Des extraits du procès-verbal de
l’audition jeudi du Premier ministre Dominique de Villepin dans le
cadre de l’enquête sur l’affaire Clearstream ont été publiés
samedi par différents médias français.
Devant les deux juges chargés de l’enquête, qui l’ont entendu
pendant 17 heures, M. de Villepin a affirmé qu’il n’avait jamais
évoqué l’histoire avec le président français Jacques Chirac. Et
pour lui, son information sur ce dossier "se résume à un quart
d’heure le 1er janvier 2004", selon des extraits cités dans le
quotidien français Le Figaro.
Au sujet d’une réunion avec le général Rondot, un haut
responsable de renseignements français de l’époque, M. de Villepin
a affirmé que l’objet de la réunion était "d’avoir confirmation
par le général Rondot des éléments évoqués par Jean-Louis Gergorin
le 1er janvier« . Ce jour-là, »Jean-Louis Gergorin a indiqué qu’il
y avait une chambre de compensation au Luxembourg liée à des
rétrocommissions de grands contrats internationaux, que des
personnalités française ou étrangères pouvaient être liées à ce
système ainsi que d’importants réseaux occultes ou mafieux
internationaux", a expliqué le Premier ministre, qui était alors
ministre des Affaires étrangères.
"Je voulais que le général Rondot m’indique le crédit qu’on
pouvait accorder à tout cela.« »Le général Rondot m’a confirmé
qu’il avait bien une mission concernant ce système de réseaux de
financements occultes (...) Je me suis inscrit dans le cadre de la
mission qui avait été confiée au général Rondot par le ministère
de la Défense sans rien ajouter à cette mission« . »En tant que
ministre des Affaires étrangères, j’estime de mon devoir de ne pas
écarter un éventuel risque pour nos intérêts nationaux", a indiqué
M. de Villepin.
En 2004, la justice française a reçu des courriers anonymes
dénonçant des personnalités françaises qui ont utilisé la société
financière luxembourgeoise Clearstream pour le blanchiment de
fonds douteux. Les lettres ont fourni des listes de ces
personnalités, dont le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy.
Des enquêtes de la justice ont conclu qu’il s’agissait de fausses
listes, M. Sarkozy et d’autres personnalités dont le nom étaient
dans la liste ont porté plainte contre X pour "dénonciation
calomnieuse".
Jean-Louis Gergorin, ancien vice-président d’EADS, ami de M. de
Villepin, avait reconnu qu’il était auteur de ces courriers
anonymes. M. de Villepin a été entendu jeudi par la justice comme
simple témoin. Des spécialistes ont estimé que le fait qu’il est
entendu en tant que simple témoin l’a blanchi dans cette affaire.
"J’ai été très heureux en ce qui me concerne de pouvoir
apporter mon témoignage dans cette affaire où j’ai été victime
pendant de longs mois de calomnies et de mensonges", a déclaré le
Premier ministre à l’issue de l’audience.
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