J’ai un entretien – je m’y prépare !

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(...) La notion de commandement n’est pas forcement miscible avec celle de management et peut très vite tourner à l’esbroufe ; alors je resterai prudent, jouant davantage de ma formation que du nombre de soldats commandés.

Comme j’ai vraiment l’intention de concrétiser, je m’astreins à une préparation sérieuse.

Avant l’entretien

Je ne pars pas sur le terrain sans un minimum de reconnaissance. L’entreprise qui s’intéresse à moi doit m’être connue ; aussi, avec les moyens du net, je recherche un maximum de renseignements : chiffres, personnels, perspectives, organigrammes, actualité, afin de me forger une identité de la structure.

Par Jacques Trappler

En postulant à l’emploi pour lequel je vais être examiné sous toutes les coutures, j’ai vraiment intérêt à en connaître le contenu en termes de responsabilités, de mission et de perspectives. J’y vais de façon déterminée et informé au maximum. J’évite mon costume de jeune marié, ma cravate has been, et mon jean préféré. Ma tenue sera classique. Si vous ne savez pas comment vous habiller, je vous conseille le look vitrine des grands magasins.

Je n’hésite pas, lors de la fixation de l’heure, du jour et du lieu de l’entretien de demander la durée prévue et le type d’entretien proposé. Je me rappelle que je dois être ponctuel. Un retard de train, d’avion, de bus, de métro, de cheval sera mon problème et me sera négativement imputé, alors je prévois d’arriver avant l’heure, d’effectuer une reconnaissance topographique et de m’offrir un café au bistrot du coin me laissant le temps de relire mes notes. J’en profite donc pour relire les questions écrites la veille ou l’avant-veille, durant la demi heure de ma mise en condition, sans oublier mes petits rituels perso…

Pendant l’entretien

Quelques lapalissades : je dis bonjour et si l’on me tend la main, ma poignée sera dynamique. Mon attitude sera sereine et je ne me mettrai pas à parler pour ne rien dire. A chaque question posée, je réfléchirai à ce que je dirai, m’en tenant à l’essentiel. Au recruteur de solliciter du détail s’il le souhaite. Rien de plus répulsif que d’avoir un moulin à parole, alors attention au minutage. J’éviterai de fantasmer tout haut sur les bataillons d’hommes que j’ai pu commander dans ma carrière militaire ; ce serait le bouillon assuré ! Plus j’enjoliverai plus je m’enfoncerai ! La notion de commandement n’est pas forcement miscible avec celle de management et peut très vite tourner à l’esbroufe ; alors je resterai prudent, jouant davantage de ma formation que du nombre de soldats commandés.

J’insisterai sur les conséquences de mon expérience militaire : facilité extraordinaire d’adaptation prouvée par ma mobilité de carrière tant géographique qu’opérationnelle. Mon extrême capacité à travailler en équipe, prouvée par les éléments de ma carrière militaire (esprit de corps) et la spécificité de l’engagement pour autrui qui caractérise les cadres de l’armée, prêts, en toute circonstance à importer les connaissances de l’entreprise et à y apporter les leurs en toute humilité mais avec conviction.

Je négocie mon salaire

Je ne suis ni Bonaparte ni Alexandre et ceux qui pensent qu’une attitude conquérante et exigeante pourrait être un plus se plantent. Je suis encore moins de Funès dans une de ses supplications de scène. Je reste les pieds sur terre, un salaire en tête, celui constaté généralement dans la profession et celui aussi, raisonnable et non bradé auquel intimement j’aspire. Ma solde actuelle n’est pas l’étalon qui servira à fixer mon nouveau salaire dont le montant sera déterminé par le gain direct et la plus value certaine que je pourrai apporter à l’entreprise. Autrement formulé, ne jamais perdre de vue la notion d’amortissement du salaire ; mon futur patron, mon actionnaire le cas échéant devra faire une affaire en m’embauchant.

Les vertus de l’ancienneté, de mise dans la fonction publique, dont les militaires font partie, n’a plus cours dans le civil. Si je vaux tant parce que je peux rapporter tant, on me propose tant, à moi de détecter la fourchette. Je n’oublie pas que mon expérience ne me donne pas de bonus supplémentaire, tout au plus une petite préférence sur un autre candidat. Si je suis colonel, ce n’est pas forcement un salaire de colonel qui me sera proposé, beaucoup de candidats sont ainsi revenus sur leurs prétentions.

J’offre disponibilité, mobilité, connaissance des hommes, esprit d’équipe et ouverture d’esprit ; qualités que mon interlocuteur saura apprécier et prendre en compte pour fixer ma rémunération.

Erreurs à éviter

-  Parler, parler, parler pour ne rien dire.

-  Evoquer échelons, indices et surestimer ses compétences en espérant impressionner votre interlocuteur.

-  Forcer la main en sollicitant la décision.

-  Surévaluer ses compétences linguistiques. Ce piège s’est refermé sur plus d’un militaire croyant parler l’Anglais, l’Allemand ou l’Arabe alors qu’il était un baragouineur correct.

-  Rester à discuter sur le pas de la porte alors que le recruteur vous a signifié la fin de l’entretien.

Après l’entretien

Je peux demander dans quels délais je serai avisé de la suite donnée à ma candidature et de toute façon, je me manifesterai dès la troisième semaine pour avoir des nouvelles (téléphone, lettre, mail). Il est évident que je n’aurai pas directement le décideur au téléphone, j’utiliserai le moyen de contact suggéré par le recruteur qui m’aura reçu.

Je préconise l’envoi d’un mail remerciant le recruteur de m’avoir reçu en réitérant si c’est le cas, mon intérêt pour le poste.

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27 janvier 2010

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1 commentaires pour cet article

  • Armees.Com 27 janvier 15:47

    POUR RATER SON ENTRETIEN :

    -  Ne visitez pas le site web de l’entreprise avant l’entretien

    -  Ne faites pas la lecture et la relecture de la description du poste

    -  Ne faites pas des copies de votre C.V. pour le jour J

    -  Assurez-vous d’arriver en retard

    -  Ne souriez pas, ne soyez ni positif ni courtois

    -  Ne faites preuve d’aucun dynamisme

    -  Jouez un rôle

    -  Fuyez le regard de votre interlocuteur

    -  Ne démontrez aucun intérêt pour le poste convoité

    -  Ne servez pas d’exemples de vos réussites

    -  Ne posez aucune question pertinentes

    -  N’envoyez pas de mail de remerciement après l’entretien

    -  Ne faites aucun bilan après l’entretien

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