En 2003, John Geddes – ancien membre du Special Air Service [ les forces spéciales britanniques ] et vétéran de nombreuses guerres – est parmi les premiers occidentaux à se rendre en Irak pour y travailler comme « contractor ».
Il y restera près de deux ans, à assurer la protection de différentes personnes dans un monde qui sombre très rapidement dans la folie et dans le chaos. Son témoignage sur ces années d’enfer, auxquelles il réussit à survivre, constitue un récit terrifiant sur la vie en Irak, sur son quotidien de « contractor », mais aussi sur celui de ses collègues et des Irakiens pris dans la tourmente de la guerre.
John Geddes raconte la folie de ce pays qui a basculé dans la guerre civile. Il décrit également un phénomène inéluctable : la privatisation par plusieurs gouvernements de missions autrefois confiées à des militaires sous uniformes.
John Geddes est aujourd’hui à la tête d’une société qui dispense des formations aux journalistes susceptibles de partir en reportage « dans des pays aux environnements hostiles », et qui délivre également des certifications aux anciens soldats d’active qui souhaitent travailler pour des Sociétés Militaires Privées (SMP), qu’ils soient de nationalité britannique, américaine, française... ou même chinoise. Parallèlement, John Geddes continue d’effectuer des missions de conseil en sécurité ou de protection en Irak, en Afghanistan, au Liban, etc..
JOHN GEDDES SERA PRÉSENT À PARIS DU
LUNDI MATIN 27 NOVEMBRE AU MERCREDI 29 NOVEMBRE
Le livre de John Geddes est un témoignage unique sur le quotidien des « nouveaux mercenaires » - les fameux « contractors » - qui travaillent en Irak.
Editions Movie Planet
240 pages – 18,50 €
Disponible en SP
En librairie à partir du 20 novembre
Rappel chronologique
Le 1er mai 2003, le président George W. Bush annonce sur le pont du porte-avion U.S.S. Abraham Lincoln que les « opérations de combats majeures » en Irak ont pris fin. « Mission accomplie » proclame une banderole affichée derrière lui.
Aussitôt, l’administration américaine lance son programme de reconstruction de l’Irak. Mais le gouvernement américain n’a pas imaginé un seul instant qu’il pourrait être confronté à un mouvement d’insurrection.
« Les officiels gouvernementaux estimaient qu’à l’issue du conflit, l’environnement Irakien serait relativement calme et permettrait d’engager immédiatement les efforts de reconstruction. […] Nos discussions avec des sociétés chargées de la reconstruction de l’Irak ont montré que ces dernières avaient prévu des mesures de sécurité minimales dans leurs contrats, comme l’emploi de vigiles pour prévenir les vols sur les chantiers. »
Source : GAO (Government Accountabilty Office) (juin 2005)
Dès la mi-mai, la situation s’aggrave et les forces armées de la coalition se retrouvent confrontées à un mouve
ment insurrectionnel grandissant. Les entreprises chargées de la reconstruction de l’Irak – qu’elles soient gouvernementales ou civiles – sont obligées de se tourner de toute urgence vers des « sociétés de sécurité privées » pour leur confier la protection de leur personnel et de leurs infrastructures.
Dans la confusion générale de l’époque, et afin de pouvoir remplir leurs obligations contractuelles – des contrats de reconstruction de plusieurs dizaines de millions de dollars – les sociétés de reconstruction font appel à toutes sortes de « sociétés de sécurité privées » ; certaines établies de longue date, d’autres créées beaucoup plus récemment.
Dix-huit mois plus tard, au 31 décembre 2004 , « Le Pentagone estime que 60 sociétés de sécurité privées au moins opèrent en Irak, lesquelles emploient près de 25 000 personnes. Ces sociétés sont américaines ou de nationalité étrangère et leur personnel provient de très nombreux pays dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Afrique du Sud, le Népal, le Sri Lanka, les îles Fidji et parfois des Kurdes ou des Arabes d’Irak. » Source : GAO juin 2005
Le coût de la sécurité en Irak est alors estimé à 9% en moyenne de la valeur des contrats de reconstruction, chiffre pouvant monter jusqu’à 15% pour certains d’entre eux. Le salaire mensuel des anciens soldats des forces spéciales peut atteindre $33 000 mensuels. À l’inverse, les « contractors » de base ne perçoivent que $ 4 500 mensuels en moyenne (Kurdes, Philippins, Ukrainiens, Népalais, etc...).
En juin 2006, le département d’Etat américain estime que le coût de la sécurité en Irak varie de 16 et 22% de la valeur des contrats de reconstruction. Plus de 180 sociétés de sécurité privées opèrent alors en Irak où elles emploient plus de 50 000 « contractors. »
Depuis septembre 2005, ces sociétés de sécurité privées peuvent travailler directement pour le compte de l’armée américaine en assurant la protection de leurs bases armées ou de leurs convois de ravitaillement. Il ne s’agit plus de « mercenaires »
Certains de ces contrats de sécurité se chiffrent en dizaines de millions de dollars ; certains contrats de mise à disposition de personnel spécialisé se chiffrent en centaines de millions de dollars.
Complément d’information
1) Statistique sur les principales causes de décès des contractors (sur 367 décès)
2) Extrait du rapport du Government Accountability Office (GAO - Cour des Comptes) (Juillet 2005) : Reconstruction de l’Irak : mesures nécessaires pour améliorer l’utilisation de soldats privés
De nombreux extraits sont traduits en français
3) Extrait du rapport du Government Accountability Office (GAO - Cour des Comptes) (Juin 2006) : Reconstruction de l’Irak : mesures toujours nécessaires pour améliorer l’utilisation de soldats privés
De nombreux extraits sont traduits en français
4) Exemples de quelques contrats signés par le Pentagone en août – septembre – octobre 2006 et directement liés aux marchés de la sécurité en Irak ou en Afghanistan (13 contrats pour plus de 700 millions de dollars).
Ces contrats témoignent des problèmes auxquels sont confrontés les forces de la coalition ou les contractors sur le terrain et reflètent les orientations stratégiques du Pentagone.
Sociétés citées : Gyrocam Camera Systems ; MPRI (filiale de Level 3 Communication) ; Global Strategies Group ; Lockheed Martin Corp., Maritime Systems and Sensors (LM MS2) ; BAE Systems ; Systex ; GM GDLS Defense Group L.L.C. ; REEP Inc ; Boeing ; American Science & Engineering ; Technical & Management Services Corp ; First Choice Armor and Equipment ; Blackwater Security Consulting
5) Exemples de quelques contrats plus anciens (2005-2006) et directement liés aux marchés de la sécurité privée au Kosovo, en Irak ou en Afghanistan (10 contrats pour plus de 1,1 milliards de dollars)
Sociétés citées : Dyncorp. ; MPRI ; SOC-SMG ; AECOM ; ITT Federal Service International ; Foster-Miller ; L-3 Communications Government Service
6) Les positions anglaises et françaises sur le phénomène des « contractors »
7) Le point de vue d’un tribunal américain sur la légalité des appels d’offres passés par l’armée américaine pour avoir recours à des « contractors »
Extrait de la plainte déposée le 18 août 2006 par Brian Scott et réponse du Contrôleur Général des Etats-Unis pour le GAO . Extraits traduits en français.
8) L’exode des soldats des forces spéciales vers les sociétés de sécurité
Extrait du discours du sous-secrétaire d’Etat à la Défense Davidd S. C. Chu
9) Appel d’offre lancé par le Commandement de l’armée américaine en Irak pour confier la sécurité de la base militaire Victory Camp – la plus importante base militaire américaine en Irak – à une société de sécurité privée.
Appel d’offre entièrement traduit en français.
1) Statistique sur les principales causes de décès des contractors (sur 367 décès constatés)
31,9% Attaque de convoi ou de véhicule (embuscades avec ou sans échanges de coups de feu,
tir de lance roquette, etc…)
23,7% IED (engin explosif improvisé)
13,1% Exécution (exécution filmée ou cadavre retrouvé après enlèvement)
9,0% Divers (mine, grenade, crise cardiaque, tir ami, etc…)
4,9% Accident de la route
4,1% Voiture piégée
3,8% Hélicoptère abattu
3,5% Kamikaze (ceinture d’explosifs)
3,3% Voiture kamikaze
1,6% Obus de mortier
1,1% Tir de sniper
Source : Iraq Casualties Org – Synthèse Eds Movie Planet
Selon différentes sources, il y aurait eu entre 367 et 428 « contractors » tués en Irak entre mai 2003 et septembre 2006, tandis que 3 963 autres « contractors » auraient été blessés.
Durant la même période, 2 820 soldats américains ont été tués, et 20 687 autres blessés.
2) Extrait du rapport du Government Accountability Office (Cour des Comptes)
Rapport du GAO pour le Congrès (Juillet 2005)
GAO-05-737
Reconstruction de l’Irak : Mesures nécessaires pour améliorer l’utilisation de Soldats privés
(Actions needed to Improve the Use of Private Security Soldiers)
Extraits du rapport publié en juillet 2005 (à comparer au rapport de juin 2006 dont des extraits sont présentés après) :
« Au 31 décembre 2004, les différentes agences gouvernementales ou sociétés chargées de reconstruire l’Irak que nous avons auditées avaient dépensé plus de $766 millions auprès de sociétés de sécurité privées »
« Le GAO estime que le coût de la sécurité a représenté en moyenne 9% de la valeur des contrats de reconstruction étudiés mais, pour la moitié d’entre eux, près de 15%. »
« Le Pentagone estime que 60 sociétés de sécurité privées au moins opèrent en Irak, où elles emploient près de 25 000 employés. Ces sociétés sont américaines ou de nationalité étrangère et leur personnel provient de très nombreux pays dont les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Afrique du Sud, le Népal, le Sri Lanka, les îles Fidji et parfois des Kurdes ou des Arabes d’Irak. Les principales prestations de ces sociétés sont :
La sécurité statique : gardiennage de résidences ou d’usines
La protection rapprochée : pour les officiels américains de haut rang
La fourniture d’escortes : pour des employés du gouvernement, des employés civils ou à l’occasion de déplacements à travers l’Irak.
La protection des convois : la sécurité des véhicules et de leurs occupants alors qu’ils se rendent en Irak ou se déplacent à l’intérieur de l’Irak. »
« En Irak, le Département d’Etat, USAID, le Corps du Génie et l’Autorité Provisoire de la Coalition ont confié différentes missions de sécurité à des sociétés privées.
Notre étude de six de ces contrats, signés entre Août 2003 et Mai 2004, montre que ces agences ont provisionné $ 456 millions pour les affecter à des dépenses de sécurité dont : gardes armés, services de communication, services de protection. Les sociétés de sécurité privées retenues ont été américaines ou étrangères. Ainsi, alors que USAID avait signé avec une société américaine (Note : Kroll Inc. Montant du contrat non communiqué), le Corps du Génie avait contracté avec une société britannique (Note : contrat non communiqué). La sécurité de l’Ambassadeur est assurée par une société américaine, dont tous les employés sont américains (note : Blackwater Security Consulting. Montant du contrat : $ 21 millions). »
« Les sociétés chargées de la reconstruction de l’Irak n’ont pas anticipé le niveau de violence qu’elles rencontreraient dans le pays et se sont retrouvées dans l’obligation, très rapidement, d’assurer la protection de leurs employés et de leurs lieux de résidence. Au 31 décembre 2004, notre étude de 15 contrats de reconstruction pour lesquels nous avons obtenu des données montre que ces sociétés ont provisionné $ 310 millions pour sous-traiter leur sécurité. »
Quelques contrats signés à cette époque (source : US Department of defense – Déclaration des sociétés)
ArmorGroup (GB) : $ 40 millions pour protéger les employés de Bechtel (société américaine de BTP) pendant 18 mois.
DynCorp (USA) : $ 50 millions pour participer à la formation de forces de police irakiennes
Titan (USA) : $ 400 millions pour fournir des traducteur ou des conseillers culturels (dont certains ont été impliqués dans le scandale de la prison de Abu Graid)
Meteoric Tactical Solutions (Afrique du Sud) : $ 476 000 pour la protection du personnel britannique du Department for International Development’s (DFID)
ArmorGroup (GB) : $ 1,54 millions pour fournir une escorte de 20 hommes au personnel du Foreign Office
Erinys (Afrique du Sud) : $ 40 millions pour assurer la protection de sites pétrolifères et de pipelines
AirScan Inc (USA) : $ 10 millions pour la surveillance aérienne (hélicoptères) des réseaux de pipeline irakiens.
EOD Technology Inc. (USA) : $ 71,9 millions pour nettoyer des terrains minés, détruire des munitions ou mettre à disposition du Corps du Génie des équipes de démineurs.
Ronco Consulting Corporation (USA) : $ 419 millions pour organiser le désarmement, la démobilisation des forces armées irakiennes et des milices et leur réintégration dans de nouvelles unités. Autre contrat de $11,5 millions pour des opérations de déminage.
Vinnell Corporation (USA) : $ 48 millions pour entraîner la nouvelle armée irakienne.
Aegis (GB) : $ 293 millions pour coordonner des opérations de sécurité dans le cadre de contrats de reconstruction et pour assurer la protection du personnel du Project Management Office.
Etc...
« La coordination entre les sociétés de sécurité privées et l’armée à évolué d’une situation de coordination informelle basée sur des relations personnelles à une situation de coordination plus structurée. […] Selon certains prestataires de sécurité privés, de nombreux officiers de l’armée souhaitaient pouvoir se coordonner avec eux, mais d’autres le refusaient. [...]
La mise en place du Centre d’Opération de Reconstruction (COR) découle de cette nécessité d’une meilleure coordination entre les sociétés de sécurité privées et les autorités militaires. En mai 2004, l’armée a confié la protection et la gestion du COR à une société de sécurité privée. Le COR doit devenir opérationnel en octobre 2004.
Un COR national est basé à Bagdad et six COR régionaux sont basés au sein des différents commandements militaires régionaux.
La participation au COR se fait sur la base du volontariat, et sans aucun coût. Les Centres sont accessibles à toutes les agences gouvernementales américaines, aux sociétés de prestation et aux agences non gouvernementales opérant en Irak. Les équipes des Centres combinent du personnel militaire, des fonctionnaires civils et du personnel civil de sécurité. Ils proposent des services de :
Renseignement (non classifié)
Assistance militaire (envoi de Force de Réaction Rapide).
Assistance en communication (intermédiaire entre commandement militaire et sociétés privées) »
« Un sujet préoccupant pour les sociétés de sécurité privée concerne les tirs dits amis.
Une étude de ces incidents rapportés auprès du COR indique que la plupart se produisent lorsqu’un convoi organisé par une société de sécurité privée s’approche d’un checkpoint américain ou croise la route d’un convoi militaire américain. »
« Plusieurs prestataires de sécurité expliquent que les forces américaines leur ont tiré dessus sans raison. Un prestataire de sécurité explique ainsi que son convoi – après s’être identifié auprès du responsable du convoi militaire – s’était garé sur le bas-côté de la route pour laisser passer les militaires. Mais, après qu’une vingtaine de véhicules militaires les eurent dépassés, ils furent soudainement mitraillés par l’un des véhicules du convoi militaire. Il n’y eut heureusement aucun blessé. […] Réduire la fréquence des tirs amis est une des priorités des militaires, des sociétés de sécurité privées et du COR. […] Parmi les mesures préconisées figure notamment la recommandation de rester à au moins 200 mètres de distance d’un véhicule militaire. »
« Les sociétés de sécurité privées préfèrent recruter d’anciens militaires, et plus particulièrement d’anciens membres des forces spéciales en raison de leurs capacités et de leur expérience. Les vétérans des forces spéciales se voient offrir des postes clés tels que Conseil en Sécurité ou Responsable de Projet et peuvent assumer la protection d’officiels de haut niveau. Ces emplois sont rémunérés jusqu’à $ 33 000 mensuels. D’autres vétérans des forces armées sont recrutés pour travailler au sein de convois afin d’escorter des civils pour des salaires de $ 12 000 à
$ 13 000 mensuels. Enfin, certains postes moins bien rémunérés sont offerts pour assurer la protection de chantiers ou de sites industriels. Les employés ne reçoivent ces salaires que lorsqu’il travaillent en Irak, généralement par roulements de deux à trois mois. »
3) Extrait du rapport du Government Accountability Office (Cour des Comptes)
Rapport du GAO pour le Congrès (Juin 2006)
GAO-06-865T
Reconstruction de l’Irak : mesures toujours nécessaires pour améliorer l’utilisation de Soldats privés
(Rebuilding Irak : Actions Still needed to Improve the Use of Private Security Soldiers)
« Dans notre précédent rapport 2005, nous écrivions que le Pentagone estimait à 60 le nombre de sociétés de sécurité privées implantées en Irak, lesquelles employaient environ 25 000 personnes. En mars 2006, le directeur de l’Association des Sociétés de Sécurité Privées d’Irak estimait que 181 sociétés de sécurité privées étaient implantées en Irak, pour un peu plus de 48 000 salariés. »
« Les sociétés chargées de la reconstruction de l’Irak avaient admis leur manque de connaissance de l’univers des sociétés de sécurité privées et regretté l’absence de critères de choix qui auraient pu les guider, d’où un fort taux de non-renouvellement de leurs contrats passés avec certaines d’entre elles. Dans notre précédent rapport, nous avions préconisé que les agences gouvernementales envisagent instaurent certains critères de choix qui puissent permettrent de choisir rapidement et de manière efficace un prestataire en sécurité.
De tels critères auraient consisté en :
1) l’instauration de critères de qualifications essentiels pour le personnel des sociétés de sécurité privées
2) des obligations d’entraînement et d’autres obligations de moyen que le personnel aurait obligatoirement dû respecter
3) l’établissement d’une liste de sociétés recommandées
4) l’établissement d’une liste de véhicules susceptibles d’être employés par des sociétés de sécurité privées.
Bien que le Pentagone et USAID aient fait connaître leur accord sur ces points, le Département d’Etat a refusé d’appliquer cette recommandation au motif que la responsabilité du gouvernement aurait pu être engagée en cas de mauvaises performances des sociétés recommandées. »
« En septembre 2005, l’Avocat Général du Commandement Militaire Central des forces armées américaines a publié ses recommandations sur la directive du Pentagone autorisant de recourir en Irak à des sociétés de sécurité privées dûment accréditées pour protéger du personnel, des sites ou des équipements civils, mais également pour protéger de manière statique des bases militaires ainsi que le personnel et les équipements militaires se trouvant dans ces bases. »
« En janvier 2006, l’Avocat Général du Commandement Militaire Central des forces armées américaines a publié de nouvelles recommandations qui autorisent le commandement des forces armées en Irak à faire appel à des sociétés de sécurité privées pour protéger des convois transportant des approvisionnements militaires ou pour leur fournir du personnel de sécurité. Actuellement, le Pentagone a recours à des sociétés de sécurité privées pour assurer la protection de bases ou d’installations de l’armée américaine. Le Pentagone pourrait généraliser ce recours à de sociétés de sécurité privées en se basant sur les recommandations de janvier 2006. Cependant, il est difficile de prédire de quelle manière le Pentagone souhaite faire usage des possibilités accrues qui lui sont offertes. »
« Malgré le rôle significatif joué par les sociétés de sécurité privées en Irak et l’aide qu’elles ont apporté aux efforts de reconstruction, ni le Département d’Etat, ni le Pentagone, ni USAID – et donc aucune des principales agences gouvernementales impliquées dans l’effort de reconstruction en Irak – ne disposent de données exhaustives sur les coûts entraînés par le recours aux sociétés de sécurité privées. […] En janvier 2006, le département d’Etat a expliqué au Congrès que les coûts directs et indirects de la sécurité en Irak représentaient de 16 à 22% des coûts de reconstruction. »
« Malgré différentes améliorations constatées, la coordination entre sociétés de sécurité privées et forces militaires américaines continue de poser un problème. […] Nous avions recommandé en 2005 que le Secrétariat à la Défense mette en place un Cycle de Formation pour les unités se déployant en Irak afin que la coordination entre militaires et prestataires de sécurité privés soit accrue. Ce Cycle de Formation aurait intégré des informations sur les Centre d’Opération de Reconstruction, sur les procédures opérationnelles mises en œuvre par les sociétés de sécurité privées ainsi que sur les procédures déployées par la Force Multi-Nationale d’Irak. Bien que le Pentagone ait approuvé cette recommandation et demandé au commandement interallié de développer cette formation, elle n’a pas été mise en œuvre. »
« Lorsque nous avons rendu public notre rapport en Juillet 2005, il n’y avait pas de norme internationale qui aurait pu donner une idée des qualifications offertes par une société de sécurité privée et par son personnel en termes d’entraînement, d’expérience, de connaissance des armes à feu. Les associations de sociétés de sécurité privées et les sociétés elles-mêmes ont longuement plaidé la nécessité que de telles normes soient établies, mais ce n’était toujours pas le cas en juin 2006. »