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RIA Novosti
On sait que les armements nucléaires modernes ne se résument pas aux missiles, silos et sous-marins. Ils s’appuient aussi sur des moyens d’information spatiaux utilisant des satellites de liaison et d’autres, notamment du Système de prévention contre les attaques de missiles. Aujourd’hui, la possibilité d’obtenir des données sûres au sujet d’une attaque nucléaire est, au même titre que les mesures visant à la repousser, une constante incontournable de l’efficacité de l’emploi des systèmes de missiles stratégiques.
Autrement dit, il s’agit de créer des systèmes de missiles capables d’agir dans les conditions d’une défense antimissile active, qui plus est, aussi bien amie qu’ennemie.
Citons l’avis émis à ce sujet par Iouri Solomonov, directeur de l’Institut moscovite de thermotechnique, un des principaux concepteurs des systèmes de missiles stratégiques russes.
"Il est impossible de créer des systèmes stratégiques prometteurs sans les adapter aux conditions d’un large déploiement des systèmes de défense antimissile, entre autres, au moyen d’éléments basés dans l’espace. Nous avons ici, et cela fait même l’objet de publications dans la presse, les deux composantes des systèmes de défense antimissile.
Par conséquent, du point de vue de l’attaquant, c’est un moyen de frappe. Qui plus est, ce genre de moyens, comme nous l’avons lu dans la presse, notamment étrangère, peuvent déboucher ou bien sur une frappe cinétique dans un secteur extra-atmosphérique, ou bien sur l’utilisation de divers armements conçus à partir de nouveaux principes physiques.
Ces principes fondamentaux doivent être employés par le concepteur dans le développement des systèmes appelés à remplacer les armements existants dans ce domaine".
On peut en tirer trois conclusions. Premièrement, une puissance détenant des missiles nucléaires doit posséder un important groupe de satellites destinés à fournir des informations. Deuxièmement, il faut déployer ses propres moyens actifs de défense antimissile. Troisièmement, tout cela doit fonctionner comme un seul organisme ayant pour but d’assurer la défense du pays contre les moyens stratégiques offensifs.
A vrai dire, le déploiement du système russe de défense antimissile ne pourra avoir lieu dans un futur proche en raison d’une base matérielle et technique trop faible et de l’absence de décisions politiques en ce sens. Mais un autre fait est tout aussi alarmant. Il est aujourd’hui impossible de parler d’un système efficace de prévention contre les attaques de missiles.
Au début de cette année, il ne restait en orbite que trois satellites russes de pré-alerte. Il est donc inutile d’évoquer quelque système de missiles unifié d’information et de frappe que ce soit.
La situation n’est pas meilleure en ce qui concerne l’information au sol. La Russie a renoncé, pour des raisons économiques et politiques, à utiliser les radars de pré-alerte situés sur le territoire ukrainien, à Sébastopol et Moukatchevo. En même temps, l’entrée en service opérationnel de la station radar d’Armavir, qui doit combler la "lacune" ainsi apparue, est sans cesse reportée.
D’après une information parue fin juin, un nouveau satellite appartenant au Système de prévention contre les attaques de missiles a été mis en orbite. Mais, malheureusement, il est encore prématuré de parler d’une adaptation des systèmes de missiles stratégiques russes aux exigences contemporaines.
Par Andreï Kisliakov, RIA Novosti
Les opinions exprimées dans cet article sont laissées à la stricte responsabilité de l’auteur.
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