Climat : « le temps du doute est passé »

S’exprimant au nom de l’Union européenne, le président français Nicolas Sarkozy a assuré que le « défi climatique » n’est pas « hors de notre portée ». L’objectif de réduction de 50% des émissions de GES d’ici 2050 « est une absolue priorité pour éviter une catastrophe mondiale », a-t-il soutenu.

À moins de trois mois de la conférence de Bali, où sera négocié l’après-Kyoto, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a affirmé lundi lors d’un sommet inédit à l’ONU sur le climat que « le temps du doute est passé » et qu’une percée est nécessaire dans les négociations internationales sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.


Par Charles Hanley


L’ONU « est le forum approprié pour négocier une action mondiale », a déclaré M. Ban à l’ouverture de ce sommet d’une journée, qui réunissait plus de 70 chefs d’État ou de gouvernement, parmi les représentants de plus de 150 pays, sur le dossier du changement climatique. Une remarque en forme d’avertissement alors que certains soupçonnent les États-Unis de chercher à ouvrir une autre voie de négociations.

Ban Ki-moon a également réfuté implicitement l’argument économique avancé par Washington pour justifier les réticences américaines à des objectifs négociés de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). « L’inaction aujourd’hui s’avérera l’action la plus coûteuse sur le long terme », a-t-il affirmé.

S’exprimant au nom de l’Union européenne, le président français Nicolas Sarkozy a assuré que le « défi climatique » n’est pas « hors de notre portée ». L’objectif de réduction de 50% des émissions de GES d’ici 2050 « est une absolue priorité pour éviter une catastrophe mondiale », a-t-il soutenu.

« Il faut que tous les pays développés et les grands pays émetteurs s’engagent sur cet objectif », a-t-il ajouté, précisant que les Nations unies offraient « le seul cadre efficace et légitime ».

Autre intervenant, le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger a souligné que les États de l’union prenaient des mesures même si l’administration Bush refuse tout plafonnement des émissions. La Californie s’est dotée d’une loi imposant aux industries sur son territoire de réduire de 25% d’ici 2020 les GES. D’autres États du pays ont entrepris de suivre l’exemple californien de diverses manières. « La Californie conduit les États-Unis (...) vers l’action », a déclaré M. Schwarzenegger. « Ce que nous faisons, c’est changer la dynamique. »

L’ancien vice-président américain et ardent défenseur de l’environnement Al Gore, la chancelière allemande Angela Merkel et d’autres dirigeants devaient également prendre la parole.

M. Ban a convoqué cette réunion sans précédent pour créer une dynamique à moins de trois mois de la Conférence de l’ONU à Bali, du 3 au 14 décembre, qui doit donner le coup d’envoi de négociations pour un nouvel accord international post-Kyoto sur la réduction des GES.

Le président américain George W. Bush, opposant de longue date à des objectifs négociés sur les GES, n’était pas présent au sommet, mais devait participer à un dîner donné par M. Ban lundi soir. Le chef de la Maison Blanche doit présider jeudi et vendredi à Washington une réunion sur le climat, limitée à 16 « grands » pays « émetteurs » de gaz à effet de serre, dont la Chine et l’Inde. Ce sera la première d’une série de réunions sur le climat parrainées par les États-Unis.

De nombreux défenseurs de l’environnement craignent que cette initiative de Washington n’affaiblissent les efforts entrepris dans le cadre de l’ONU. Mais certains espèrent qu’elle incitera Pékin, New Delhi et d’autres à rejoindre un accord onusien sur les émissions.

L’accord de Kyoto, rejeté par Washington, demande à 35 pays industrialisés de réduire de 5,2% d’ici 2012 leurs émissions de dioxyde de carbone et de cinq autres GES par rapport aux niveaux de 1990. L’UE s’est par ailleurs engagée à réduire les émissions d’au moins 20% supplémentaires d’ici 2020.

Si rien n’est fait pour réduire les GES, la température du globe pourrait gagner jusqu’à 6,4 degrés Celsius à l’horizon 2100, d’après un scénario du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui a rendu cette année une série de rapports inquiétants. Le GIEC a averti que le réchauffement pourrait avoir des conséquences catastrophiques : élévation du niveau de la mer, sécheresse, disparition de nombreuses espèces, etc. Presse Canadienne

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