Six soldats allemands soupçonnés d’avoir participé à la profanation d’un cadavre en Afghanistan ont été identifiés, ont indiqué les autorités allemandes. Selon la radio publique Deutschlandfunk, l’un des suspects aurait reconnu les faits.
« Quatre d’entre eux ne sont plus dans l’armée allemande et pour les deux autres nous allons tirer les conséquences appropriées », a déclaré mercredi soir le ministre de la Défense, Franz Josef Jung, à la chaîne de télévision publique ZDF.
La révélation mercredi par le quotidien « Bild » de la profanation d’un crâne humain par des soldats allemands près de Kaboul a suscité des réactions indignées en Allemagne. La chancelière Angela Merkel a jugé les photos « choquantes et affreuses ».
« Bild » a publié cinq clichés montrant des militaires allemands, tous le visage caché, qui se sont fait prendre en photo avec un crâne humain, l’un l’exhibant à côté de son pénis et un autre le faisant tenir sur une barre métallique d’un véhicule militaire.
Le secrétaire général de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, a déclaré au quotidien berlinois « Der Tagesspiegel » de jeudi que le comportement des soldats impliqués était « inacceptable ». De son côté, le président de l’association des soldats allemands, Bernhard Gertz, redoute qu’à la suite de cette affaire, « le monde arabe et musulman se retourne contre nous ».
Les faits auraient été commis au printemps 2003 dans la région de Kaboul, lors d’une patrouille de soldats allemands membres de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF).
Ces actes font l’objet d’une double enquête : l’une militaire, au ministère de la Défense, l’autre judiciaire, pour « trouble à la paix des morts », menée par le Parquet de Potsdam, à la périphérie de Berlin, où est basé l’état-major des forces d’intervention allemandes. Au pénal, les soldats soupçonnés encourent une peine allant jusqu’à trois ans de prison ferme.
SDA-ATS