L’ancien chef de la diplomatie soviétique livre à RIA Novosti son sentiment sur la transition historique URSS-CEI ainsi que sur la campagne présidentielle en cours en Géorgie.
A la veille de l’anniversaire de la signature des accords sur la dissolution de l’URSS et la fondation de la CEI (Communauté des Etats indépendants), M. Chevardnadze a reçu dans sa résidence de Krtsanissi le chef de la représentation de RIA Novosti en Géorgie Bessik Pipia.
Q : Le 21 décembre 1991, à Alma-Ata (Kazakhstan), 8 républiques soviétiques rejoignirent la Russie, la Biélorussie et l’Ukraine en signant la Déclaration mettant fin à l’existence de l’URSS et donnant naissance à la CEI. Comment en était-on arrivé là ? Estimez-vous que le processus de transformation de l’Union soviétique en CEI était inévitable et pourquoi ?
M. Chevardnadze
R : A la fin des années 80, tout indiquait que l’Union soviétique était vouée à la désintégration. L’éclatement de l’URSS fut précipité, entre autres, par l’antagonisme entre Mikhaïl Gorbatchev et Boris Eltsine. Le premier se prononçait naturellement pour une Union soviétique en tant qu’Etat unique, mais Boris Eltsine était déjà devenu président de la Russie (Il devient le 29 mai 1990 président du Soviet suprême de la République socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR), puis président de la RSFSR (premier président russe) le 10 juillet suivant, ndlr.). Peut-être Eltsine était-il lui aussi pour le maintien de l’Union soviétique, mais les deux hommes se haïssaient. Nous autres, c’est-à-dire leur proche entourage, avions essayé de les réconcilier et de mettre fin à leur joutes verbales. Mais en vain.
Ensuite, le processus fut accéléré par le putsch contre Mikhaïl Gorbatchev, plus précisément contre le président de l’URSS. J’avais démissionné avant ces événements. Au ministère des Affaires étrangères, dont j’avais assumé la direction, environ 30% des employés étaient agents du KGB. Selon leurs renseignements, une contre-révolution était en préparation. J’avais parlé à certains d’entre eux, sans réussir à persuader personne. Alors, en signe de protestation, je présentai ma démission.
J’avais dit à l’époque : « J’ai à faire la déclaration la plus courte de toute ma vie. La dictature approche, personne ne sait quelle sera cette dictature ni qui sera le dictateur, qui arrivera (au pouvoir) ni ce qu’il adviendra de la perestroïka, de la démocratie, etc. ». On m’avait demandé de rester, mais j’avais quitté la salle, j’étais monté en voiture et j’étais rentré chez moi.
A peu près un mois et demi plus tard, Mikhaïl Gorbatchev arriva à Foros (Crimée) pour s’y reposer. Mais, à mon avis, il fit d’abord escale à Minsk où il déclara aux dirigeants locaux que la menace de la dictature était réelle et demanda aux partisans de la perestroïka de faire preuve de prudence et d’empêcher l’instauration de cette dictature.
Puis il y eut le putsch du GKTchP (Comité d’Etat pour la situation d’urgence), et les rapports entre les présidents de l’URSS et de la Russie s’envenimèrent encore plus. Il était impossible d’arrêter la désintégration de l’Etat.
Q : La Géorgie a adhéré à la CEI deux ans après la fondation de la communauté. Lui a-t-on forcé la main ou était-ce une décision volontaire ?
R : Je n’aspirais pas à adhérer à la CEI, je ne brûlais pas d’envie de le faire. Après avoir lu les statuts de la communauté, j’avais constaté que cette organisation ne pourrait remplacer l’Union soviétique. Mais Boris Eltsine insista beaucoup, il me téléphona plusieurs fois. Je n’étais pas contre, mais la Géorgie avait déjà un parlement, dont 30 à 40% des députés étaient opposés à l’adhésion à la CEI qu’ils associaient à l’Union soviétique.
Environ deux ans après, au cours d’un séjour à Moscou, j’avais rencontré Boris Eltsine et lui avais déclaré être disposé à rejoindre la CEI, malgré les contradictions qui existaient au parlement. La tragédie de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud était criante, et j’estimais que le règlement de ce problème dépendrait de la Russie.
Q : Ces problèmes ont été gelés pour plusieurs années, mais le troisième président géorgien Mikhaïl Saakachvili a récemment déclaré qu’il réussirait en quelques mois à faire revenir l’Ossétie du Sud sous juridiction de la Géorgie.
R : Je ne sais pas trop quoi dire. L’ancien ministre de la Défense, (alors) son ami, l’avait également déclaré. Ils n’y sont pas parvenus. En ces temps de campagne présidentielle (en Géorgie, ndlr.), les candidats distribuent généreusement des promesses à droite et à gauche. Il a promis de reprendre également Soukhoumi (capitale de l’Abkhazie, ndlr.), mais ce n’est pas si simple. Rien ne se fera sans la Russie. Si l’on arrive à s’entendre avec Moscou, si l’on trouve des variantes admissibles pour la Géorgie comme pour l’Abkhazie et la Russie, alors on pourra résoudre ce problème.
Je me suis entretenu maintes fois avec Vladimir Poutine. Je suis certain qu’il est possible de s’entendre avec lui, malgré les relations actuelles très complexes entre la Russie et la Géorgie. M. Poutine est un homme de parole.
Un jour, je reçus un coup de fil de Vladimir Poutine qui se reposait à Sotchi. Il m’invita à le rejoindre, pour me reposer à mon tour et pour parler affaires. J’acceptai. Il me proposa de rétablir le secteur abkhaze du chemin de fer, afin que les trains puissent rallier Bakou, Erevan, et même la Turquie. Je ne fis aucune objection, mais lui demandai à mon tour d’assurer le retour des réfugiés dans le district de Gali. A l’époque soviétique, il comptait 80.000 habitants, pour l’essentiel, des Géorgiens. Riche en thé, en agrumes et en noix, ce district nourrissait, pour ainsi dire, presque la moitié de l’Abkhazie.
Vladimir Poutine décrocha le téléphone et appela le général russe qui assumait le commandement des forces de paix. « Des habitants du district de Gali résident dans les districts mingréliens, dit-il. Donne l’ordre de réunir ces gens et de les rapatrier dans le district de Gali. J’ai donné ma parole au président géorgien, par conséquent, je vérifierai dans quelques jours comment tu auras accompli cet ordre ». Il était impossible de réunir tout le monde, mais 50 à 60.000 réfugiés retournèrent dans le district de Gali.
Q : Revenons à l’Union soviétique. Qu’en pensez-vous, est-il possible de recréer quelque chose de semblable ?
R : C’est exclu. Tous les Etats sont devenus indépendants, et pas seulement la Géorgie. Par exemple, il est douteux que le Kazakhstan renonce à son indépendance : c’est un pays très riche possédant tous les éléments du tableau de Mendeleïev. D’ailleurs, Noursoultan Nazarbaïev s’est proclamé président à vie.
Q : La CEI a-t-elle un avenir ?
R : Oui, si cette organisation se met à vraiment fonctionner, si elle influe réellement sur la situation dans l’espace de la CEI. C’est possible.
Q : Passons maintenant de l’URSS et de la CEI à la Géorgie indépendante. Différents bruits circulent à propos de votre démission du poste de président géorgien. Les uns disent que Mikhaïl Saakachvili est votre disciple, que vous lui avez transmis le pouvoir au moyen de la « révolution des roses », d’autres affirment que vous manquiez de forces et de moyens pour venir à bout des manifestants, d’autres encore estiment que Moscou vous a contraint à le faire. Qu’en est-il en réalité ?
R : Moscou n’y est pour rien.
Q : Pourquoi Igor Ivanov, le ministre russe des Affaires étrangères de l’époque, s’était-il alors rendu en Géorgie ?
R : Igor Ivanov était arrivé en tant qu’ami. Avant notre rencontre, il avait contacté l’opposition. Mais il ne pouvait rien faire pour moi. Il m’avait demandé un avion pour partir pour Batoumi, et de là pour Moscou. Sa mission s’était arrêtée là.
J’étais en train de prononcer un discours à la tribune du parlement lorsque les conspirateurs Saakachvili, Jvania et autres ont fait irruption. J’ai vu dans la salle des gens armés de fusils d’assaut, de pistolets, de couteaux, de matraques...
Q : Où étaient donc les roses ?
R : Il n’y avait pas de roses, je ne sais pas pourquoi cette révolution fut baptisée la « révolution des roses ». Je n’ai vu aucune rose.
Naturellement, en voyant cette menace, mes gardes du corps me conduisirent dans la cour où je vis, d’un côté, des partisans de l’opposition et, de l’autre, mes partisans, au total, environ 2.500 personnes. On me dit de tenir ferme, que 100.000 personnes se rassembleraient le lendemain en vue de me manifester leur soutien.
Je qualifiai la situation de tentative de coup d’Etat et décrétai l’état d’urgence. Je montai dans ma voiture et rentrai chez moi. En route, je raisonnais comme suit : « Certes, je peux le faire, puisque je reste président et commandant en chef, et que l’armée doit obéir aux ordres du commandant en chef. L’armée a des canons, des chars, elle n’est pas très grande, mais assez bien équipée. Naturellement, l’armée vaincra. Mais il y aura des morts d’un côté comme de l’autre. En tant que président de la Géorgie, je me dis que si des gens meurent, leur appartenance à tel ou tel camp a-t-elle la moindre importance ? »
De la voiture, j’appelai la chancellerie et ordonnai l’annulation de l’état d’urgence. A la maison, ma femme me dit : « Qu’est-ce que tu veux faire ? Je sais parfaitement ce qu’est l’état d’urgence. C’est un bain de sang que tu veux ? » Je lui répliquai qu’il n’y aurait aucune effusion de sang, mais que le lendemain je ne serais plus président, que j’allais présenter ma démission. Mon fils me téléphona de Paris, il travaille à l’UNESCO. « Papa, est-ce que du sang sera versé ? » demanda-t-il. Je lui dis qu’il n’y aurait pas d’effusion de sang. Ensuite, j’invitai les conspirateurs Jvania et Saakachvili et leur dis : vous savez ce qui s’est produit hier. Que fait-on maintenant ?
Jvania me dit que la démission du président serait l’issue la moins douloureuse. « Puisque nous sommes vos élèves, nous ne pouvons pas vous le proposer », dit-il. « Alors, nous perdons inutilement du temps, répliquai-je. J’ai pris hier ma décision : dès aujourd’hui, je ne suis plus président. Si mes conseils peuvent vous être utiles, je suis à votre disposition ».
Ensuite, des élections eurent lieu, et Jvania devint premier ministre, avant d’être assassiné.
Q : S’agit-il d’un meurtre ou d’une intoxication au monoxyde de carbone ?
R : C’est un meurtre. D’abord, on a déclaré qu’il s’était intoxiqué au monoxyde de carbone, mais les experts géorgiens et américains n’ont pas confirmé cette version.
Je ne sais pas où il a été assassiné ni dans quelles circonstances.
Q : Comment expliquez-vous les événements qui se sont produits début novembre à Tbilissi ?
R : Le peuple est affamé. Je sais que les Russes ne sont pas tous riches, qu’il y a des problèmes dans certaines régions. Mais la Russie n’est pas affamée, d’ailleurs, le mérite en revient à Vladimir Poutine. C’est un homme instruit et intelligent, il a assuré une vie décente au peuple russe. Chez nous, le peuple endure la misère et la famine...
Q : Quelle est votre évaluation de la réaction des autorités ?
R : Lorsqu’on a appris que la population allait se rassembler à Tbilissi, le président aurait dû le même jour descendre dans la rue et parler au peuple. S’il avait promis la moitié de ce qu’il promet aujourd’hui, même un tiers, la foule se serait dispersée. Rien ne se serait produit.
Quant à la fermeture de la chaîne de télévision Imedi, c’est de la barbarie, personne ne traite ainsi la télévision dans aucun pays. Est-ce que la télévision américaine ne répand que des louanges à l’adresse de George W. Bush ? Il fait l’objet de critiques acerbes. Cependant, les chaînes de télévision n’ont pas été fermées aux Etats-Unis ni, d’ailleurs, dans aucun autre pays.
Q : Quel est le rapport des forces pour l’élection présidentielle en Géorgie ? Quel candidat, à votre avis, pourrait apporter le plus aux citoyens du pays ?
R : Je n’exclus pas que le peuple réélise Mikhaïl Saakachvili. Mais il se peut que l’opposition ne s’y résigne pas, il y a parmi ses opposants des personnalités fortes qui jouissent d’un soutien populaire important. Si Saakachvili échoue, nul ne sait comment il se conduira. Je crains de nouveaux troubles et une nouvelle menace de guerre civile.
Q : Que pouvez-vous dire au sujet de Badri Patarkatsichvili ?
R : Badri est arrivé en Géorgie grâce à moi. Il était recherché, de même que Boris Berezovski.
J’avais entretenu des contacts avec Badri. Plus précisément, notre ambassade en Russie entretenait des contacts avec lui. Si la chaîne de télévision russe ORT, dont il était directeur commercial, préparait une émission négative à l’égard de la Géorgie, il suffisait de téléphoner à Badri pour que cette émission soit annulée.
A propos, j’ai dit un jour à Vladimir Poutine : nous avons délivré un passeport géorgien et autorisé à résider à Tbilissi un homme que vous recherchez. Berezovski ? a demandé Poutine. Non, Badri Patarkatsichvili, lui ai-je répondu. Ah, Badri, a-t-il dit. Badri n’est pas mal, Badri est un homme bien.
Badri se présente aussi à la présidence géorgienne. J’ai d’ailleurs dit que si j’étais président, je le nommerais premier ministre. Il est très intelligent, il sait compter l’argent, il s’est beaucoup occupé d’actions caritatives, et a dépensé beaucoup pour cela. Chez nous, il jouit d’un grand respect, et même d’une grande affection.
Mais il ne se trouve pas actuellement à Tbilissi. On lui a mis des affaires sur le dos, à juste titre ou non, je ne saurais le dire.
Q : Permettez-moi de vous poser une question sur l’élection présidentielle en Russie. Quelle est votre attitude par rapport au fait que le nom du futur président soit presque connu ?
R : A mon avis, il est très important que Vladimir Poutine reste, d’une manière ou d’une autre, le premier personnage, car il est soutenu par la majorité parlementaire et jouit du respect du peuple. Dmitri Medvedev est moins connu du peuple que Vladimir Poutine. Par conséquent, si Vladimir Poutine devient premier ministre, il sera, en fait, le premier personnage. Quant à Medvedev, j’ai entendu dire qu’il était un homme cultivé et instruit, mais je ne le connais pas personnellement.
Q : Ya-t-il une recette pour l’amélioration des rapports entre la Géorgie et la Russie ?
R : Tout dépend des dirigeants. Je pense non pas au futur président Dmitri Medvedev, mais à Vladimir Poutine, ainsi qu’à celui qui sera élu en Géorgie.
Il leur faudra avancer l’un au-devant de l’autre, et le premier pas doit être fait par le président géorgien. Mais si Vladimir Poutine prend l’initiative, ce sera tout à son honneur, et tout le monde y verra un signe de magnanimité.
La fin de l’URSS
En août 1991, les conservateurs font une tentative de coup d’État pendant les vacances de Mikhaïl Gorbatchev.
Le 19 août 1991, les chars soviétiques envahissent les rues de Moscou
Les conjurés veulent empêcher la signature du traité d’Union prévue pour le 20 août, qui annonce la fin de l’URSS. De plus, Boris Eltsine veut faire nommer le premier ministre russe à la tête d’un gouvernement central réduit à coordonner les relations entre les républiques. Enfin, les conservateurs soupçonnent Gorbatchev de vouloir liquider le Parti communiste. La menace de ce coup d’État pèse depuis un an. Le 19 août, les putschistes prononcent l’incapacité du président soviétique, tandis que les chars et véhicules blindés envahissent la capitale. Or, le président russe a des amis et des partisans au sein des forces de sécurité soviétiques, ce qui lui permet d’échapper à son arrestation et de parvenir sans encombre jusqu’au Parlement russe, malgré les chars qui l’entourent. Eltsine harangue la foule, monté sur un blindé, et appelle les Russes à la désobéissance civile et à la grève générale.
Le soir du 20 août, trois hommes sont tués dans une altercation entre les militaires et la foule. Le lendemain, le nombre de morts s’élève à une dizaine. Aux yeux des Moscovites, les maîtres du coup ont conduit l’armée à tirer sur le peuple. Le soir du 21 août, les putschistes qui ne se sont pas suicidés sont envoyés en prison.
Le président russe voudrait tirer profit de l’aventure en plaçant ses hommes aux leviers de commande de l’État fédéral. Gorbatchev le sait et s’empresse de remplacer les putschistes. Le 23 août, le président soviétique affronte le Parlement russe. Devant les caméras de télévision, il tente de disculper ses ministres, mais Eltsine force le président de l’URSS à lire un document prouvant que tous ses ministres, sauf un, soutenaient le coup d’État. Tout le Cabinet soviétique est alors remplacé par les hommes d’Eltsine.
Boris Eltsine force Mikhaïl Gorbatchev à lire le procès verbal de la réunion au cours de laquelle tous ses ministres, sauf un, se sont prononcés en faveur d’un coup d’État
Le 25 août 1991, Boris Eltsine suspend les activités du PCUS et confisque ses biens. La suspension sera transformée en dissolution le 6 novembre. Enfin, le sort du Soviet suprême est réglé du 26 au 29 août. Le 5 septembre, c’est le Congrès des députés du peuple de l’URSS qui se saborde.
Le 28 octobre, le président russe dénonce un accord économique signé par les présidents de huit républiques et Gorbatchev, alors qu’il présente son programme économique devant le Parlement de Russie. Le 1er novembre, une réforme de la Constitution russe accorde des pouvoirs renforcés au président. Le 15 novembre, Boris Eltsine décide de cumuler les fonctions de président et de premier ministre.
L’Union soviétique vit ses dernières heures. Les Ukrainiens votent en faveur de l’indépendance au cours d’un référendum tenu le 1er décembre. Le président russe reconnaît l’indépendance de l’Ukraine avant de retrouver les présidents des deux autres républiques slaves en Biélorussie, le 8 décembre, pour constater la « disparition de l’URSS » et créer une « communauté d’États indépendants », la CEI.
Les présidents des républiques de la CEI se réunissent le 21 décembre pour signer les documents officiels
Gorbatchev tente de s’y opposer, mais ce sera en vain. Le 20 décembre, le gouvernement russe s’empare de la Banque centrale soviétique. Les présidents de 11 ex-républiques soviétiques, dont Eltsine, se rencontrent le 21 décembre. Ils adhèrent à la CEI, ce qui consacre la fin de l’Union soviétique et supprime le poste de président de l’URSS. Tous s’entendent pour que le siège de membre permanent au Conseil de sécurité de l’ONU que détenait l’URSS revienne à la Russie. Eltsine et Gorbatchev se rencontrent une dernière fois l’avant-veille de Noël. Le 25 décembre 1991, Gorbatchev annonce sa démission et le président russe prend le contrôle des 27 000 armes nucléaires de l’Union soviétique. Boris Eltsine est désormais le maître de la Russie, mais d’une Russie malade sur les plans économique et politique.