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La condition physique des militaires : un impératif opérationnel quelle que soit l’unité d’appartenance

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« Tout militaire a le devoir de développer et de maintenir, par la pratique quotidienne de l’entraînement, une forme physique qui lui permettra d’acquérir la résistance et l’endurance indispensables à l’entraînement physique et sportif dans l’instruction des personnels militaires. Dans des situations de tension, ces personnels doivent être en mesure de garder leur équilibre et de réagir avec sang-froid [...] »
TTA 150, Titre XIV
Par Laurence Musy
La résistance est la capacité de prolonger le plus longtemps possible un effort d’intensité maximum. Par extension, il s’agit d’un effort particulièrement intense mais de courte durée. Dans les épreuves prévues dans le cadre du COVAPI (Contrôle obligatoire de la valeur de l’aptitude physique individuelle) seule la natation correspond à ce type d’effort. L’endurance ets la capacité à prolonger longtemps un effort d’intensité modérée. Cependant tout entraînement harmonieux et bien conduit devrait faire alterner endurance et résistance. Le premier augmente la capacité cardiaque (volume) et entraîne une meilleure utilisation de l’oxygène au niveau du muscle (aérobie) tandis que la seconde augmente l’épaisseur de la paroi musculaire paroliaque (pariétalisation) et favorise la capacité à lutter contre un déficit en oxygène anaérobie. Le TTA 150 prévoit effectivement d’acquérir la résistance et l’endurance.
Le sport, école de volonté
Le sport devrait contribuer à « garder son sang-froid ». Une situation est d’autant mieux maitrisée que l’individu dispose de moyens efficaces pour y faire face. Aussi la pratique du corps à corps dans sa complexité et sa diversité pourait judicieusement se généraliser pour s’adapter aux missions d’aujourd’hui. N’importe qui, quelle que soit sa spécialité peut être amené à patrouiller dans les lieux publics, participer à des missions dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. De surcroit cette aisance reste acquise et confère à son détenteur un supplément de confiance en lui et d’assurance.
Le COVAPI, par définition, se doit d’être un contrôle global, individuel et annuel de la condition physique. Or, il se compose souvent comme suit : épreuves communes interarmées (cooper, natation, grimper), épreuve d’armée (marche course), épreuve décentralisée (cross). Un saisissant manque de diversité dans les épreuves, avec une très nette dominante d’effort de tye endurance. En découle un entrainement lassant, d’où une désaffection de l’activité sportive et, suivant les unités, une sédentarisation insidieuse et progressive des cadres. En outre, un tel COVAPI fournit une évaluation erronée puisqu’il s’agit du même type d’effort pour 3 des 5 épreuves, représentant 49 points sur les 63 possibles, soit 77,7 % de la note globale. L’archaïque raisonnement selon lequel un bon militaire est un militaire qui court bien est toujours d’actualité !
Il reste bien la natation et le grimper de corde. La seule évocation de se « mettre à l’eau » suscite parfois de curieux comportements : l’élément liquide peut exercer une répulsion puissante ! Selon le vieil adage, il n’y a que le premier pas qui coûte, une bousculade opportune par un camarade compatissant rendra la chose plus aisée. Un plouf suivi d’une longeur de barbotage puis d’un bref déplacement sous l’eau fera parfaitement l’affaire...
Les facteurs de la performance
La sacro-sainte volonté dont certains en élèvent la vertu jusqu’au culte s’exprimerait-elle avec plus de noblesse sur terre que dans l’eau ? Il en est aussi qui argumentent que la course est la seule discipline où la volonté s’exprime pleinement, garante d’un brillant résultat. Ce serait ignorer les principes fondamentaux de la performance. Elle est la résultante de 4 facteurs principaux qui s’interpénètrent : le morphologique, le physiologique, le biomécanique et le psychologique. Il est indéniable que les facteurs environnementaux et techniques favorisent aussi la prédominance de la course à pied : peu de matériel, pas d’installations à entretenir... bref une économie de temps et d’argent. Heureusement la situation géographique et/ou la vocation de certaines unités permettent une plus grande variété : ski, escalade, sports de montagne, plongée sous-marine, parachutisme, équitation, sports de combat, etc.
Variante militaire de la course par excellence : le parcours d’obstacle. Alliant technique, souplesse et rapidité, il nécessite l’existence puis l’entretien des installations. Force est de constater qu’elles sont de plus en plus souvent recouvertes de mousse, enfouies dans une végétation exubérante.
L’approche de ces quelques anomalies et des améliorations possibles ne saurait être exhaustive mais suffisante pour susciter une réflexion dans ce domaine, conduire une évolution des mentalités. La condition physique mérite d’être considérée comme un impératif en lien direct avec la capacité opérationnelle de nos forces, apanage actuellement trop exclusif des unités engagées sur des théâtres d’opérations ou à vocation particulière.
2 commentaires pour cet article
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2 mars 2009 15:13
Il parait un peu paradoxal de rappeler cette vérité basique et vitale pour tout combattant qui espère se battre et survivre..... "la sueur épargne le sang". c’est toujours d’actualité et pas prêt de changer.
Pourtant, j’ajouterai une dimension complémentaire qui s’appelle "la rusticité". que l’on a tendance à oublier un peu vite à l’heure du tout électronique, du tout asservi, du tout "appui", du tout...technologique ; celui là même qui a tendance à faire oublier que lorsque le beau matériel (nécessaire au combien) ne veut plus rien savoir, que c’est la capacité du combattant à pouvoir se transformer en "loup maigre ou en sanglier" qui peut lui permettre de faire la différence et de ....poursuivre la mission !
http://militaire.wordpress.com/ -
8 février 2009 17:36
On a pondu des volumes sur le sport militaire depuis des dizaines d’années, mais comme dit votre conclusion, le vieux parcours du combattant développé après 1945 et semble-t-il tombé en désuétude, était une synthèse sur 400 mètres d’exercices qui développent l’endurance et l’agilité. Ceci dit, ne croyez pas que j’en garde un souvenir ému, car je n’étais vraiment pas doué.


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