D’heure en heure hier, plusieurs banques européennes ont entamé leur naufrage. Et les gouvernements leurs plans d’aide d’urgence. Alors que les indices boursiers dégringolent, l’Elysée doit réunir ce matin les organismes financiers pour décider quoi faire. Hier aux Etats-Unis, le plan Paulson a été rejeté par la Chambre des Représentants provoquant la chute historique de Wall Street (-6,98%)
Le géant belgo-néerlandais de la banque et de l’assurance Fortis peut envisager sa survie grâce 11,2 milliards d’euros injectés par les trois gouvernements du Benelux
Les places boursières européennes ont connu hier une journée cauchemardesque. Et le pire est sans doute à venir puisque le plan Paulson a été rejeté hier aux Etats-Unis par la Chambre des Représentants. Un effet contagion est à craindre, car la dégradation du secteur bancaire US peut fragiliser l’ensemble de l’économie mondiale rapidement. Ainsi, Wall Street a connu une chute historique : - 6,98% et le Nasdaq -9,14% !
Hier, à Londres, l’indice Footsie-100 cédait 5,30%, Francfort lâchait 4,23 % et Paris dégringolait de 5,04 % en fin de séance : le CAC 40 est retombé sous le seuil des 4.000 points pour la seconde fois depuis le 18 septembre, alors que ça ne s’était pas produit en 3 ans.
Les investisseurs ont le moral dans les chaussettes et font sentir leurs inquiétudes qui semblent d’autant plus sérieuses que les indices pâtissent aussi du recul des valeurs énergétiques : signe que les marchés craignent un fort ralentissement économique.
A Wall Street, ExxonMobil, première capitalisation du Dow Jones, perdait ainsi près de 4% dans les premiers échanges.
Un château de cartes
Depuis hier, les marchés réagissent d’heure en heure aux mauvaises nouvelles or, les banques européennes s’effondrent les unes après les autres. En moins de 48h, le Royaume Uni a nationalisé Bradford and Bingley une banque britannique spécialisée dans l’immobilier ; les états belge, luxembourgeois et néerlandais ont récupéré 49% de Fortis ; et l’Allemande Hypo Real Estate a été sauvée de la faillite par une action conjuguée des autres établissements du pays, qui lui ont prêté plusieurs milliards d’euros, avec la garantie de l’Etat. La Belgique se prépare à récupérer Dexia, tandis que se tenait hier soir en France un conseil d’administration exceptionnel.
Car les bonnes nouvelles comme les interventions des banques centrales, ou garanties proposées par les gouvernements ne suffisent pas à calmer les mieux intentionnés.
Ainsi la BCE qui intervient régulièrement depuis l’américaine crise des subprimes a-t-elle débloqué encore hier 120 milliards d’euros à destination du marché monétaire. L’idée étant de fournir aux banques suffisamment de liquidités pour ne pas les laisser s’assécher. L’instance européenne assure qu’elle continuera le temps nécessaire, au moins jusqu’à fin 2008.
Mais, tous ces plans d’urgence qui visent à remettre le crédit en marche ne peuvent proposer des solutions qu’à très court terme. L’Elysée, qui assure que la France n’est pas encore touchée, doit convoquer ce matin l’ensemble des PDG des principales banques et compagnies d’assurances françaises pour faire le point sur leur situation.
Madeleine GARDE.