La fraude aux impôts et
cotisations sociales est estimée entre 30 à 40 milliards d’euros
en France, selon le premier rapport du Conseil des prélèvements
obligatoires cité mardi par la presse française.
Le rapport dit que la fraude aux prélèvements obligatoires est
certainement le délit qui, en termes financiers, fait le plus de
victimes. Le rapport évalue précisément son montant entre 29,1 et
40,2 milliards d’euros, soit de 1,7% à 2,3% du Produit intérieur
brut.
Il indique que la TVA est l’impôt le plus fraudé, pour un
montant évalué entre 7,3 et 12,4 milliards d’euros, devant l’impôt
sur les sociétés (4,6 milliards), l’impôt sur le revenu (4,3) et
les impôts locaux (1,9).
Les fraudes sociales représentent entre 8,4 et 14,6 milliards,
dont l’essentiel pour le travail au noir.
"Le montant est équivalent au déficit budgétaire de l’Etat,
soit 36,5 milliards d’euros l’an dernier", souligne le rapport.
Le rapport pointe également du doigt le manque de vérifications
dans l’allocation des prestations sociales, soulignant que près de
75 milliards d’euros de cotisations ne font l’objet de
pratiquement aucun contrôle. Ainsi "ni les cotisations d’assurance-
chômage ni celle de retraites complémentaires ne font l’objet de
vérifications, les régimes concernés ne disposant pas de corps
d’inspection", indique le rapport.
Face à cette fraude qui s’internationalise et est facilitée par
la dématérialisation des prestations de services, le Conseil prône
une coopération renforcée entre administrations et la création
d’un office européen de lutte contre la fraude, sur le modèle
d’Europol, mais aussi une meilleure communication pour changer les
comportements.
Le rapport préconise également la mise en place de contrôles
plus ciblés et mieux adaptés par la Direction générale des impôts
et les Urssaf.
Le Conseil des prélèvements obligatoires, créé par une loi
votée en avril 2005, s’est substitué au Conseil des impôts. Son
premier rapport de 250 pages doit être rendu public le 1er mars.
Le ministre délégué au Budget, Jean-François Copé, a parlé de
ce rapport en disant que la fraude fiscale estimée à un montant
entre 30 et 40 milliards d’euros ne le « surprenait pas » et qu’il
réunirait prochainement les directions concernées pour en tirer
les conséquences.
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