Piémontaise

Amis, j' ai le cœur à mon aise,
Quand j'ai ma mie auprès de moi,
A tout instant je la regarde, )
Et je lui dit : "Embrasse-moi, embrasse-moi." ) Bis

"Comment veux-tu que je l' embrasse,
Quand on me dit du mal de toi ?
On dit que tu pars pour la guerre, )
Dans le Piémont, servir le roi, servir le roi." ) Bis

"Ceux qui t' ont dit cela ma belle,
Ils t' ont bien dit la vérité,
Mon cheval est à l' écurie, )
Sellé, bridé, prêt à partir, prêt à partir.") Bis

"Quand tu seras dans ces montagnes,
Tu ne penseras plus à moi,
Tu penseras aux Piémontaises )
Qui sont cent fois plus belles que moi, plus belles que moi." ) Bis

"Si fait, si fait, si fait ma belle,
J' y penserais toujours à toi,
Je ferais faire une belle image, )
Toute à la semblance de toi, à la semblance de toi." ) Bis

Quand je serais à table à boire,
A mes camarades je dirais :
"Chers camarades venez voir, )
celle que mon cœur a tant aimé, a tant aimé." ) Bis

"Je l' ai aimée, je l' aime encore,
Je l' aimerais tant qu' je vivrais,
Je l' aimerais quand je s' rais mort, )
Si c' est donné aux trépassés, aux trépassés." ) Bis

Alors, j' ai versé tant de larmes,
Que tous les moulins ont tourné,
Petits ruisseaux, grandes rivières, )
Pendant trois jours ont débordé, ont débordé. ) Bis

Tamarii Volontaire

Matou teie tamarii volontaire
O ta oe iti tau mainei
Te farii nei mato' u ite tuve
O to tato' u hau me tua

Teie mainei to nau Tamarii
Ota oe ite tau mainei
Te hia ua tuna tava Raa
Te vahiote rupe.

Nous voici les enfants volontaires
Que tu as rappelé
Nous acceptons la loi
De notre République.

Les voilà ces enfants
Que tu as rappelé
Leurs perchoirs seront
Sur un endroit posé par la brume.

La Strasbourgeoise

La neige tombe aux portes d'une église,
Ou est assise une enfant de Strasbourg.
Elle reste là malgré le froid, la bise,
Elle reste là malgré le froid du jour.

Un homme passe a la fillette donne,
Elle reconnaît l' uniforme allemand.
Elle refuse l' aumône qu' on lui donne,
A l' ennemi elle dit fièrement :

« Gardez votre or je garde ma souffrance,
Soldat prussien passez votre chemin.
Je suis une fille une enfant de la France,
A l' ennemi je ne tends pas la main.

Ma mère est morte au pied de cette église,
Mon père est mort sur le champ de batailles.
Blessé à mort par l'une de vos balles,
Blessé à mort par l' un de vos boulets.

Vous avez eu l' Alsace et la Lorraine,
Vous avez eu des milliers d' habitants.
Vous avez eu mon père et puis ma mère,
Mais la France vous ne l' aurez jamais"

La mort

La Mort chevauche à travers le pays
Frappant sans choix les héros, les bannis
Fuyez ennemis, sinon vous mourrez
Nous autres face à elle n' avons de regrets
Falalala, falalala
La Mort qui rôde sur nos chemins.

Tremblent devant toi les lâches et les impurs
Car bientôt ils deviendront ta pâture
Nous les chargerons sans te craindre, ô Mort
Car tu es notre amie et nous vaincrons encore
Falalala, falalala
La Mort qui rôde sur nos chemins.

La Mort fauchant, rasant et dévastant
Décime nos rangs, frappant les survivants
Mais le soir venu, nous la chantons
Sana rancune car c' est un vieux compagnon
Falalala, falalala
La Mort qui rôde sur nos chemins.

Un jour enfin tu viendras nous saisir
A tes côtés nous serons fiers de partir
Les dieux des combats nous accueilleront
Alors festoieront et ripailleront
En ton honneur
O Mort qui rôdait sur nos chemins. (bis)

Vive l'Infanterie

Ma mère n'a plus qu'29 poussins
Mais elle en avait trente
Et allongeons la jambe,
Et allongeons la jambe, la jambe
Car la route est longue !...

Ca fait 3 jours que nous marchons (bis)
Gardons courage, nous arrivons
Dans le pays que nous aimons
Laissons les rubis rubans qui volent
Laissons les rubans voler !

Viva, viva l' infanterie
Viva l' infanterie !...

Ma mère n' a plus qu' 28 poussins...

Te sitima

Te sitima, siana faka galo
Aveai siokou foi loto
Te sitima, siana faka galo
Aveai, siokou foi loto.

Refrain
Fakapo, fakapo
Moleke Galo, moleke galo
Ouwallissi ite vaha mamao

Te sitima, siana faka galo
Aveai siokou foi loto
Kaou nofo mote gaasi sino
O faka manatou nayaou mamio

Te sitima tali tali maine
Kae fai kohakou taouine
Kae fai kohakou taouine
Kite finemoui fouli otokou kele.

Le bateau en s' éloignant
Emporte mon cœur
Jamais je n' oublierai
Walis mon pays lointain.

Le bateau en s' éloignant
Emporte mon cœur
J' aurais juste l' image de ton corps
En souvenir de notre amitié.

Le bateau attendra
Que je puisse faire
Mes adieux à toutes les filles
De mon pays.
 



III CHANTS DE BIVOUAC

Le Forban

Vin qui pétille, femme gentille
Sous tes baisers brûlants d'amour, oui d'amour
Dans la bataille, mort aux canailles !
Je vis, je chante et je bois tour à tour.

Je suis Marsouin, que m'importe la gloire
Enfant de roi et de prostituée,
Dans un combat j'ai connu la victoire
Et dans un crâne j'ai bu la liberté,
Vivre d'orgie est ma seule espérance,
Le seul bonheur que j'ai pu conquérir
Vingt ans sur mer ont bercés mon enfance
C'est sur les flots qu'un Marsouin doit mourir

Peut-être au mât d'une barque étrangère
Mon corps un jour servira d'étendard,
Et tout mon sang rougira la galère.
Aujourd'hui fête et demain le hasard,
Allons esclave, allons debout, mon brave,
Buvons le vin et la vie à grands pots,

Aujourd'hui fête et puis demain peut-être
Ma tête ira s'engloutir dans les flots.

Peut-être un jour sur un coup de fortune
Je capturerai l'or d'un beau galion
Riche à pouvoir nous acheter la lune,
Je partirai vers d'autres horizons.
Là, respecté tout comme un gentilhomme,
Moi qui ne fus qu'un forban, qu'un bandit,
Je pourrai comme un fils de roi, tout comme
Finir dedans un bon lit !

Marie-Dominique

J'étaisun soldat de marine
Je venais m'engager pour cinq ans
J'avais vingt ans, belle poitrine
Comme dans le refrain du régiment
Dans les bistrots prés deLourcine
Les Anciens m'en faisaient un plat
Tu verras ce que c'est que l'Indochine
Ecoute la chanson d'un soldat

Marie, Marie-Dominique
Que foutais-tu à Saigon?
Ça ne pouvait rien faire de bon
Marie-Dominique
Je n'étais qu'un cabot clairon
Mais je me rappelle ton nom
Marie-Dominique
Est-ce l'écho de tes prénoms
Ou le triste appel du clairon
Marie-Dominique

C'est ta démarche balancée
Qui effaça tous mes espoirs
Car cette bonne vie si bien rêvée
Ce s'rait idiot de t'en vouloir
Cette chanson de la Coloniale
C'est le résultat en cinq ans
De mes erreurs sentimentales
Selon l'expérience des camps

Je ne savais pas que la chance
Ne fréquentait point les canyas
Et qu'en dehors de la cuistance
Tout le reste ne valait pas ça
Tu m'as fait comprendre des choses
Avec tes petits airs insolents
Et je ne sais quelles apothéoses
C'était le plus clair de mes tourments

Ce fut Marie la tonkinoise
Qui voulut faire notre bonheur
En me faisant passer sous la toise
Dans le vieux cholon ou bien ailleurs
Tu étais rusée comme un homme
Mais ton but je l' voyais pas bien
Avec ta morale à la gomme
Au cour de la Piastre à Nankin

Tu m'as gâté mon paysage
Et l'avenir quand sur le transport
Je feuilletais de belles images
Peintes comme des bouddhas en or
Où sont mes buffles dans la rivière
Les sampans, l'arroyo brumeux
Les congaïs, leurs petites manières
Devant le pouvoir de tes yeux

Eugenie

Eugènie les larmes aux yeux
Nous venons te dire adieu
Nous partons de bon matin
Par un ciel des plus serein

Nous partons pour le Mexique
Nous partons la voile au vent
Adieu donc belle Eugènie
Nous reviendrons dans un an

Ça n'est pas commun du tout
Que de penser à l'amour
Surtout quand il fait grand vent
Par-dessus l' gaillard avant

Alleluia

Nous sommes partis de bon matin avant le jour (ter)
La nuit était comme un four
En chantant
Glory, glory alléluia (ter)
Bon voyage pour les soldats

Longue est la route qui serpente devant nous (ter)
Mais nous irons jusqu'au bout
En chantant
Glory, glory alléluia (ter)
Bon voyage pour les paras

Oui nous irons nous faire casser la gueule en chœur (ter)
Mais nous reviendrons vainqueurs
En chantant
Glory, glory alléluia (ter)
Bon voyage pour les soldats

Kyrie des gueux

Holà marchons les gueux
Errant sans feu ni lieu
Bissac et ventre creux
Marchons les gueux

Kyrie eleïson, miserere nostris (bis)

Bissac et ventre creux
Aux jours calamiteux
Bannis et malchanceux
Marchons les gueux

Bannis et malchanceux
Maudits comme lépreux
En quête d'autres cieux
Marchons les gueux

En quête d'autres cieux
Rouleurs aux pieds poudreux
Ce soir chez le bon Dieu
Frappez les gueux

Ce soir chez le bon Dieu
Errant sans feu ni lieu
Bissac et ventre creux
Entrez les gueux

La blanche hermine

J'ai rencontré ce matin
Devant la haie de mon champs
Une troupe de marins
D'ouvriers, de paysans
Où allez-vous camarades
Avec vos fusils chargés
Nous tendons des embuscades
Vient rejoindre notre armée

La voilà la blanche hermine
Vive la mouette et l'ajonc
La voilà la blanche hermine
Vive Fougère et Clisson

Où allez-vous camarades
Avec vos fusils chargés
Nous tendons des embuscades
Viens rejoindre notre armée
Ma mie dit que c'est folie
D'aller faire la guerre au francs
Moi je dis que c'est folie
D'être enchaîné plus longtemps

Ma mie dit que c'est folie
D'aller faire la guerre au francs
Moi je dis que c'est folie
D'être enchaîné plus longtemps
Elle aura bien de la peine
Pour élever les enfants
Elle aura bien de la peine
Car je m'en vais pour longtemps

Elle aura bien de la peine
Pour élever les enfants
Elle aura bien de la peine
Car je m'en vais pour longtemps
Je viendrais à la nuit noire
Tant que la guerre durera
Comme les femmes en noir
Triste et seule elle m'attendra

Je viendrais à la nuit noire
Tant que la guerre durera
Comme les femmes en noir
Triste et seule elle m'attendra
C'est sans doute pense t elle
Que je suis en déraison
De la voir mon cœur se serre
Là-bas devant la maison

C'est sans doute pense t elle
Que je suis en déraison
De la voir mon cœur se serre
Là-bas devant la maison
Et si je meurs à la guerre
Pourra-t-elle me pardonner
D'avoir préféré ma terre
A l'amour qu'elle m'a donné

Et si je meurs à la guerre
Pourra-t-elle me pardonner
D'avoir préféré ma terre
A l'amour qu'elle 'a donné
J'ai rencontré ce matin
Devant la haie de mon champs
Une troupe de marins
D'ouvriers, de paysans

Les Cosaques

Nous aimons vivre au fond des bois
Aller coucher sur la dure
La forêt nous dit de ses mille voix | (bis)
Lances-toi dans la grande aventure |

Nous aimons vivre sur nos chevaux
Dans les plaines du Caucase
Emporté par le rapide galop | (bis)
Nous allons plus vite que pégase |

Nous aimons vivre auprès du feu
Et chanter sous les étoiles
La nuit claire nous dit de ses mille feux | (bis)
Sois gai lorsque le ciel est sans voile |

Fleur d'Epine

Ma mère qui m' a nourrie n' a jamais connu mon nom, ohé ! (bis)
On m' appelle, on m' appelle,
On m' appelle fleur d' épine, fleur de rose, c'est mon nom.

Fleur d' épine, fleur de rose c' est un nom qui coûte cher, ohé ! (bis)
Car il coûte, car il coûte,
Car il coûte la valeur de cent écus que j' ai perdu.

Qu' est-ce que c' est que cent écus quand on a l' honneur perdu, ohé ! (bis)
Car l' honneur, car l' honneur,
Car l' honneur est privilège des fillettes de quinze ans.

Ne fais pas donc pas tant la fière on t' a vu hier au soir, ohé ! (bis)
On t' a vu, on t'a vu,
On t' a vu hier au soir un beau bourgeois auprès de toi.

Ce n' était pas un bourgeois qui était auprès de moi, ohé ! (bis)
C' était l 'ombre, c' était l' ombre,
C' était l' ombre de la lune qui brillait auprès de moi.

Au trente et un mois d'août

Au trente et un du mois d' août
On vit venir sous le vent à nous
Une frégate d' Angleterre
Qui fendait la mer et les flots
C' était pour attaquer Bordeaux

Refrain
Buvons un coup lala, buvons en deux lala,
A la santé des amoureux
A la santé du Roi de France,
Et MERDE pour le Roi d' Angleterre
Qui nous a déclaré la guerre !

Le capitaine au même instant
Fit appeler son lieutenant,
Lieutenant te sens-tu capable,
Dis-moi te sens-tu assez fort
Pour aller crocher à son bord ?

Le lieutenant, fier et hardi,
Lui répondit capitaine oui !
Faites monter tout l' équipage
Je vais hisser notre pavillon
Qui restera haut, nous le jurons.

Le maître donne un coup de sifflet
Pour faire monter les deux bordées
Tout est paré pour l' abordage
Hardi gabiers, fiers matelots,
Brav' canonniers, mousse et petiot.

Vire lof pour lof en arrivant
Nous l' attaquâmes par son avant.
A coup de haches d' abordage,
De piques, de sabres, de mousquetons,
Nous l' avons mis à la raison.

Que dira t' on du grand rafiot
A Brest, à Londres et à Bordeaux ?
Qu' a laissé prendre son équipage
Par corsaire de six canons,
Lui qu' en avait trent' six et d' bons !

Le gai luron des Flandres

Un gai luron des Flandres
S'en vint en Wallonie
S'en vint, s'en vint en Wallonie

Pour y conter des fables
Des fables de son pays
Trialala, trialala
Des fables de son pays

Heureux qui peut entendre
Entendre de ses chansons
Trialala, trialala
Entendre de ses chansons

Pelot d'Hennebont

Ma chère maman je vous écris que nous sommes entrés dans Paris,
Que je sommes déjà caporal et je s'rons bientôt général.
A la bataille je combattions les ennemis de la Nation,
Et tout ceux qui se présentiont, à grands coups d' sabres j' les émondions.
Le Roi Louis m' a z' appelé, c' est Sans Quartier qu' il m' a nommé.
Sire Sans Quartier c' est point mon nom, j' lui dis j' m' appelle « Pelot d' Hennebont ».
Il attirit un biau ruban et je n' sais quoi au bout d' argent.
Il m' dit bout' ça à ton habit et combat toujours l' ennemi.
Faut qu' ce soit quequ' chose de précieux pour que les autres m' appellent « Monsieur »,
Et bout' lou main à lou chapiau quand ils veulent compter au Pelot.