Paris - Des affrontements très violents ont embrasé pour la deuxième nuit consécutive une banlieue au nord de Paris, faisant plus de 80 blessés parmi les policiers. Ces événements font craindre une répétition des émeutes urbaines de l’automne 2005.
Selon une source policière, 82 policiers ont été blessés la nuit dernière à Villiers-le-Bel, à une vingtaine de km de Paris, dont quatre grièvement, certains atteints par des plombs de chasse. Les autorités n’ont pas donné de bilan précis du nombre des blessés, mettant en avant un « souci d’apaisement ».
Une centaine de jeunes, le visage dissimulé par des cagoules, ont jeté des projectiles ou tiré sur les policiers qui ont répliqué à coups de flashball et de gaz lacrymogène. Au total, 63 voitures et cinq bâtiments ont été incendiés à Villiers-le-Bel et dans six communes proches.
Le président Nicolas Sarkozy, qui était en visite en Chine, devait réunir mercredi le premier ministre François Fillon et plusieurs ministres, à la suite de ces violences, déclenchées après la mort dimanche de deux adolescents dans une collision entre leur mini-moto et un véhicule de police à Villiers-Le-Bel.
M. Fillon s’est rendu sur place mardi matin et a annoncé que des renforts de police anti-émeutes seraient déployés dans la soirée. Il faut « tout faire », a-t-il souligné, pour éviter une contagion des violences comme en 2005, où tout le pays avait été touché par trois semaines d’émeutes et l’état d’urgence instauré.
L’un des principaux syndicats de police, Synergie, a estimé qu’un cap avait été franchi avec l’utilisation d’armes contre les policiers, dont un fusil de chasse. Il a estimé que le niveau de violences était « supérieur » à 2005.
De même, le maire socialiste de Sarcelles, une ville voisine de Villiers-le-Bel, également touchée par les violences, a estimé que la situation dans les banlieues était « pire qu’il y a deux ans ». « Il y a deux ans, on s’attaquait aux biens. Là, on s’attaque aux personnes », a déclaré le maire, François Pupponi.
SDA-ATS