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CHÔMEURS EN FIN DE DROITS- Une bombe à retardement
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Un million de chômeurs vont arriver en fin de droits en 2010, et ne pourront donc plus bénéficier de l’assurance-chômage. Près de 40% d’entre eux devraient bénéficier du RSA ou de l’Allocation spécifique de solidarité, mais 600.000 demandeurs d’emploi vont devoir être soutenus financièrement par leur famille. Les syndicats dénoncent cette "bombe sociale" et réclament d’urgence l’ouverture de négociations sur l’indemnisation des chômeurs
"La FSU demande l’ouverture immédiate d’une nouvelle négociation transformant les règles d’indemnisation des chômeurs afin que l’ensemble des chômeurs puisse disposer d’un revenu de remplacement correct". Le premier syndicat de la fonction publique d’Etat s’inquiète : selon une étude de Pôle Emploi, un million de chômeurs seront en fin de droits au cours de l’année 2010. Jean-Paul Blouard, directeur adjoint de Pôle Emploi précise : "Sur la période de juillet 2008 à juin 2009, 16 % des chômeurs en fin de droits étaient éligibles à l’allocation spécifique de solidarité (ASS), et 22 % au revenu minimum d’insertion (RMI), remplacé depuis par le revenu de solidarité active (RSA)". L’éligibilité à l’ASS comme au RSA est en effet soumise aux conditions de ressources du foyer et non de l’individu. Les autres chômeurs devront donc compter sur la solidarité familiale, ce qui devrait entraîner un accroissement de la pauvreté en France.
Pourtant, après deux ans de négociations entre syndicats et patronat, les conditions d’indemnisation de la convention d’assurance-chômage avaient enfin été redéfinies en 2009. Des dispositions visaient à faciliter l’indemnisation des travailleurs précaires ; mais les effets de la crise sont bien là. Le nombre absolu des demandeurs d’emploi de longue durée est en forte augmentation : "Il est évalué à 947 000 au troisième trimestre 2009 contre 760 000 sur la même période en 2008, soit en hausse de 24% sur un an", indique Corinne Prost, responsable de la division emploi à l’Insee.
Les syndicats veulent trouver des solutions provisoires pour les exclus de la solidarité nationale
"On ne peut pas laisser 600.000 personnes sans aucune indemnité jusqu’à la reprise du marché de l’emploi" affirme Maurad Rabhi, secrétaire confédéral de la CGT. Les syndicats réclament donc le débat autour des propositions suivantes :
Prolongation de l’indemnisation des personnes concernées par l’assurance-chômage
Assouplissement des conditions d’accès à l’ASS. Cette allocation est actuellement réservée à ceux qui ont travaillé au moins cinq ans durant les dix dernières années.
Surcotisation des entreprises recourant à l’intérim. Pour les syndicats, c’est dans la prise en compte de la précarisation du marché du travail qu’il faut puiser les financements de la politique de l’emploi."Si l’entreprise fait le choix de la flexibilité, il faut en payer le prix car cela coûte à la collectivité", dit Maurad Rabhi. "Il y a des jeunes qui reviennent tout le temps au chômage, sous l’effet de contrats courts, et se retrouvent plus rapidement en fin de droits".
Tout cela a un coût - 1,3 milliard d’euros pour une prolongation d’indemnisation de trois mois- et chacun connait la situation financière catastrophique de l’Unedic. Son déficit annuel est attendu à 3,6 milliards en 2010. Le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, estime que "L’indemnisation des chômeurs relève avant tout de la responsabilité des partenaires sociaux". Il renvoie ainsi la balle au patronat et aux syndicats qui gèrent l’assurance-chômage au sein de l’Unedic. Ils devraient se réunir prochainement pour en discuter.
Le financement par l’Etat d’une solution pour les chômeurs en fin de droits parait donc compromis, à moins que le gouvernement, craignant les effets de cette bombe sociale, ne considère cette dépense comme un investissement valable. Marie-Pierre Parlange (www.lepetitjournal.com)
1 commentaires pour cet article
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adrien lambour 22 janvier 09:56
bonjour
je me permets de vous répondre parce que ce qui se passe actuellement dans notre pays est plus que révoltant et dramatique pour beaucoup de personnes. Je suis déja en fin de droits depuis fin 2008. J’avais touché une petite indemnité mensuelle et d’un mois à l’autre, décembre 2008, plus rien. Je n’ai même pas eu de renseignements concernant ce changement à l’assédic. J’ai 59 ans et n’ai pas eu la chance de retrouver du travail après mon licenciement en 2005. Voila la situation. Je vis donc depuis près de 14 mois sans toucher un centime. Mon épouse, il est vrai gagne correctement, mais il faut aussi dire qu’elle travaille à 2 endroits différents. Je pense donc que le revenu du ménage dépasse donc le seuil fixé par la législation, qui n’a, apparemment, que dans la tête de fixer des seuils de " richesse " pour les pauvres et à d’autres permet de gagner 2 millions d’euros par an !!! Et je ne parle pas de l’argent qui est gaspillé pour d’autres anneries. J’aurais encore beaucoup de choses à dire mais ce serait trop long, ici. Je vous remercie pour votre attention et si vous avez une solution pour moi n’hésitez pas.


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