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L’arme fatale

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-  Source : Le Républicain Lorrain

Bien sûr, le combat de demain sera technologique, et commandé grâce aux nouvelles techniques de communication. Mais la conquête et la tenue du terrain resteront primordiaux.

En opérations extérieures (OPEX) ou pour la défense majeure du territoire, ce combat sera interarmes, interarmées et souvent aussi multinational. Plus question de s’affranchir de la troisième dimension, ni de l’emploi combiné des différents moyens.

Mais au sol, au contact de l’adversaire pour conquérir l’espace ou le garder, voire pour guider les bombardements de précision, le fantassin demeurera l’une des clés essentielles du dispositif. Déjà son allure s’est profondément modifiée. Son casque en kevlar, son gilet pare-éclats, et un armement très performant ont transformé le soldat d’infanterie. Lorsqu’il s’équipe de lunettes de visée nocturne, de laser de désignation de cibles, il devient même un cyber-soldat.

L’autre donnée de poids qui caractérise désormais l’armée française, c’est sa brigade de renseignement. Basée à Metz, sous le commandement d’un Messin, le général Jean-Pierre Meyer, cette force est dotée de toute une batterie de capteurs. Ils sont humains, avec les dragons du 13e RDP spécialistes de la furtivité, aéroportés avec le radar Horizon monté sur hélicoptère, ou bien encore pilotés avec les "drônes", mini avions de reconnaissance à l’oeil aiguisé. Depuis peu, les blindés du 2e hussards ont renforcé les moyens de cette brigade, dont l’emploi est essentiel au déploiement, puis à la manoeuvre. Vient enfin l’outil de commandement entièrement automatisé, évalué à Bitche lors de l’exercice Aigle-99. Couplé au réseau de transmissions Rita-2 000, le système d’information pour le commandement des forces permet de gérer en temps réel les mouvements de troupes et offre à la France, un outil de commandement dans les OPEX multinationales. Blindé Leclerc de pointe, lance roquettes multiples et hélicoptères Tigre complètent la panoplie d’une armée qui se veut projetable.

De l’électronique ambulante

Un calculateur porté par le combattant
-  Source : Le Télégramme

Le fantassin interactif, c’est pour demain. Face à un adversaire plus nombreux, le combattant de l’avenir compensera son infériorité numérique par l’augmentation de ses fonctions sensorielles : il verra mieux, entendra mieux, communiquera plus rapidement et tirera avec plus de précision.

La base de ce système est un calculateur, porté par le combattant, qui gère les informations de son environnement (caméra-video, capteurs de détection de visée laser ou de bruits, localisation, radio-communications) et ses actions (alertes et information du combattant en temps réel sur l’opération en cours).

Le casque du fantassin du futur le protège contre les balles, les visées laser ou les agressions et lui permet aussi d’observer de jour comme de nuit. Un visuel intégré reçoit les images transmises par une caméra miniaturiée pour voir sans être vu.

Sa tenue, étanche à toute agression extérieure (nucléaire, bactériologique, chimique et feu), lui assure également une protection contre les balles ou les éclats d’obus.

Le fantassin du futur dispose également d’une conduite de tir, surnommée « Vestale », pour son arme individuelle qui réduit le temps d’acquisition des cibles (distance, devers, mouvements de la cible) et augmente la précision du tir grâce à une correction ballistique et à la stabilisation de visée.

Une radio et un système de localisation complètent l’équipement électronique, géré par un calculateur, dont le terminal, un petit écran, est porté sur le poignet.

Premiers essais sur le terrain

-  source : Lepays.net - Édouard COUSIN

UNE CAMÉRA infrarouge fixée sur le canon du fusil mitrailleur, une antenne radio sur une épaule, un positionneur satellite sur l’autre, un écran miniature au poignet et un dispositif de protection laser intégré au casque : le fantassin du futur ressemble un peu à un héros de la Guerre des étoiles, le camouflage en plus.

Depuis le début du mois d’avril 2000, une section du 35e régiment d’infanterie teste les armes et les équipements du soldat de demain. Les hommes du lieutenant Grasser -qui appartiennent à la 2e compagnie du capitaine Santoni- participent à une série d’évaluations techniques. Nom de l’opération : Félin, pour fantassin à équipements et liaisons intégrés.

« Cette expérience est très intéressante pour nous qui sommes professionnels. Nous utilisons peut-être les équipements de l’armée de terre de demain. Les hommes sont super fana car ils testent des armes nouvelles », lance le lieutenant Grasser qui est rentré il y peu de temps de Mitrovica, au Kosovo, avec l’ensemble de sa compagnie. « De plus, on nous demande régulièrement notre avis pour déterminer quelles modifications apporter ou quel équipement privilégier, poursuit le soldat. Après chaque exercice, un débriefing est fait. »

Parmi les matériels plébiscités par le lieutenant du 35e RI et par ses hommes : le gilet pare-éclats et pare-balles souple et plus léger ou encore le fusil d’assaut Famas équipé d’une caméra jour et nuit. « Cela permet par exemple de rester à couvert derrière un mur et de ne sortir que l’arme. L’image est renvoyée sur un écran placé devant les yeux du soldat ou sur son poignet », explique le lieutenant.

« Au total, cette évaluation technique porte sur onze équipements qui n’existent pas encore dans l’armée à l’heure actuelle. Elle a pour but de déterminer quelles armes seront utilisées à partir de 2006 », précise le lieutenant-colonel de Stabenrath, officier de programme au sein de la section technique de l’armée de terre.

Des capteurs médicaux sous le treillis

« Nous mettons au point un système intégré, complet en gardant l’homme au coeur du dispositif. En effet, il est très difficile de remplacer les cinq sens du soldat. » Tous les systèmes de combats, testés à Belfort et autour de la Cité du Lion, seront présentés au comité militaire de l’Otan pendant la dernière semaine du mois de juin. Ces systèmes sont organisés autour de cinq fonctions : « la mobilité, l’agression pour tirer plus vite, plus loin, de jour comme de nuit, les fonctions protection et soutien avec des capteurs médicaux permettant d’avoir l’état de santé du soldat en temps réel et enfin la fonction communication », ajoute le lieutenant-colonel de Stabenrath. Les responsables de la section technique de l’armée de terre ont choisi de faire tester leurs nouveaux matériels par le régiment belfortain pour plusieurs raisons. « D’abord parce que les hommes du 35e RI étaient disponibles pendant cette période mais aussi parce que nous avons souhaité bénéficier de l’expérience des gars qui rentrent du Kosovo », souligne le chef de bataillon De Rochequairie, l’officier chargé de l’évaluation et des tests.

5 juillet 2002

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