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Washington - Près de sept ans après l’ouverture de la prison de Guantanamo, un juge américain a reconnu pour la première fois que certains détenus y étaient enfermés illégalement. Il a ordonné la libération de cinq prisonniers algériens.
Le juge fédéral Richard Leon a rendu à Washington sa décision dans le premier dossier de contestation de détention (Habeas Corpus) mené à terme depuis que la Cour suprême a ouvert en juin les portes de la justice fédérale aux détenus de la prison la plus controversée du monde.
Dans la salle d’audience où peu de sièges restaient libres, la totalité de ses propos ont été simultanément traduits aux six détenus concernés, en liaison téléphonique depuis Guantanamo.
Cinq d’entre eux, des Algériens qui résidaient en Bosnie lors de leur arrestation en 2001 et détenus à Guantanamo depuis janvier 2002, ont été blanchis par le juge, qui a ordonné leur libération. Celui-ci a constaté que le gouvernement n’avait pas pu prouver qu’ils prévoyaient de se rendre en Afghanistan pour prendre les armes contre les Etats-Unis et que les cinq hommes ne pouvaient donc pas être considérés comme des « combattants ennemis ».
Un sixième détenu, un autre Algérien résidant en Bosnie, s’est en revanche vu refuser la libération. « Le gouvernement a établi (...) qu’il est probable que (ce détenu) ait prévu de se rendre en Afghanistan » pour y combattre les Etats-Unis « et d’organiser le voyage d’autres personnes dans le même but », ce qui constitue un « soutien direct à Al Qaïda », selon le juge.
Ouvert le 6 novembre, le procès des six hommes a duré sept jours, dont six à huis clos en raison des documents classés présentés par l’accusation. Rien n’a transpiré des débats mais le juge Leon a révélé que deux des six détenus avaient fait l’objet d’interrogatoires croisés (défense et accusation) par visioconférence.
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