Accueil > Articles > Vue d’Amérique, Vue du Québec
Je suis Québécois. Ce n’est pas simple.

Nous savons bien que les « p’tis cousins » français sont préoccupés par leurs élections présidentielles. Nous ne nous étonnons donc pas que notre campagne électorale québécoise ne trouve pas beaucoup d’échos dans les médias de la « mère-patrie ».
Alors je me permets de profiter de la chronique que m’offre les éditeurs du présent site pour vous « distraire » de vos préoccupations immédiates et vous parler de ce que nous vivons de l’autre côté de l’Atlantique.
Nous allons élire notre prochain gouvernement québécois, le 26 mars prochain. Mario Dumont, notre « troisième homme » (notre Bayrou ?) jouit d’une « embellie » dans les sondages. Mais cela ressemble tellement à l’élection précédente.
Quand vient le temps de voter, les citoyens font « œuvre utile » et oublient le « p’tit gars » si gentil, mais si impuissant. A moins que l’exemple du gouvernement (fédéral) minoritaire à Ottawa (pas si mauvais comme résultat !), ne nous amène à vouloir faire le même coup à Québec ? Mais comment assurer un gouvernement minoritaire ? A force de voter pour l’ADQ (le parti de ce « Super-Mario »), ne va-t-on pas laisser « passer » le parti qu’on ne veut pas voir majoritaire ?
Jean Charest, le chef fédéraliste du gouvernement sortant, a laissé sortir la possibilité de la partition du Québec dans l’éventualité d’une sécession. Maintenant il dit qu’il ne l’a pas dit. Mais n’est-ce pas une stratégie ? Faire peur tout en niant l’accusation de « crier au loup » ?
Mais le PQ (Parti Québécois) d’André Boisclair (parti souverainiste) n’est-il pas responsable de ce jeu de lumières et d’ombres ? Ce n’est pas une élection référendaire. Mais le fait de voter pour le PQ affirme qu’on souhaite la tenue d’un (autre) référendum, selon les déclarations répétées du chef. Puis-je voter pour un parti qui promet un référendum sans me préoccuper du contenu de ce référendum ?
A tous les coups de téléphone que je reçois des organisations politiques en voie de monter leur « pointage » (identifier les électeurs favorables pour s’assurer le jour du vote qu’ils aillent voter), je réponds que je n’ai pas pris de décision.
Mais à vous, « chers »lecteurs, je peux dire que je souhaiterais vivre dans un Québec autonome. (On va m’accuser de faire du Mario Dumont qui déclare refuser la « souveraineté » proposée par le Parti Québécois, mais qui affirme refuser le statu-quo. Ambigu à souhait !). Mon problème, c’est que je n’arrive pas à faire confiance au « jeune »chef du Parti Québécois, André Boisclair, et à son « équipe » pour m’y amener. J’aimais bien le réalisme de Madame Marois (candidate défaite à la chefferie de ce parti) qui déclarait que ce passage à l’autonomie serait turbulent. Je suis prêt à assumer, pour l’avenir de mes enfants, la turbulence. Mais quand André Boisclair affirme que cela devrait se passer « en douceur », je me dis qu’une telle naïveté n’annonce rien de bon. Je n’aime pas qu’on me raconte des histoires !
Nos ancêtres ont traversé l’océan sur des coquilles de noix. Ils ont harnaché un territoire qui ne pouvait se soumettre qu’aux âmes trempées dans la foi d’un destin hors du commun. Ils ont quitté une France qui les condamnait à l’exploitation par de petits nobles égoïstes (les ancêtres de nos grands gestionnaires qui accaparent les bonus et les options en bourse, tout en mettant à pied les travailleurs qui ont construit leurs entreprises). Ils ont cru pouvoir offrir un avenir meilleur à leurs descendants. Je voudrais partager la foi de mes ancêtres en notre destin collectif, auquel se sont associés des milliers d’immigrants venus des quatre coins de la terre.
Mais qu’on ne me raconte pas d’histoires ! JAMAIS je ne ferai confiance à des gens qui, méprisant mon courage, tentent de me faire croire que notre destin collectif pourra se construire dans le confort d’un jeu vidéo. Bush a fait le coup aux États-Uniens en leur faisant croire que la guerre d’Irak ne serait qu’un bref épiphénomène apparaissant sur YouTube. .
Je ne suis pas un États-Unien. Je suis un Américain dont la différence s’inscrit dans un héritage français et catholique. Je ne pratique plus l’orthodoxie catholique. Mais j’en conserve les valeurs auxquels j’ajoute celles que m’apportent mes concitoyens d’autres origines. (Le Jésus de mes ancêtres prend des couleurs d’Horus et d’Allah) Je suis francophone dans ma pensée et dans mes modes d’expression. Je cite plus facilement Ronsard et Voltaire (même si ses « arpents de neige » me sont restés bloqués dans la gorge) que Jefferson ou Steinbeck. Même si mon Voltaire prend des couleurs de Jefferson ! (Il faut le faire ! Et pourtant, quand on étudie attentivement l’histoire des relations entre les deux pays à cette époque-là, ce n’est pas si étonnant que cela.) .
Je suis Québécois. Ce n’est pas simple ! Il va falloir que nos amis d’ailleurs aient la patience de nous voir vivre nos contradictions, nos espoirs et nos rêves… dont nous essayons d’éviter la transformation en cauchemars. Mais en cela, nous ne sommes guère différents. Car nous sommes des habitants d’une planète qui se réchauffe… sous l’influence des discours « à effet » d’intolérance communautariste. Nous voulons protéger notre différence qui nous permet d’apporter une contribution originale à l’avenir de notre planète humaine, sans, pour autant, justifier une indifférence qui nous emprisonnerait dans un refus de l’autre qui souhaite contribuer à cette différence en évolution.
Et vous, où en êtes-vous ?
Contactez directement André A.LAFRANCE










Retour haut de page





