Fortis, Dexia, Lehman, JP Morgan, AIG… aucun établissement financier n’est épargné par la crise. Alors que BNP a repris Fortis hier pour 15 milliards d’euros, les grands États d’Europe se sont accordés pour soutenir ses banques, notamment l’Allemande Hypo Real Estate. Vendredi, le Congrès américain a adopté le plan Paulson de 700 milliards de dollars pour tenter de sauver le secteur financier
Merkel, Sarkozy, Brown : les grands états européens se mobilisent pour sauver leurs banques lors de la réunion du G4 samedi à Paris
Quatre mousquetaires face à la crise
Ce week-end, l’actualité internationale a été principalement rythmée par la crise financière. Partie des Etats-Unis, elle commence en effet à produire ses effets dévastateurs en Europe, où Nicolas Sarkozy avait réuni à l’Elysée, samedi après-midi, les trois autres membres européens, avec la France, du G8. Aux côtés des présidents de l’Eurogroupe, de la Banque centrale et de la Commission, le président de l’UE en exercice est parvenu à mettre d’accord Angela Merkel, Silvio Berlusconi et Gordon Brown. Ce G4 de circonstance a signé un accord de principe pour assouplir le pacte de stabilité, et agir de façon coordonnée pour protéger ses banques en difficulté et sanctionner ses dirigeants. La chancelière allemande tient cependant à ce que chacun se concentre sur des actions nationales en respectant une concurrence loyale, pointant ainsi du doigt l’initiative de l’Irlande d’offrir des garanties à certaines de ses grandes banques.
Un plan Paulson et ça repart ?
Les Etats-Unis ont aussi fait bloc finalement face à l’étendue de la crise. Après avoir été critiqué, notamment par une importante partie de la population, le plan Paulson a été adopté vendredi par le Congrès pour injecter 700 milliards de dollars de liquidité dans les rouages des banques à la déroute.
Il doit permettre au secrétariat du Trésor de racheter les actifs sans valeur actuellement, pour restaurer la confiance du système bancaire et ainsi maintenir à flots le crédit. Mais les analystes s’accordent à espérer un arrêt de la chute des prix de l’immobilier pour que ce sauvetage produise des résultats à long terme.
Fortis, Dexia, Lehman et les autres
Il fallait s’y attendre : les banques européennes ont commencé à montrer des signes de grande faiblesse à cause des pertes de leurs filiales américaines. Le pouvoir public est du coup monté au créneau. L’Etat français a assuré Dexia de son soutien par le biais de la Caisse des dépôts, tandis que la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg se sont associés vendredi pour nationaliser Fortis en partie, avant de céder les filiales française, belge et luxembourgeoise à BNP Paribas contre 15 milliards d’euros.
La banque immobilière allemande Hypo Real Estate comptait elle sur un plan de sauvetage de 35 milliards d’euros, mais le consortium de banques à son origine s’est finalement retiré. Dépendante du marché interbancaire, HRE aurait besoin de 20 milliards d’euros de liquidité d’ici la fin de semaine, depuis notamment le dépôt de bilan de la banque américaine Lehman Brothers.
On en sait d’ailleurs plus sur la banqueroute de cette dernière. Selon un document déposé au tribunal des faillites de New York, JP Morgan y aurait contribué en gelant 17 milliards de dollars d’actifs appartenant à Lehman, deux jours avant son dépôt de bilan le 15 septembre.
Enfin, American International Group, autre géant américain qui s’est découvert des pieds d’argile après de lourdes pertes sur les marchés du crédit immobilier, a décidé de vendre ses trois filiales d’assurance-vie au Japon pour se recentrer sur ses activités d’assurance dommage. AIG espère récolter un produit de 9,5 milliards de dollars, en plus des 61 milliards déjà tirés de la ligne de crédit de 85 milliards ouverte par la Réserve fédérale.
Nicolas MANGIN.
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