Créé le 5 juin 1999, le 1er-11e régiment de cuirassiers est l’héritier de deux unités prestigieuses : le 1er RC et le 11e RC. Il appartient à la 3e brigade mécanisée.
Le 1er régiment de cuirassiers est issu d’un régiment levé en 1631 par le duc de Saxe-Weimar, admis au service de la France en 1635. C’est le plus ancien de la cavalerie française. Stationné à partir de 1961 à Saint Wendel, en Allemagne, il a été dissous en 1999 pour former ensuite un groupe d’escadrons à Carpiagne.
Le groupe d’escadrons 1er cuirassiers (GE1) est composé d’un escadron de commandement et de logistique et de trois escadrons à 13 chars de bataille à trois pelotons de chars et un peloton d’appui direct.
Le 11e régiment de cuirassiers descend du Royal Roussillon, créé en 1668, et du Royal Carabiniers, créé en 1693. Baptisé tout d’abord 11e régiment de cavalerie en 1791, il devient, en 1803, le 11e RC. Ce régiment a une histoire assez complexe, son appellation, ses missions et ses composantes changeant plusieurs fois au cours de l’histoire, mais les principes des carabiniers reste le lien entre toutes ces évolutions.
Le groupe d’escadrons 11ème cuirassiers est composé d’un escadron de commandement et de logistique et de trois escadrons de chars de bataille à trois pelotons de chars et un peloton d’appui direct.
A ces deux groupes d’escadrons vient s’ajouter l’escadron d’éclairage et d’investigation n°3 (EEI 3). Créé le 1er juin 1978, à Saint Wendel, en Allemagne, il est issu de la compagnie d’éclairage de brigade du 2e chasseurs. Lors de la restructuration de l’armée de terre, l’escadron est rattaché à la 3e brigade mécanisée. Il prend alors l’appellation d’escadron d’éclairage et d’investigation n°3 à compter du 1er juin 1999 et déménage par la suite au camp MDL KECK, à Carpiagne, au sein du 1er-11e régiment de cuirassiers.
Huit ans après sa création, le 1er-11e RC est opérationnel, capable d’être projeté rapidement grâce à sa situation géographique stratégique. Il multiplie les opérations intérieures et extérieures.
Composé d’un peu plus de 1 500 professionnels et d’un escadron de réserve, le 1er-11e régiment de cuirassiers possède les effectifs les plus importants de toutes les unités stationnées en région terre sud-est. Unis par la fraternité d’armes, ses hommes et ses femmes en constituent la richesse première ; la cohésion est le ciment de cette communauté.
Son implantation
Avec une superficie supérieure à 1 500 ha, le camp de Carpiagne possède de nombreux atouts.
Situé entre deux plates-formes aéroportuaires de première importance : la base navale de Toulon et la base aérienne d’Istres, le 1er-11e RC bénéficie d’un site privilégié en termes de projection.
De plus, ce site offre au personnel du régiment de nombreuses possibilités en termes d’instruction et d’entraînement, grâce notamment à la diversité et au relief de ses paysages, aux pistes à chars, aux stands de tir et aux installations sportives.
Ses missions
La cavalerie blindée se compose des cuirassiers, des hussards, des chasseurs, des chars de combat… Indépendamment de leurs structures et de leurs équipements, leur métier commun consiste à reconnaître, couvrir, contrôler et combattre dans le mouvement.
L’infanterie et la cavalerie sont indissociables et complémentaires :
l’infanterie conquiert et tient ;
la cavalerie blindée prépare au plus loin, enveloppe, renforce et intervient de façon « décisive » : renseignement de contact, manœuvre d’environnement, manœuvre de choc.
La cavalerie blindée est un acteur essentiel de l’engagement interarmes sur tous les terrains. La puissance du feu et la mobilité, tout comme le blindage qu’elle apporte, donnent à la force déployée une aptitude à la réversibilité et une capacité de dissuasion tactique bien adaptée à l’environnement incertain des opérations actuelles.
Le régiment doit maîtriser deux métiers au sein des unités blindées « lourdes », celui du service de son domaine et fonction d’appartenance, et celui du « métier commun » de l’armée de terre. Dans les missions moins contraignantes, la cavalerie blindée doit, sous son format restreint, faciliter les relèves des escadrons sur les équipements projetés.
Les fondamentaux du cavalier blindé sont : initiative, mouvement, réactivité et réversibilité.
Le char Leclerc reste l’outil de supériorité par excellence qui, par sa haute protection et sa force de frappe, contribue à la décision tout en étant, dans les opérations de maîtrise de la violence, fortement dissuasif.
La spécificité du renseignement de cavalerie tient à sa capacité de déploiement lointain, rapide et réactif.
Militaires au 1er-11e RC…
Brigadier Kevin VOLANT,
Pilote / Tireur Leclerc

Rien ne destinait ce jeune Lillois de 21 ans à rentrer dans l’armée de terre ! Ce n’est ni une histoire de famille, ni un rêve d’enfant qui l’a décidé à prendre cet engagement ! C’est en effet lors de sa journée d’appel et de préparation à la Défense (JAPD), alors qu’il est en terminale et s’apprête à obtenir son bac S, qu’il se découvre un intérêt pour le métier de soldat, surtout pour le matériel ; il trouve l’univers militaire « très attractif ».
Le brigadier Volant intègre l’armée de terre en tant que militaire du rang (MDR) à 17 ans et demi et rejoint le 1er-11e régiment de cuirassiers en mai 2005.
Il s’y forge une première expérience professionnelle et en profite pour suivre diverses FSI (formations spécialisées initiales) : une formation de cavalier d’accompagnement -qui consiste à servir autour des véhicules blindés-, une formation de pilote de char Leclerc en octobre-novembre 2005 et une formation de tireur de char Leclerc.
Souhaitant évoluer professionnellement, il passe son certificat militaire élémentaire (CME) en février-mars 2007 et devient brigadier.
Au sein du 1er-11e RC, basé à Carpiagne, le jeune brigadier exerce donc déjà une double spécialité. Il est dans un premier temps pilote de char Leclerc. Il travaille « sur le meilleur char au monde » nous assure-t-il, dévoilant ainsi la passion pour son métier. Etre en permanence au cœur de la technologie y contribue largement !
Il est également tireur de char Leclerc. C’est particulièrement impressionnant car il travaille avec « l’un des plus gros calibres au monde (120 mm) », comme il nous le précise. Et de rappeler : « Peu de personnes ont le privilège d’exercer ce métier ! »
A 21 ans, le brigadier Volant s’est déjà forgé une belle expérience. L’armée de terre, qui a été pour lui une révélation lors de sa JAPD, est devenue une vraie passion. Avec un niveau bac, il exerce un métier passionnant et vit des expériences incroyables.
Le brigadier Volant ne compte pas s’arrêter là et projette de devenir sous-officier courant 2008. Il ne voit pas son passage au sein de l’armée de terre comme seulement l’affaire de quelques années, mais plutôt comme une longue carrière : « Je veux aller jusqu’au bout de mon engagement ! » conclut-il.
Lieutenant Robin GIAMMEI,
Chef de peloton de chars Leclerc

Qui aurait cru que le lieutenant Giammei se destinerait à une carrière au sein de l’armée de terre. Après un bac ES passé à Dakar en 1996, il poursuit ses études à l’institut politique de Lyon jusqu’en 1999.
Sa prépa terminée en 2000, le lieutenant Giammei fait le choix de l’armée de terre en intégrant l’école spéciale militaire (ESM) de St-Cyr dans la filière relations internationales. Pourquoi choisir l’armée de terre ? Pourquoi ne pas continuer ses études dans le civil ? « C’est le côté aventure qui m’a attiré, le côté physique du métier, la prise de risque constante ; ce n’est pas le genre d’expérience que l’on peut vivre dans le civil ! » nous explique-t-il.
Diplômé de l’école d’application de l’armée blindée cavalerie (EA.ABC), il rejoint le 1er-11e régiment de cuirassiers de Carpiagne en août 2004.
Il y exerce le métier de chef de peloton de chars Leclerc, qu’il nous présente : « Le chef de peloton a trois missions majeures : la formation et l’entraînement de ses hommes ainsi que l’engagement en opérations ». Le passionné poursuit : « Je peux aussi bien être en charge de l’instruction physique et technique de mon personnel que diriger des opérations intérieures (OPIN) ou extérieures (OPEX) ! C’est vraiment enrichissant ! »
Le lieutenant Giammei n’est pour l’instant parti qu’une seule fois en OPEX, en Côte d’Ivoire, en 2005, mais ce fut inoubliable. Chef de patrouille d’éclairage et d’investigation, il commandait quatre patrouilles. En outre, tout en étant engagé sur le terrain, le jeune officier n’en a pas pour autant négligé son rôle de formateur. Il en tire d’énormes satisfactions : « Cette OPEX m’a permis de mieux connaître mon personnel mais aussi de découvrir un pays qui m’était inconnu ; j’y ai vécu de véritables aventures ! » Et d’ajouter : « J’ai pu également découvrir des pans de ma personnalité que je ne connaissais pas ; on apprend réellement sur soi dans ce type de situation quelque peu exceptionnelle ! ».
Une chose est sûre : cette OPEX ne sera pas la dernière pour le lieutenant Giammei, qui aspire à devenir commandant d’escadron. Son contrat se termine en 2035 ; ce qui lui laisse de belles années devant lui !
Maréchal-des-logis (MDL) Cyril LEBEK,
Adjoint chef de peloton

Son BEP électronique en poche, le MDL Lebek débute chez les sapeurs pompiers de Paris. Les valeurs de l’armée de terre sont alors loin de lui déplaire : « J’aime la hiérarchie, les rapports humains, le commandement, l’organisation… » Et d’ajouter : « Le métier de soldat est le seul où l’on peut retrouver tout cela. »
Il s’engage en 1994 en tant que militaire du rang (MDR). Après avoir suivi plusieurs formations, notamment celle de chargeur et celle de tireur, il passe son certificat militaire élémentaire (CME) en 1995 et devient caporal.
Le maréchal-des-logis Lebek, ne voulant pas s’arrêter là, il décide de passer son certificat technique du 1er degré à Saumur (Ecole d’application de l’arme blindée cavalerie) et devient chef de char en 1999. Il poursuit son ascension et passe son brevet supérieur de technicien de l’armée de terre (BSTAT) pour devenir sous-officier de carrière.
En 2005, il est alors affecté au 1er-11e régiment de cuirassiers comme sous-officier adjoint d’escadron. C’est dans « ce cadre extérieur magnifique », comme il le précise, qu’il s’occupe du matériel, gère la discipline et participe à la bonne marche du peloton en constituant une véritable aide au commandement pour le chef de peloton.
Du pays, le MDL Lebek en a vu et pas qu’un peu ! A son actif, pas moins de six opérations extérieures en l’espace de huit ans : de la Bosnie en 1995, où il exerce des missions d’observation radio, au Kosovo en 2003, en passant par le Sénégal en 2002, où il est projeté comme chef d’escouade, le jeune sous-officier a déjà fait un petit tour du monde ! Un véritable enrichissement personnel comme il l’explique : « Cela permet d’évoluer, d’appliquer sur le terrain ce qu’on a appris ; on est également investi de responsabilités humaines et techniques, c’est un vrai défi ! »
Le maréchal-des-logis Lebek a déjà envie de repartir ! Mais surtout, il souhaite poursuivre sa carrière militaire le plus longtemps et le plus loin possible. Pourquoi pas comme chef de peloton ? Il reconnaît que l’armée de terre lui a apporté l’opportunité et les responsabilités d’être chef ; « Chance qu’il n’aurait sûrement pas pu avoir ailleurs, et surtout si jeune », conclut-il.
Source : DPMAT
.