L’Iran nie les accusations selon lesquelles deux de ses diplomates, dont le Canada a rejeté les lettres de créance, ont été impliqués dans la crise des otages de 1979. Des Américains avaient alors été enlevés et séquestrés en Iran pendant plus d’un an.
Un représentant des Affaires étrangères canadiennes a déclaré, plus tôt cette semaine, que les deux hommes étaient soupçonnés d’avoir pris part à la crise. Une cinquantaine de membres du personnel de l’ambassade américaine avaient été détenus pendant 444 jours, peu après que l’Iran soit devenue une république islamique.
Le Canada avait secrètement fait sortir une dizaine de diplomates américains hors d’Iran en les hébergeant dans son ambassade à Téhéran jusqu’à ce qu’ils puissent obtenir des passeports canadiens.
Mais le chargé d’affaires iranien, Seyed Mahdi Mohebi, a déclaré mercredi que les lettres de créance des deux hommes avaient déjà été acceptées dans d’autres pays.
L’un d’eux, Ali Reza Nobari, a été ambassadeur en Union soviétique, a-t-il dit. Il a été nommé au poste d’Ottawa par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, il y a environ un an.
L’autre, Ahmad Azizi, a été ambassadeur en Allemagne sous l’administration du président réformateur Mohammed Khatami, selon M. Mohebi.
« Ils n’ont pas été impliqués dans la crise des otages », a assuré M. Mohebi. Ce sont « des diplomates expérimentés », qui travaillent depuis longtemps pour les affaires étrangères, a-t-il soutenu au cours d’une entrevue menée en farsi par La Presse Canadienne.
Le Canada a refusé de reconnaître les deux diplomates désignés par Téhéran, à la suite de la mort de la photojournaliste canado-iranienne Zahra Kazemi dans une geôle de Téhéran en 2003.
Lundi, l’Iran a expulsé l’ambassadeur canadien à Téhéran.
« Nous regrettons la décision de l’Iran d’ordonner à notre ambassadeur de quitter Téhéran, qui est totalement injustifiée », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Maxime Bernier.
Il a ajouté qu’Ottawa avait essayé d’en venir à une entente avec Téhéran au sujet de l’échange d’ambassadeurs, sans succès.
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