Bouclage imminent du Livre blanc sur la défense, les interrogations

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Ce que l’on pourra y découvrir suscite déjà des inquiétudes au sein de l’institution.

La politique de défense et de sécurité pour la décennie à venir est en jeu. Un reformatage de type coupes sombres n’est pas une réponse stratégique même si l’exercice consistant à justifier ces dernières débouchera sur une doctrine d’emploi justifiant des forces lilliputiennes. Il suffira de s’en persuader aussi longtemps que nous n’aurons pas besoin d’en tester l’efficacité ; il sera alors trop tard.

Par Jacques Trappler

Nous savons parfaitement que les processus de réductions, en matière de défense, sont irréversibles ; puissions nous ne jamais devoir à le regretter. Dotée d’un demi porte-avions, nous avons déjà pris, de ce point de vue, le chemin de non retour. Le contenu de ce Livre est un secret de Polichinelle puisque de fuite en fuite, de rumeur en rumeur, nous savons que le reformatage des forces se fera dans un esprit de diète même si la mutualisation des moyens est nécessaire à une armée moderne, elle ne doit pas se faire aux dépens de la sécurité nationale et encore moins à ceux de sa composante essentielle : l’armée de Terre.

Nous allons, à ce train, réaliser l’exploit de pouvoir faire défiler, le 14 juillet 2009, l’ensemble des personnels de l’armée de Terre sur les Champs Elysées.

Il ne faut pas que le seuil minimum de crédibilité de notre défense « classique » soit atteint au profit d’une dissuasion nucléaire dont l’emploi, réservé à l’ « ultime » ne peut se substituer, en aucune manière, aux forces terrestres. En tous cas, les américains et les britanniques font le contraire, ils étoffent et suréquipent leurs forces terrestres de matériels adaptés, repensés et plus modernes.

On réduit, on supprime, on déplace, on affaiblit

Trois craintes, une finalité : il ne faut pas que ça coûte. Si la sécurité a un prix, le lowcoast en la matière aura le sien, mais il faudra l’appliquer complètement en se passant – aussi - des prestigieux programmes d’armements dont nous avons le secret et dont il serait fort judicieux de se défaire. Et s’il fallait tout simplement passer par là avant de décapiter nos tous justes nécessaires effectifs ? Je fais allusion à une saine politique d’acquisition de matériels militaires standardisés, type OTAN, dont les coûts unitaires seraient compatibles avec nos moyens et surtout renouvelables à moindres frais. Il est beau le Rafale, il est beau le Leclerc, mais hélas, nos petits camarades préfèrent d’autres modèles. La realpolitik en la matière est impitoyable : nous ne passons plus.

Le Livre blanc abordera-t-il le sujet des faramineux programmes ? Peut être, peut être pas, en tout cas on s’attend à la suppression de dizaines de milliers d’emplois et à la fermeture de très nombreuses bases. Et encore une fois, ce seront les forces terrestres qui en feront les frais.

Ce sera la première fois que les « nouvelles menaces » seront évoquées, avec, à la clé, une doctrine d’emploi des forces et de ses missions. Comment faire coïncider l’idée de la réduction des forces avec celle du déploiement en force, nécessaire, qui pourrait être mis en œuvre pour faire face à un terrorisme porté sur notre sol, autres menaces balistiques et catastrophes naturelles ? On ne peut pas à la fois réduire et rendre plus opérationnel. La couverture en soldats, leur nombre, pour certaines actions, et leur équipement reste la meilleure des garanties. A propos des équipements, force est de constater que nos militaires s’équipent de plus en plus - pour les effets "personnels" - dans les « surplus » tant les matériels en dotations sont obsolètes ou inadaptés. Cela devient criant lorsque nos unités viennent à fréquenter leurs pairs en OPEX. Lorsqu’il s’agit d’une paire de chaussette c’est encore jouable et remplaçable mais lorsqu’il s’agit d’équipements opérationnels , c’est peinant.

La crédibilité de nos ambitions est en jeu

Les commissions de Défense du Sénat et de l’Assemblée travailleront ensemble le 21 mai prochain avant l’adoption définitive, revisitée par Nicolas Sarkozy et son Conseil des ministres début juin, puis présentée, en séance publique à l’Assemblée par le Premier ministre. L’affaire est purement civile, les militaires représentés et consultés n’ont pas véritablement voie au chapitre ; c’est pourtant eux qui seront projetés en cas de crise et, surtout, assureront, sur le terrain la crédibilité de notre diplomatie.

Or, à format d’armée lilliputien, diplomatie lilliputienne, et ambitions réduites. Est-ce cela que nous voulons ? En tout cas, c’est ce que nous sommes en train de fabriquer à grands renforts de leurres, expliquant que l’on peut faire plus avec moins. Ce n’est pas avec de tels arguments que nous pourrons faire entendre la voix de la France.

Les militaires ne demandent qu’à faire leur job et à le faire bien, or, en supprimant une trentaine de garnisons, « ce qui va avec » et 40.000 postes d’ici à 2012, nous ne serons bon qu’à jouer les supplétifs des anglo-saxons comme se plaît à le dire un képi étoilé dans le Monde. J’espère que l’aéronavale sera l’heureuse destinataire d’une bonne nouvelle : la mise en œuvre d’un deuxième porte avions.

La mutualisation des moyens est – sur le papier - une idée génératrice d’économies, mais la réalité en est une autre. Quant à la sous-traitance, elle prête à sourire, tant ses coûts seront faramineux. Se passer de 2 spécialistes aux compétences pointues, à l’esprit opérationnel, travaillant 340 heures par autant d’heures de sous-traitance équivaut à un surcoût de plus de 350% (différence entre les deux salaires ttc et des heures revenant à 100 euros ttc + acheminement + jours fériés + déplacements). Les unités seront-elles dotées de ces moyens là ? Nous aurons la réponse. Avec la même logique, viendra le temps ou la défense sera l’affaire de sociétés militaires civiles sous contrat de leasing. On sera enfin débarrassé du poids de notre défense. Les livres d’histoire racontent de drôles de mésaventures à ce sujet...

Nous avons la chance, dans nos armées, de disposer de personnels compétents, disciplinés et positifs mais il ne faudrait pas en profiter pour leur faire avaler des couleuvres et c’est un peu le sentiment qui prévaut aujourd’hui. Sentiment relayé ouvertement par de très hauts gradés dans la presse (voir article du général Thomann dans le Monde)

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Allocution du CEMA en ouverture des journées Paix et Défense

C’est avec un très grand plaisir que j’ai accepté l’invitation de MM. Boucheron et Fromion pour introduire les débats de ces 15e rencontres parlementaires paix et défense.

Ces rencontres interviennent à un moment qui, il faut bien le dire, ne rend pas facile la tâche de ceux qui vont devoir s’exprimer aujourd’hui. Depuis un an nous sommes engagés dans un vaste débat sur notre défense. Ce débat a été particulièrement riche et nourri, tant au sein de la commission du livre blanc que des équipes de la Révision Générale des Politiques Publiques, ou plus largement de l’opinion publique à l’occasion des réflexions relatives à nos engagements internationaux et notamment à notre attitude à l’égard de l’OTAN.

Il reste certain que les conclusions des différents travaux ne sont pas connues dans leur intégralité, même si le Président de la République a d’ores et déjà arrêté un certain nombre de grandes orientations.

En revanche, il est probablement utile de tirer parti de cette période d’attente de la décision politique pour revenir sur ce qui a fait la substance de ces débats. Notre vue n’est pas encore obscurcie par le brouillard qui naîtra inévitablement des commentaires, nombreux, qui accompagneront chacune des décisions concrètes par lesquelles ces grandes orientations se traduiront.

Le moment me semble donc propice pour tracer un bilan des débats qui ont eu lieu et envisager, d’ores et déjà, l’étape suivante, fondamentale, celle qui suivra la publication des conclusions.

Le livre blanc de 1994 était incontestablement le livre blanc de la projection. Complétées par la décision de professionnalisation intervenue en 1996, ses conclusions ont accompagné la transformation progressive de nos armées destinées à l’époque un conflit unique et bref à nos frontières en une force interarmées vouée à l’engagement permanent dans des opérations longues et multiples sur des théâtres parfois lointains.

Il est sans doute trop tôt pour prétendre qualifier le livre blanc de 2008. Je crois en revanche possible de souligner déjà l’équilibre qu’il va s’attacher à recommander dans les différents axes d’effort de notre défense.

Notre effort de défense s’est traditionnellement orienté dans trois grandes directions, ce que j’ai appelé notre triangle stratégique. Aussi loin que puisse remonter notre mémoire nationale, nos armées ont en effet toujours dû faire face :

-  au risque de guerre contre des puissances hostiles,

-  à la nécessité d’intervenir à l’extérieur de ses frontières dans des zones navales aussi bien que terrestres en proie à des formes variées de violence endémique ou de désordre politique,

-  au redoutable défi de devoir circonscrire des troubles graves sur le territoire.

Chaque période de notre histoire a été marquée par la prédominance de l’une ou l’autre de ces trois directions.

Mais aujourd’hui, l’exposé des fonctions stratégiques retenues par le Président de la République me paraît annoncer une innovation notable. Il met en évidence, pour la première fois, un triangle stratégique équilibré, répondant à un contexte international susceptible de donner naissance à des menaces très diverses.

La singularisation de la fonction connaissance anticipation traduit d’ailleurs cette prise de conscience de la difficulté qu’il y a à identifier les défis auxquels nous serons confrontés dans les années à venir. Nous en attendrons un dispositif de renseignement plus rationnel et plus efficace, même si nous devrons nous garder de l’illusion de la prédictibilité, c’est-à-dire de l’illusion du lien de causalité entre la connaissance et l’anticipation. La connaissance n’est jamais que la connaissance de faits passés ou actuels. " L’expérience est une lanterne que l’on porte sur le dos et qui n’éclaire jamais que le chemin parcouru ", disait Confucius. Les conclusions qu’elle permet sur l’avenir sont d’autant plus aléatoires que l’horizon temporel s’éloigne. Surtout, savoir sans pouvoir n’est jamais d’une grande utilité.

Le livre blanc a ensuite consacré la première direction stratégique, celle de la protection de nos concitoyens ou de nos intérêts face à des menaces potentielles. Cet accent représente d’ailleurs l’une des innovations majeures du livre blanc, le premier qui aura été dédié à la défense et à la sécurité nationale.

La mise en exergue du rôle fondamental joué par les forces de sécurité non militaires dans la protection m’apparaît essentielle. Elle traduit en effet par contraste la spécificité du rôle des forces armées. En d’autres termes, elle traduit la complémentarité, mais aussi la nécessaire distinction du rôle des uns et des autres.

C’est pourquoi je préfère à cet égard retenir la notion de synergie que celle de continuum entre la sécurité et la défense. Chacun des membres de la commission s’est accordé à reconnaître que ces deux domaines de l’action de l’Etat posaient en réalité des questions fondamentalement différentes.

La libération des otages du Ponant est en vérité un exemple faussement illustratif. D’une manière générale, dans ce domaine, il convient à mon sens de se défier des solutions trop simples.

Nous devons nous méfier de la tentation rhétorique, celle qui conduit souvent à étendre exagérément le sens des mots dans l’espoir très français de mettre au jour enfin la théorie unifiée de la science politique et militaire comme les physiciens cherchent à unifier les quatre forces fondamentales. En vérité, il y a autant de terrorismes que de terroristes, autant de problèmes politiques que de crises militaires, autant de distinctions que d’interactions entre les situations à l’intérieur et à l’extérieur du territoire national ou européen.

Autre fonction retenue par le livre blanc qui recoupe l’une de nos directions stratégiques traditionnelles, celle de la prévention des crises. Il s’agit toujours de contribuer dans le cadre de nos engagements internationaux à la lutte contre l’instabilité dans les zones les plus fragiles de notre planète. Je crois que sur ce sujet les évolutions convergentes qui se dessinent de notre politique vis-à-vis de l’OTAN, de notre livre blanc et de la réforme constitutionnelle en cours de débat traduisent la prise de conscience de la nécessité d’une approche plus rationnelle de nos interventions extérieures qui sont, selon toute évidence, appelées à perdurer. La décision de renforcement de notre contingent en Afghanistan illustre à mon sens les modalités futures d’une telle rationalisation : des contingents déployés avec détermination sur un nombre probablement plus réduit de théâtres, mais plus puissants par leurs effectifs et mieux équipés pour faire face à des conflits dont la tendance est au durcissement. Dans ce domaine, il faudra aussi identifier plus précisément le rôle des forces armées et celui des autres acteurs.

Enfin, la troisième de nos grandes directions stratégiques, celle qui consiste à rester capable de faire face à toute aggravation brutale de la situation internationale, a vu son importance réaffirmée au travers des fonctions stratégiques intervention et dissuasion. La possibilité d’une surprise stratégique a été à plusieurs reprises soulignée par le Président de la République, qui a ainsi mis en évidence la rapidité avec laquelle nous pourrions nous trouver à nouveau face à des dangers graves pour notre pays, sans que nous puissions définir avec précision la forme qu’ils pourraient prendre. Aucune hypothèse ne peut être écartée, pas même celle d’une résurgence de la confrontation étatique, alors que les budgets militaires connaissent un rythme de progression accru partout dans le monde… sauf en Europe. La nécessité d’une puissance militaire crédible a été réaffirmée. Ce mot de crédible m’apparaît comme un point essentiel.

Dans les prochains jours et les prochaines semaines, des décisions plus concrètes seront annoncées. Nous allons entrer dans une phase de mise en œuvre qui va requérir toute notre attention, car la conception sans l’action relève de la même illusion que celle du savoir sans le pouvoir. Je voudrais énoncer ici quelques-uns des principes qui me guideront dans cette phase délicate et essentielle.

Chacune de mes options, de mes réflexions, chacune des décisions que je propose au Président de la République et au Ministre de la défense est et sera pesée à l’aune de trois critères.

D’abord, naturellement, ma préoccupation première est de mettre à la disposition du Président de la République les forces les plus opérationnelles possible, aptes à remplir les missions qu’il souhaitera leur confier. Ceci a naturellement des conséquences très larges. Je voudrais ici en souligner deux.

-  D’abord, cela rend indispensable de prêter une attention particulière à la cohérence de notre système de forces. Une armée, ce n’est pas la somme de son effectif et des matériels dont elle dispose. Ce qui confère à des armées leur véritable aptitude, c’est le niveau des ressources qu’elles consacrent à leur entraînement, c’est l’effort qu’elles consentent pour le maintien en condition opérationnelle, c’est la créativité de leur système de conception doctrinale, c’est le niveau de formation de leurs cadres, c’est la force de leur esprit militaire. Toutes choses qui retiennent peu l’attention, qui sont difficilement quantifiables, toutes choses qui pourtant font la différence, ce qui suppose que l’on y mette le prix.

-  Ensuite, nous devons tirer toutes les conclusions du cadre multinational de l’emploi des forces, mais en tirant aussi les leçons des expériences récentes. Je voudrais souligner que la multinationalité des opérations, si elle est toujours un avantage politique (légitimité) et stratégique (partage de la charge) est aussi un handicap militaire, car elle pose de redoutables problèmes d’interopérabilité et de cohésion. Plus précisément, pour aborder cette question, il faut avoir présent à l’esprit quelques idées simples :

* Nous avons l’ardente obligation de faire l’Europe de la défense mais ne nous y trompons pas, ce sera longtemps encore une source de coûts plus que d’économies ; il faut considérer cela comme un investissement sans doute susceptible de générer des dividendes, mais à long terme. Aussi bien l’exemple de l’opération au Tchad que celui des états-majors européens ou otaniens montrent que la promotion d’une alliance a, d’abord, un coût, même si nous pouvons espérer parvenir à un niveau de complémentarité plus élevé entre nos organisations. * Dans une alliance, pour toute opération il faut un pays meneur. Et ce pays ne peut prendre l’initiative d’une opération et entraîner ses alliés que s’il possède les capacités qui lui permettraient de faire l’opération avec ses moyens propres. C’est du moins que montre l’expérience de toutes les opérations multinationales récentes. Autrement dit, le maître mot de l’engagement multinational est : " pour amener ses partenaires à agir ensemble, il faut pouvoir agir seul. ". La France doit pouvoir rester capable d’être un de ces meneurs.

Ma deuxième préoccupation, après celle de la satisfaction du besoin politique, se portera vers nos soldats, nos marins et aviateurs.

Au terme d’une longue évolution, les armées ont aujourd’hui trouvé, je crois, leur place dans notre société. Ce défi n’est cependant jamais définitivement relevé, et il nous faudra continuer à promouvoir l’atout que représente pour notre pays une identité militaire pleinement assumée, à l’égard des deux dangers permanents que sont la banalisation et l’isolation. Cela doit se traduire en particulier par la poursuite de l’effort fait sur la condition militaire au regard des sujétions propres au métier des armes.

Mais, plus important encore est dans ce domaine mon souci de donner à nos soldats, à nos marins et à nos aviateurs tous les moyens de remplir leurs missions lorsque nous les déployons sur les théâtres d’opérations ou dans les zones de conflit.

Dans ce domaine, les mesures de gouvernance ou de rationalisation ne se traduisent pas par des hausses ou des baisses d’indicateurs de performance établis par les spécialistes du contrôle de gestion ; elles se traduisent par la vie ou la mort de nos jeunes concitoyens qui partent défendre nos valeurs et nos intérêts. Pour ma part, je ne l’oublie jamais. Comme a pu le dire un important responsable de notre défense, " il est des économies qu’il faut savoir ne pas faire ".

Enfin, j’ai une troisième préoccupation, qui est, elle aussi, permanente. Je suis conscient de ma responsabilité de passeur. Je suis très attentif à contribuer à la qualité de l’outil militaire que nous laisserons aux générations futures. Une armée, ce n’est pas l’affaire d’une loi de programmation militaire, ni même celle de l’horizon d’un livre blanc. Une armée, cela se construit en plusieurs décennies. Cela tire parti des investissements faits bien des années à l’avance, des cadres formés bien des décennies en amont, des traditions et des savoir-faire acquis parfois de manière plus ancienne encore.

C’est pourquoi, en particulier, nous devons combattre la tentation que j’appellerai celle de la remontée en puissance, c’est-à-dire de la possibilité de relâcher notre effort, quitte à le reprendre en cas d’apparition d’une menace plus avérée. Comme le disait Thiers à propos de la marine, construire une armée demande du temps, de la constance et de la volonté. Cela ne s’accommode pas d’à-coups.

En d’autres termes, nous n’assurons pas seulement aujourd’hui la défense de la France de 2008 ou de 2015. Nous créons d’ores et déjà, par la valorisation ou l’appauvrissement de notre capital, les conditions de celle de 2025 ou 2040.

Je voudrais terminer ce bref propos liminaire en évoquant les mots du général Beaufre, qui définissait la stratégie comme " la dialectique des volontés utilisant la force pour résoudre leur conflit. " C’est dire que, si nous devons veiller jalousement à la poursuite des objectifs de long terme que nous nous sommes fixés, nous devons aussi rester en permanence capable de nous adapter aux fluctuations du contexte stratégique. Ceci indique que loin de marquer le terme des débats, l’exercice du livre blanc doit au contraire être un point de départ, pour que le débat stratégique français prenne un nouvel élan. Je vois dans ces rencontres parlementaires une première étape de cet élan qui devra être poursuivi.

Je vous remercie.

Ministère de la Défense

17 mai 2008

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7 commentaires pour cet article

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  • debat@letelegramme.com 19 mai 2008 08:23

    L’analyse est pertinente car la parution de ce Livre Blanc sur la Défense permettra de connaître "officiellement" les lignes directrices et les nouveaux concepts qui seront appliqués. L’inquiétude doit être grande pour les armées de Terre et de l’Air,pour la Marine Nationale et la Gendarmerie. Que leur est-il réservé ? A quelle sauce vont-ils être mangés ? Quel est leur avenir ? Autant de questions dont les réponses sont attendues avec impatience. Impatience d’autant plus grande que des informations issues de bruits de couloir ne laissent rien présager de bon. Certains pourront s’étonner des inquiétudes que les militaires associent à leur avenir professionnel. D’autres répondront par cette boutade, "Ils ont signé..." La professionalisation des Armées et la suppression du service national ont réduit les effectifs. Par contre les missions multiples et à caractères variés n’ont cessé de s’accroître.Dans cette multiplicité,la disponibilité permanente des militaires est mise largement à contribution. Le métier des armes a sa grandeur mais induit beaucoup d’obligations et un grand nombre de contraintes. Dès lors que le rapport entre tous ces facteurs n’est plus équilibré,les militaires pourraient se sentir les parents pauvres d’une gestion financière et bureaucratique dont ils ne seraient que la simple variable d’ajustement. Votre conclusion reconnait la compétence de nos militaires, de leur discipline et de leur esprit positif. C’est tout à votre honneur de l’avoir écrit. Mais souhaitons que nos grands décideurs aient pris en compte les grandes valeurs humaine et morale de ceux qui composent, à tous les niveaux, notre Défense Nationale.

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  • debat@letelegramme.com 19 mai 2008 08:22

    Vous navez pas tort . Mais n’oublions pas que 53% de nos compatriotes ont élu Sarko sur un projet de démantèlement de l’Education Nationale , du système de santé , de l’armée , de la poste , de la justice ...

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  • g.f.delhomme 17 mai 2008 18:23

    bonjour à tous

    je voudrais partager quelques reflexions

    l’armee doit être protégée contre les erreurs de vue de la nation, surtout pour les guerres d’agression, l’ensemble des militaires devrait avoir droit de vote et de veto argumenté aux operations les engageant.

    l’information qui decide la guerre doit être fiable et exhaustive, l’onu ne joue pas son rôle à ce niveau là

    c’est la statégie qui decide des budget et rien d’autre, et la statégie change tout le temps surtout en fonction de l’évolution de la desse de la science

    la dependance aux gadgets, aux communications et aux specialistes rend vulnérable en situations difficiles

    la sous traitance du strategique au commerce est la porte ouverte au sabotage, à la divulgation de l’information, à la standardisation de l’equipement ce qui est un danger parceque toute standardisation beneficie à ceux qui peuvent la connaitre

    les ressources de l’armée sont des ressources payées par la société civiles en temps de paix cela devrait être mis à disposition de la société civile (moyennant accompagnement et précautions bien evidement)

    voila mon opinion et j’en rajoute une

    il ne suffit pas de tirer un livre à blanc pour aider l’adversaire à changer de point de vue, il s’agirais là plutot d’une version présidentielle d’une farce de plaute,

    "le pouvoir fanfaron"

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  • Visiteur 17 mai 2008 16:36

    Je viens de lire l’article du Général Thomann. Il est très intéressant. Je comprends que, face à la tourmente, il prèche pour sa paroisse. c’est bien naturel. Je suis moi même un ancien de la Marine Nationale.

    Mais, par l’élection de N. Sarkozy, le peuple français a choisi et la messe me semble dite. D’ailleurs, l’annonce des réductions de régiment n’entraine en France qu’une sorte d’indifférence. Visiblement, l’armée ce sont les militaires qui en parlent...

    Déjà avant son élection, N. Sarkozy n’était pas identifié comme un pro-militaire. Il n’hésite pas à s’attaquer aux bastions des syndicats publics, alors les pauvres militaires sans droit grève ne peuvent pas espérer grand chose, même pas être invités aux réunions de réflexion.... Atlantisme et réduction au bouclier nucléaire sous entendent surtout deux choses : on est protégé alors les forces classiques ne servent plus. Sauf les forces spéciales,en se basant sur l’expérience de l’Afghanistan ; Ce point de vue est également présent parmi les militaires eux mêmes.

    En ce qui concerne l’aspect économique, c’est également dans la cohérence du président. A une époque MAM annonceait que la moitié du budget d’entretien allait aux entreprises françaises. C’était déjà vrai pour la Marine : déjà plus un vecteur de l’économie de défense qu’un outil de guerre. L’aide indirecte aux entreprises françaises va donc continuer, et leur main mise se renforcer. Et encore les entreprises privées travaillent en environnement concurrentiel, et ne sont donc pas forcément les pires. On ne parle pas assez des couts pratiqués par les organismes industriels étatiques de la DGA, qui pourtant ne devrait pas faire de bénéfices logiquement.

    Il faut également remercier nos "amis" européens. L’évolution logique serait une transformation et une intégration de l’armée française au sein d’une armée européenne. Mais, seule l’allemagne coopère plus ou moins, les autres : Grande Bretagne, Espagne, et surtout les nouveaux comme la Pologne, se sont directement mis sous la haute et plus ou moins bienveillante protection américaine. Résultat : leur budget de la défense est ridicule et cela leur permet de ne pas avoir de problèmes de budget de l’état, ou disons un peu moins, au prix d’une perte de souveraineté. Au bilan, non soutenue par ses "alliés", la France à des difficultés à faire cavalier seul, son bouclier nucléaire fait figure de luxe. Centré sur les problèmes intérieurs, pas étonnant que N. Sarkozy copie sur les voisins et toque à la porte du Commandement OTAN, avec lequel les forces françaises ont toujours été interopérables.

    C’est donc la troupe qui va souffrir. Alors qu’être militaire, appelable en tout temps et tout lieu, sans droit de grève, villipendé par tous ceux qui ne voient que les avantages pour la retraite sans voir les risques et contraintes qu’il faut assumer, ne peut se faire sans un certain idéal du service de la Nation et du dévouement.

    Comme il s’agit de départs à la retraite non remplacés, il s’agira des futurs milliers de jeunes qui ne pourront plus soit trouver une brillante carrière soit trouver, après une jeunesse erratique et une éducation en faillitte, une voie de développement et de progression, au service d’un idéal. Espérons au moins, qu’ils trouveront du travail dans les entreprises nourries par le budget de la Défense.

    Répondre

  • arnaud 16 mai 2008 15:36

    je répond au message que nous donne le commentaire précédent parlant je cite : - depuis 25 ans les homes et les femmes qui entrent aux armées, n’ont plus la foi de leurs ainés. Oui nos aines avaient la foi ; car l’institution par l’éducation nationale donne cette fierté d’être français, maintenant le seule moment ou la marseillaise est chantée est sur les stades. Avec des hommes qui renie au fur et a mesure les conquêtes française et préférant fêter des défaites et constamment s’excuser mainte fois des erreur du passer. Les précédents gouvernement on données peu de moyens préférant faire passer leur armées (soit dit en passant les français ) pour des CHARLOTS ! La France demande a ces soldats l’abnégation et jusqu’à l’ultime sacrifice afin d’amener a bien sa mission pour les intérêt de la France donc des français. Maintenant les restrictions sont la mais pas partout, ou sont les reforme sur les têtes étoilées ou même autre officiers se trouvant a Bruxelles et étant payés soldes opex ????Que l’on demande a des soldats de payer leur logement en MCD (Djibouti, Sénégal Gabon etc) alors qu’ils sont envoyer par la France, et de l’autre cotés permettre a nos soit disant chef de loger au Concorde ou au Hilton, Meridien etc !!!?? je suis un soldats ,ce qui m’ecoeur le plus est de voir nos élues ne rien dire quand il manque de l’argent pour un ministère et dire : et bien prenons celui de la défense les bidasses ne dirons rien car ils ont le devoir de réserve et après tout a quoi sert l’armée ??? messieurs réapprenez votre histoire un pays qui a une armées faible reflètent sont état et ces citoyens. Le livre blanc arrive a grand pas certaines choses sont positives mais a ton vraiment étudié la question de reforme ou est ce seulement la mode du vite fait mal fait ?? Espérons que nos enfants ne payerons pas

    Répondre

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