L’Afrique reste une plaque
tournante du trafic de drogue, les organisations criminelles
favorisant l’ouest, l’est et le nord du continent comme voies de
transit principales, avec pour effet secondaire une consommation
accrue de drogues, a mis en garde jeudi une agence de l’ONU dédiée
à la lutte contre la drogue.
L’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC)
a déclaré dans un rapport publié récemment que ce continent
devenait rapidement une plaque tournante du trafic de drogue, y
compris de cocaïne, de cannabis et d’autres susbstances chimiques
évoluées illégales, en raison du manque de capacité de ces régions
pour lutter contre les cartels développés de la drogue.
Le représentant de l’UNODC, Carsten Hyttel, a déclaré qu’on
observait une augmentation du trafic de drogue dans presque toutes
les régions d’Afrique, avec des saisies plus importantes de drogue.
« L’Afrique continue d’être exploitée par les organisations de
trafic de cocaïne pour passer leur drogue en contrebande depuis l’
Amérique du Sud vers l’Europe. Si l’Afrique de l’ouest figure en
première place des itinéraires de trafic de cocaïne par l’Afrique,
il est important de rappeler que l’Afrique de l’est, y compris le
Kenya, est aussi sur les cartes des trafiquants de cocaïne », a
dit M. Hyttel.
« L’Afrique accueille des pharmacies illégales sur internet qui
servent de fournisseurs de drogues », a déclaré M. Hyttel lors de
la publication du rapport à Nairobi, réitérant qu’une attention
mondiale était nécessaire sur la crise croissante de la drogue,
soulignant la nécessité de contrôler tous les courriers
internationaux entrant et sortant.
Selon le rapport, de nombreux pays africains sont confrontés à
de grandes difficultés pour fournir des traitements et une
réhabilitation adéquats pour les personnes consommant du cannabis,
les établissements de santé manquant souvent des ressources
nécessaires.
« La part de l’Afrique dans le trafic mondial de cannabis a
augmenté de manière continue, comme en témoigne de nombreuses
saisies de plusieurs tonnes d’herbe et de résine de cannabis en
Afrique au cours de l’année passée », indique le reportage.
« Un effet secondaire du trafic actuel d’héroïne en Afrique
orientale est que la consommation d’héroïne est devenue un
problème dans cette région. De plus, un trafic d’héroïne existe
désormais depuis l’Afrique occidentale vers l’Afrique orientale,
en échange de cocaïne qui est passée en contrebande vers l’Asie du
Sud, région où semble s’être propagée la consommation de cocaïne ».
La culture et la production de cannabis, qui restent la
principale drogue consommée en Afrique, sont en hausse, en dépit
de la diminution sensible de la production de cannabis au Maroc,
premier producteur mondial de résine de cannabis, et en dépit des
efforts intenses d’éradication menés par les autorités.
« Les trafiquants de drogue sont comme l’eau, s’ils sont
bloqués sur une voie, ils en trouvent toujours une autre pour se
répandre. Nous observons une explosion de la cocaïne en Europe
parce que les trafiquants de drogue trouvent de nouvelles voies.
Ils tournent leurs regards vers l’Afrique parce que les cargaisons
envoyées vers l’Afrique ne sont pas suspectées de contenir de la
cocaïne et que par conséquent elles ont de plus grande chance d’
échapper aux contrôles », a dit M. Hyttel.
Les efforts des gouvernements africains pour faire face à ces
problèmes sont freinés par l’absence de mécanismes de contrôle
anti-drogues adaptés et de ressources humaines compétentes, a-t-il
dit.
« Il est à redouter que, si on ne maîtrise pas le problème du
trafic de drogue en Afrique, il pourrait exacerber encore les
problèmes sociaux, économiques et politiques actuels », met en
garde le rapport.
En 2004, les autorités kenyanes ont saisi 1,1 tonne de cocaïne,
un montant record, suggérant également que les traficants
utilisent principalement l’Afrique de l’est comme itinéraire de
transit.
Les autorités kenyanes ont réalisé ces saisies avec l’aide de
la police hollandaise, qui enquêtait sur un cartel international
de la drogue. Le procès des suspects se poursuit et le jugement
est attendu dans quelques semaines.
Bien que la consommation de drogues soit restée limitée en
Afrique, elle marque une augmentation préoccupante.
L’héroïnes est envoyée en grandes quantités par des envois de
courriers et de colis.