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L’Union pour la Méditerranée : pourquoi Alger nous fait-elle attendre ?

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Le président Sarkozy envoie son PM prêcher la bonne parole à Alger. Le moins qu’on puisse observer, c’est que notre chef de gouvernement parle à un mur.

Le cousin de Méditerranée se ferait-il prier ? En tout cas, s’il ne réagit pas aux stimuli, il ne fait pas semblant de dormir pour autant. Bouteflika, en chef d’état avisé, nous réserve sa réponse. Rien ne presse a-t-il déclaré… Côté français, si on en croit notre diplomatie, l’affaire serait entendue.


Par Jacques Trappler


Un projet final dénaturé de l’esprit méditerranéen voulu par Sarkozy

On verra si le « bon accueil » et le « soutien » de Bouteflika, comme le souligne Fillon, est de bon augure. L’Algérie a-t-elle quelque chose de plus à gagner dans cette union ? Certainement. En leadership ; car sans elle, rien ne peut vraiment se faire dans cette région. La posture d’attente est donc toute diplomatique. Alger sera la dernière à s’exprimer sur le sujet alors que sa réaction initiale avait été l’engouement ; mais il est vrai que depuis, le projet s’est quelque peu vidé de sa substance par son amarrage à l’UE. Cette transformation chambarde les intentions premières par la participation des 27.

Les manettes du projet ont déjà quitté les rives de la Méditerranée

Aurait-il fallu imposer la version première ? On est enclin à le penser. Ou tout du moins conserver le leadership du projet au lieu de le « bruxelliser ». Rien de pire pour créer un désordre dont on se demande s’il n’a pas été voulu par certains des 27 pour brouiller les cartes et dissoudre un éventuel pôle de décision situé à Paris...

Qui est le chef de projet aujourd’hui ? De ce point de vue, la position d’Alger n’est pas à blâmer, le suspens a ses raisons. Sarkozy se retrouve, depuis le sommet européen de mars dernier, le c... entre deux chaises pour ne pas dire entre deux rives, rappelé à l’ordre par l’UE qui lui a imposé une révision - à la baisse – de ses ambitions.

Seul un modèle de type euro-méditerranéen déjà pratiqué (Barcelone 1995), mais aux résultats pas fameux a été validé. Autant dire que ce projet gêne. Les torpilles sont prêtes et elles ne viendront pas du Sud…

Quid des autres riverains du Sud ? L’Egypte, la Tunisie, le Maroc, Malte, attendent les décisions qui seront prises à Paris le 13 juillet pour les attributions de sièges et de rôles qu’ils revendiquent dans cette "union".

29 juin 2008

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