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RIA Novosti
La visite du général Nikolaï Makarov s’inscrit logiquement dans le processus de reprise des relations entre la Russie et l’OTAN et déjà concrétisé par des rencontres entre les ministres des Affaires étrangères de la Russie et des pays de l’OTAN sur l’île de Corfou, ainsi que par la visite à Moscou du Secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen.
Un accord cadre sur la coopération militaire entre la Russie et l’Alliance a été conclu lors de la rencontre Makarov-Paola. Cet accord et le programme détaillé de la coopération entre les deux parties doivent être adoptés le 6 mai 2010, au cours d’une nouvelle rencontre des chefs d’états-majors généraux.
Quelles formes pourrait prendre cette coopération et dans quelle mesure présente-elle un avantage pour les deux parties ?
La Russie et l’OTAN ont un certain nombre d’intérêts communs, comme la lutte contre le terrorisme, le contrôle de la non-prolifération des armes de destruction massive, la lutte contre le trafic de drogue, la sécurité de navigation, etc.
L’OTAN cherche cependant à s’assurer l’aide de la Russie sur les problèmes importants, notamment en ce qui concerne le conflit afghan. Rasmussen a proposé à Moscou d’étendre sa participation à l’opération effectuée dans ce pays, par exemple en mettant à la disposition de l’OTAN en Afghanistan des hélicoptères, du carburant et des pilotes, ajoutant que la Russie pourrait s’engager à former des policiers afghans « sur son territoire ».
Cette aide, la Russie est prête à l’apporter : le transit des cargaisons de l’OTAN par le territoire de la Russie s’accroîtra, la Russie aidera l’armée afghane à entretenir son parc d’hélicoptères composé presque entièrement d’hélicoptères soviétiques/russes.
Les raisons pour lesquelles la Russie accepte d’apporter un soutien à l’OTAN en Afghanistan sont assez claires : la présence des troupes de l’Alliance dans ce pays permet, pour l’instant, de ne pas avoir à détourner des forces supplémentaires russes en vue de protéger les frontières méridionales de ses partenaires de la Communauté des États indépendants (CEI) et de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC). D’ailleurs, la guerre qui se poursuit en Afghanistan ne renforce nullement l’OTAN et la contraint à rechercher un compromis dans ses relations avec la Russie.
Mais ce compromis-là n’a pas encore été trouvé. L’Alliance cherche toujours à obtenir tels ou tels avantages de la part de la Russie sans rien lui donner de significatif en échange, ce qui suscite des doutes sérieux sur les perspectives réelles de coopération étroite entre la Russie et l’OTAN en tant qu’organisation. Si les dirigeants de l’Alliance maintiennent leur stratégie actuelle, ces rapports resteront probablement à l’état « d’incertitude et de neutralité » car actuellement aucune des parties ne veut et n’est en mesure d’entrer en confrontation directe.
Par conséquent, la forme principale de coopération entre la Russie et l’OTAN sera probablement une participation à toutes sortes de sommets et de séminaires consacrés à différentes questions où elles échangeront des déclarations polies sans prendre de décisions concrètes, en alternant leurs débats avec des manœuvres communes d’ordre humanitaire et pacificateur.
Néanmoins, la nécessité de régler des problèmes urgents perdurera, ce qui explique l’obligation qu’a la Russie d’entretenir des rapports directs avec les pays membres de l’OTAN, et avant tout avec les plus forts d’entre eux.
Les contacts entretenus par la Russie avec l’Allemagne, la France, l’Italie et, ces derniers temps, avec la Turquie semblent les plus prometteurs en ce sens. Les négociations directes avec ces pays permettent d’enregistrer des succès bien plus importants sur un large éventail de problèmes que la coopération avec la structure trop bureaucratique de l’OTAN.
Le développement des relations entre Moscou et Washington est un autre facteur qui déterminera, pour beaucoup, les rapports entre la Russie et l’OTAN dans les années à venir. Sur ce plan, une grande attention doit être accordée au nouveau traité START en voie de négociation par les diplomates de la Russie et des États-Unis car ses dispositions définiront, à bien des égards, le format des relations dans le domaine militaire aussi bien entre la Russie et les États-Unis qu’entre la Russie et l’OTAN dans son ensemble.
Espérons que ces dispositions seront déjà connues d’ici le 6 mai, date de la prochaine rencontre entre les chefs d’états-majors généraux de la Russie et de l’Alliance.
Ce texte n’engage que la responsabilité de l’auteur.
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