Comment les médias aident la guérilla en Irak

Comment les médias, par leur focalisation et leur ignorance, aident et encouragent la guérilla en Irak

La grande majorité des soldats américains déployés en Irak ont une perception des événements totalement différente de celle véhiculée par les médias. Un commandant de bataillon de l’US Army, le lieutenant-colonel Tim Ryan, analyse les causes d’un mensonge permanent.

Et si les médias domestiques fournissaient régulièrement aux lecteurs américains des titres tels que « Semaine sanglante sur les autoroutes américaines : près de 700 morts », ou « Plus de 900 Américains meurent chaque semaines de maladies liées à l’obésité » ? Ces deux titres peuvent être exacts au niveau statistique, mais est-ce qu’ils représentent une image précise de la situation ? Que se passerait-il si l’on combinait tous les aspects négatifs de l’Etat du Texas pour les utiliser comme un indicateur de la qualité de vie de tous les Texans ?

« ... Les médias servent de loupe à travers laquelle un événement relativement petit peut être magnifié pour prendre des proportions internationales, et l’ennemi exploite cela avec une facilité incroyable. »

Imaginez les titres : « Des éléments illégaux multiplient les cambriolages, les viols et les meurtres à travers les villes du Texas. » En tout état de cause, cette affirmation est vraie pour chaque jour de chaque année dans chaque Etat. Vraie, certes, mais pas dans le contexte des aspects positifs plus nombreux. Après une ou deux années de titres comme ceux-ci, plus d’un citoyen au Texas et dans le reste des Etats-Unis serait probablement prêt à sauter d’un immeuble pour en finir. Alors imaginez être un Américain en Irak aujourd’hui.

Une couverture biaisée et incomplète

Je viens encore de lire une histoire déformée et grossièrement exagérée d’une grande organisation médiatique sur les « échecs » de la guerre en Irak. Les journalistes de la presse écrite et audio-visuelle ne couvrent qu’une petite fraction des événements en Irak, et plus souvent qu’à leur tour les événements couverts sont uniquement négatifs. Une grande partie des journalistes qui font des évaluations publiques sur l’évolution de la guerre en Irak ne sont pas qualifiés pour le faire, étant donné leur formation et leur expérience. L’image imprécise qu’ils décrivent a déformé la vision du monde sur les réalités quotidiennes en Irak. Il en résulte une érosion constante du soutien public international pour les efforts des Etats-Unis sur place, et un renforcement de la résolution et des activités de recrutement des insurgents tout en affaiblissant les nôtres. A travers leur couverture incomplète, mal informée et déséquilibrée, de nombreux membres des médias en Irak aident et encouragent l’ennemi.

En réalité, la coalition fait des progrès constants en Irak, non sans des hauts et des bas. La guerre est une chose terrible et des choses terribles se produisent en guerre, même lorsque vous gagnez. Dans une guerre, comme dans tout affrontement de volontés entre des opposants capables, tout ne se passe pas comme prévu. Cela ne signifie pas que vous perdez. Bien entendu, quelques attaques ennemies spectaculaires se produisent actuellement en Irak, mais la grande majorité de ce qu’il s’y produit est positif. Alors pourquoi les médias soulignent-ils avant tout les aspects négatifs de tout événement, bon ou mauvais ? L’adage journalistique « if it bleeds, it leads » s’applique toujours en Irak, mais pourquoi seulement lorsque le sang est américain ?

Pour prendre un exemple récent, l’opération à Falloujah a infligé un coup absolument dévastateur à l’insurrection. Bien que plus réduite en comparaison, le nettoyage des insurgents à Falloujah est analogue à la percée des Alliés à travers les haies en France durant la Seconde guerre mondiale. Dans les deux cas, nos troupes ont surpassé un ennemi bien préparé et solidement retranché, et qui a peut-être commencé son dernier combat. A Falloujah, les pertes ennemies ont déjà dépassé les 1500 et continuent à croître. Cela constitue une victoire pour nous, non ? Faux. Dès qu’il n’y avait rien de négatif à rapporter sur Falloujah, les médias ont reporté leur attention sur d’autres parties du pays. Hier, on pouvait ainsi lire sur le site web d’une grande agence de presse « Un attentat suicide fait 6 morts à Bagdad » et « Sept Marines meurent dans des accrochages en Irak » [ces titres datent du 13.12.04, note du traducteur]. Exact, oui. Mais pas complet. Est-ce que l’auteur de cet article s’est soucié de mentionner les quelque 50 terroristes que les troupes de la coalition ont tués en subissant ces 7 pertes ? Bien sûr que non. Tout comme il n’y a aucune mention des progrès substantiels que ces opérations offensives continuent de représenter dans la défaite des insurgents. Malheureusement, ce type de reportage incomplet est devenu la norme pour les médias, dont le travail médiocre dans la présentation complète de la situation en Irak s’approche de l’acte criminel.

Une grande part du problème est celui de la perspective, du fait de replacer les choses dans l’ordre et avec équilibre. De là où j’écris dans mon poste de commandement à Camp Falloujah, en Irak, tout ne se passe pas mal actuellement. En fait, cela va plutôt bien. Nous ne sommes pas attaqués par l’ennemi ; au contraire, nous lui imposons chaque jour le combat et nous l’acculons. Au loin, je peux entendre les impacts répétés de l’artillerie lourde et de bombes de 500 livres qui frappent leurs cibles dans la ville. Les quelques détonations des canons des chars et le staccato du canon de 25 mm porté par le LAV du Marine Corps et le VCI Bradley forment la ligne basse d’une symphonie de destruction. En ce moment, alors que les éléments des quatre services des Forces armées US complètent l’annihilation absolue des insurgents restant à Falloujah, le secteur autour de l’ancien bastion est plus paisible qu’il ne l’a été depuis plus d’une année. Le nombre d’attaques dans la province d’Al Anbar a chuté d’au moins 70% à 80% par rapport à début octobre - avant le début de l’opération Al Fajr. L’ennemi dans ce secteur est complètement battu, mais n’a pas entièrement disparu. L’éradication finale des poches d’insurgents prendra du temps, comme toujours, mais il n’en demeure pas moins que le bastion central de l’insurrection est maintenant sous contrôle ami. Cela me semble un succès. Dans ces conditions, pourquoi les journaux ne titrent-ils pas « La coalition écrase les dernières poches d’insurgents » ou « Les forces ennemies recourent à l’attentat suicide contre des civils » ? Cela fournirait une image bien plus exacte de la situation délicate de l’ennemi. A la place, les titres se focalisent presque exclusivement sur nos difficultés.

Réagir à cet article : poster un commentaire
:’-)):’-(:-)):-((;-):-):-(:->|-):o)B-):-P:-|:-/:-O

Actualité
A propos de l'auteur, Ludovic Monnerat
   
Fitness et Nutrition
Complément alimentaire et nutrition

En savoir plus
Surplus militaires
Équipement et vêtements militaires FR et US

En savoir plus
Découvrez la montre chronographe militaire Dodane 1857