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RIA Novosti
Rappel historique
Le mur de Berlin, sinistre symbole de la guerre froide, fut construit il y a 45 ans. Avant cela, la frontière entre l’ouest et l’est de Berlin était ouverte. La ligne de partage longue de 44,75 km (la longueur totale de la frontière entre Berlin-Ouest et la RDA était de 164 km) passait à travers les rues et les maisons, les canaux et les canalisations. Il y avait 81 postes de passage officiels dans les rues et 13 passages dans le métro et sur le chemin de fer urbain.
La situation à Berlin se détériora en été 1961 : poussés par la politique rigide du leader est-allemand Walter Ulbricht, une politique économique visant "à rattraper et à dépasser la RFA", les difficultés économiques, la collectivisation forcée entre 1957 et 1960, la tension dans la politique étrangère et la meilleure rémunération du travail à Berlin-Ouest, des milliers de citoyens de la RDA tentaient de passer à l’Ouest. Rien qu’en 1961, plus de 200.000 personnes quittèrent le pays. Il s’agissait pour la plupart de jeunes spécialistes qualifiés.
Dans le contexte de l’aggravation de la situation autour de Berlin, les dirigeants des pays du Pacte de Varsovie prirent la décision de fermer la frontière. En août 1961, les premiers secrétaires des partis communistes au pouvoir des Etats du pacte se réunirent à Moscou, où Walter Ulbricht insista sur la fermeture de la frontière à Berlin. Le 7 août, le bureau politique du SED prit la décision de fermer la frontière entre la RDA, Berlin-Ouest et la RFA. Ce projet fut baptisé "Muraille de Chine II". Près de 25.000 membres de groupes paramilitaires et des entreprises est-allemandes furent installés sur le tracé de la frontière avec Berlin-Ouest, leurs actions étant appuyées par les unités de l’armée est-allemande. Dans le même temps, l’Armée Soviétique fut mise en état d’alerte.
La construction du mur de Berlin ne prévoyait pas initialement le blocus de Berlin-Ouest, comme à la fin des années 1940. A partir de 1963, les habitants de l’ouest de la ville furent autorisés à visiter leurs parents résidant à Berlin-Est pendant les fêtes de Noël et du Nouvel An, mais au bout de cinq ans, la RDA introduisit un régime de visas dans le train de transit pour les citoyens de la RFA et la population de Berlin-Ouest. Le passage des membres et des fonctionnaires du gouvernement, ainsi que des militaires de la RFA à travers le territoire de l’Allemagne de l’Est fut suspendu.
Les tentatives d’évasion à l’Ouest
D’après les dernières données citées par Die Welt, le nombre d’Allemands tués lors de tentatives pour aller vivre en RFA dépasse les 1.000.
La hauteur du mur encerclant Berlin-Ouest atteignait 6 mètres. L’ordre 101 prescrivait aux gardes-frontières est-allemands de tirer sur tous ceux qui tenteraient de franchir le mur illégalement et se trouveraient ainsi dans la "ceinture de la mort".
La majeure partie des évasions réussies à l’Ouest eurent lieu durant les premiers mois qui suivirent la construction du mur, alors qu’il était encore perfectible. Le premier cas, immortalisé par un appareil photo, se produisit le mardi 15 août 1961 : un garde-frontière est-allemand âgé de 19 ans, dont la fiancée était restée à Berlin-Ouest après le partage de la ville, franchit les barbelés de Bernauer-Strasse.
Il y eut quelques tentatives en vue de franchir le mur en creusant des tunnels. L’une d’entre elles réussit en 1964 : il s’agissait d’une évasion de masse. Pendant 6 mois, 37 étudiants est-allemands creusèrent un tunnel de leur côté pendant que leurs amis et parents creusaient eux-aussi à Berlin-Ouest. Le tunnel, d’une profondeur de 12 mètres, mesurait environ 300 mètres de longueur. En trois jours, du 3 au 5 octobre 1964, 57 personnes réussirent à fuir à l’Ouest par ce passage souterrain.
Les fuites effectuées par air furent probablement les plus infructueuses. Sept jours après la construction du mur, un habitant de Berlin-Est décida de traverser la frontière. Après avoir choisi une maison, dont un côté donnait sur Berlin-Ouest, il sauta de l’appui d’une fenêtre et fut tué en vol...
On évoque aussi un cas intéressant : tentant de sauver leur enfant, ses parents le catapultèrent dans la partie Ouest, restant eux-mêmes à Berlin-Est.
Un citoyen de la RDA âgé de 20 ans fut la dernière victime du mur : il fut tué en tentant de le franchir le 6 février 1989, deux semaines avant l’annulation de l’Ordre 101. Après l’annulation de l’ordre, la frontière emporta une autre vie. Le 8 mai 1989, Wienfried Freudenberg s’écrasa en tentant de passer à Berlin-Ouest dans un aérostat artisanal.
Longueur : 155 km
Longueur à la frontière entre Berlin-Est et Berlin-Ouest : 43 km
Longueur à la frontière entre Berlin-Ouest et la RDA : 112 km
Longueur de la ligne de contrôle : 124 km
Nombre de chiens de garde : 600
Nombre de miradors : 302
Nombre de bunkers : 22
Quantité de gardes positionnés à la frontière avec Berlin-Ouest : 14.000
Les fuites en chiffres
5.043 personnes ont réussi à franchir le mur, dont 574 membres de l’Armée nationale du peuple de la RDA et de la Police du peuple.
Plus de 60.000 personnes ont été poursuivies en justice pour avoir préparé des fuites.
3.221 personnes ont été arrêtées aux abords du mur.
1.008 personnes ont été tuées en tentant de passer le mur.
Parmi ces dernières, on compte 40 enfants et adolescents, ainsi que 60 femmes.
L’âge des victimes oscille entre un et 86 ans.
27 policiers et gardes-frontières postés aux abords du mur ont été tués.
Il y a eu 35 tentatives de franchir le mur en y créant une brèche.
Article préparé par la rédaction internet www.rian.ru sur la base d’informations de l’agence RIA Novosti et d’autres sources.
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