La France pourrait reprendre place dans le commandement intégré de l’OTAN, c’est du moins ce qu’à laissé entendre Nicolas Sarkozy lors du sommet de Bucarest en déclarant « nous avons besoin des Etats-Unis et les Etats-Unis ont besoin d’alliés forts. Cela ouvre la porte pour la France à une rénovation forte de ses relations avec l’OTAN ».
Déclaration suivie d’un renfort de quelque 700 hommes de notre contingent en Afghanistan et immédiatement salué par une diplomatie américaine proposant illico ses bons offices.
Par Jacques Trappler
Même si, main dans la main, Nicolas et Angéla nous ont promis un « joli » sommet d’anniversaire à Kehl et Strasbourg en septembre, de vigoureuses oppositions pourraient, d’ici là, gâcher la fête. Utiliser le symbole de circonstance d’une amitié franco allemande expirante pour consommer le retour de la France dans l‘OTAN en plaçant l’événement sous le sceau de la réconciliation européenne et du partenariat atlantique est un pari bien osé.
« en accord avec mon amie Angela Merkel », de tenir en 2009 « le sommet du soixantième anniversaire à Kehl et à Strasbourg, deux villes situées de part et d’autre de la frontière franco-allemande. Ce sera le symbole de l’amitié franco-allemande, de la réconciliation européenne et du partenariat transatlantique ». Ce sommet « viendrait conclure le processus de rénovation de la relation de la France avec l’OTAN ».
Cette réintégration, Chirac l’avait bien évoquée en 1995, exigeant une compensation stratégique : un commandement européen pour le commandement sud de l’OTAN.
Refus des américains. Retrait de la proposition de Chirac. Impensable et non négociable, la sixième flotte US ne pouvait pas être commandée par un européen ! Imaginons le Charles de Gaulle sous commandement étranger pour mieux apprécier la position américaine… Chirac ne s’en tint pas là, il réussit une fois de plus, en 1998 à s’attirer les foudres des américains en proposant aux Britanniques un pilier de défense autonome. L’intérêt des Britanniques s’est, depuis, effrité au point de couper tout crédit supplémentaire en faveur de l’agence européenne de défense présumée mettre en commun les projets, notamment des forces mécanisées. Les Anglais nous taxant - procès d’intention - de vouloir faire cavalier seul en créant un quartier général européen qui agirait indépendamment de l’OTAN en Afrique et plus précisément au Tchad et au Congo.
Un des aspects les plus terre à terre est la crainte de nos amis allemands et britanniques de devoir partager, donc concéder des postes très affectionnés au sein de l’Alliance.
L’arrivée de 2000 officiers français dans le dispositif (contre une centaine aujourd’hui) n’est certainement pas du goût de centaines d’officiers et de fonctionnaires allemands et britanniques bien à leur aise aujourd’hui. Je doute fort que leurs intentions de profiter du rapprochement de l’OTAN avec l’UE pour asseoir leur domination ne se modifient au seul motif de la nouvelle entente.
Renforts français en Afghanistan
Nicolas Sarkozy qualifié d’obsédé atlantiste, par de Villepin et Dumas notamment, ne reçoit pas, le la part de sa majorité même, du blanc seing dont il aurait rêvé. Une opposition qui s’oppose, c’est normal, une majorité qui se divise, c’est un signal : le millier d’hommes promis en renfort par Sarkozy - ou plutôt en remplacement de GI dans l’Est de l’Afghanistan – ne fait pas l’unanimité, que ce soit des politiques ou des militaires. On parle même de « merdier » aux plus hauts niveaux de l’institution.
Et si on tapait à côté de plaque ?
Et si les enjeux, délibérément occultés concernaient les conditions de sécurité de nos approvisionnements, énergétiques, alimentaires (d’actualité) et surtout économiques. Il serait grand temps que l’OTAN se détermine sur les questions d’un modèle occidental en déclin et de proposer une solution pour mettre fin aux convoitises et autres guéguerres partisanes.
« Vers une grande stratégie pour un monde incertain »
Cinq généraux à la retraite dont l’amiral Lanxade ont mis en avant un nouveau concept pour l’OTAN, dans lequel une nouvelle structure de défense, comprenant les Etats-Unis, l’UE et l’OTAN, relèverait les six défis majeurs de notre époque :
• la croissance démographique
• le changement climatique ;
• la sécurité des approvisionnements en énergie ;
• le déclin de la rationalité et la montée de l’irrationnel l’affaiblissement des Etats-nations et les institutions internationales telles que l’ONU, l’UE et l’OTAN ;
• la face sombre de la mondialisation : le terrorisme, le crime organisé, la prolifération des armes de destruction de masse, l’abus des ressources financières ou du contrôle de l’énergie, les migrations de population, le sida et autres épidémies.
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3
commentaires
Tartempion (16 avril 11:26)
Pour faire court, je pense que Sarkosy fait le pari d’un retour de la France dans le commandement intégré en échange d’un feu vert des E.U à la PESD qu’ils refusent pour que cela n’entre pas en concurrence avec l’OTAN qui est à leur botte. Je pense donc que d’une façon générale, c’est un marché de dupes  .
Sur des problèmes hautement sécuritaires (Bouclier anti missile, marchés d’armements ...etc) comme ceux là je reste convaincu que les E.U n’ont pas d’amis et ils n’ont que des intérêts 
L’avenir fera la part des choses
KFS-Lando (16 avril 22:03)
Est-ce que l’on pourrait rappeler pourquoi De Gaulle s’y était opposé ?
Mars (17 avril 10:09)
De Gaulle et l’OTAN
L’attitude du général de Gaulle vis à vis de l’OTAN, passant d’une méfiance affichée dès avant 1958 à sa décision de 1966 retirant nos forces de l’organisation militaire intégrée, s’inscrit dans son dessein de doter la France d’une politique de défense indépendante, tandis qu’évoluaient ses relations avec les gouvernements américains successifs.
Il avait approuvé en 1947 le concours apporté par le plan Marshall à l’Europe renaissante, dont l’armement atomique des États-Unis assurait la couverture face au bloc soviétique. Il avait admis la création du Pacte Atlantique en avril 1949 pour répondre à la menace, mais l’institution subséquente de l’OTAN avec son régime d’intégration des forces avait entraîné une subordination que la France ne pouvait plus admettre.
A son retour au pouvoir en 1958, le général de Gaulle estimait que la France devait retrouver son indépendance : elle était maintenant en mesure d’agir par elle-même en Europe et dans le monde, tandis qu’elle allait se « doter d’une puissance nucléaire telle que nul ne puisse nous attaquer sans risquer d’effroyables blessures ». Il décida de dégager la France de l’intégration réalisée par l’OTAN sous commandement américain, en procédant par étapes, dans le souci de ménager nos relations avec nos alliés.
Dès septembre 1958, il exposa son point de vue dans un mémorandum adressé au Président Eisenhower et au Premier ministre Mac Millan : en bref, le secteur géographique de l’OTAN devait être étendu au monde entier, et la direction de l’Alliance devait être exercée par trois pays et non par les seuls Anglo-Saxons. La réponse ne le satisfaisant pas, le général de Gaulle prit de premières dispositions : la flotte française de Méditerranée fut retirée de l’OTAN en mars 1959 ; le stationnement d’armes atomiques américaines sur le territoire était interdit, et nos moyens de défense aérienne replacés sous l’autorité nationale ; une autorisation annuelle de survol devait être demandée pour les appareils alliés ; nos unités ramenées d’Algérie ne seraient pas intégrées dans l’OTAN. Une offre d’armes atomiques américaines dont la France n’aurait pas le contrôle exclusif fut refusée. Enfin, le programme nucléaire, lancé par la IVe République, devint prioritaire, pour aboutir à l’explosion de la première bombe atomique française, le 13 février 1960, à Reggane, au Sahara.
Ces décisions furent fort mal ressenties par les États-Unis, et critiquées par les autres alliés. Le général de Gaulle affirma que la solidarité de la France n’était aucunement modifiée. La tension sur Berlin en 1961, puis la crise de Cuba en 1962, lui donnèrent l’occasion de préciser au Président Kennedy qu’en cas de guerre, la France serait aux côtés des États-Unis.
Après l’assassinat du Président Kennedy, les relations se tendirent avec l’administration Johnson qui préparait un renforcement de l’intégration et adoptait la doctrine de la riposte graduée, rendant douteuse la garantie nucléaire américaine. Ceci incitait le général de Gaulle à accepter de moins en moins l’intégration, qui privait la France de moyens autonomes et risquait de l’entraîner dans des conflits qui n’étaient pas les siens, tandis qu’il désapprouvait l’engagement américain au Vietnam qui allait s’intensifiant.
Le général de Gaulle annonça le 7 mars 1966 au Président Johnson le retrait de la France de l’organisation militaire intégrée. Le 1er juillet, les représentants français quittaient les organismes militaires. Les États-Majors de l’OTAN de Versailles et Fontainebleau furent évacués le 1er avril 1967.
Cependant le général de Gaulle maintenait la participation française au Conseil Atlantique. La France restait membre de l’OTAN et de ses organismes autres que la structure militaire intégrée. Des instructions étaient données pour que soit préparée une coopération des forces françaises et des forces de l’OTAN en cas de guerre, soumise à une décision de participation de la France. Les accords Lemnitzer-Ailleret préparaient dans tous les domaines l’éventualité d’une intervention de la France aux côtés des Alliés. Enfin la France maintenait en République fédérale d’Allemagne ses unités terrestres qui y étaient stationnées.
Ainsi s’était réalisé le dessein du général de Gaulle de voir la France recouvrer toute sa souveraineté.
A l’étranger les réactions furent vives, aux États-Unis où eurent lieu des manifestations hostiles à la France, mais aussi en Grande-Bretagne, en Hollande. Les Allemands étaient inquiets. Un sentiment d’incompréhension dominait. Les Soviétiques applaudissaient et d’aucuns voulurent accroître la portée du voyage qu’accomplit le général de Gaulle en URSS en juin 1966.
Pendant deux ans le débat stratégique franco-américain resta vif, mais le général de Gaulle entendait demeurer fidèle à l’alliance avec les États-Unis. La tension retomba à la fin de 1968, avec l’élection du Président Nixon, bien disposé à l’égard de la France, et le général de Gaulle noua avec lui des relations confiantes. Il décida de reconduire l’adhésion de la France au Pacte Atlantique lors de l’échéance de 1969.
La doctrine stratégique du général de Gaulle fut préservée pour l’essentiel jusqu’à l’effondrement du bloc soviétique.
Source : http://www.charles-de-gaulle.org
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