Point au 20 janvier 2006
La France et les opérations de maintien de la paix
avec 566 Français engagés sous casque bleu (militaires, observateurs militaires et policiers) au 30 avril 2005, la France se situe au 22e rang parmi les 103 pays fournissant du personnel aux missions des Nations Unies. Ces personnels sont engagés dans 10 des 17 opérations de maintien de la paix actuellement en cours,
plus de 7000 militaires et policiers français sont engagés dans des opérations multinationales sous mandat des Nations Unies en Côte d’Ivoire, en Afghanistan et dans les Balkans,
en 2004, la France a contribué à hauteur de 201 millions d’euros pour les OMP. En 2005, sa part contributive aux OMP devrait s’élever à 261 millions d’euros, en raison principalement de la création de l’OMP au Soudan, avec un barème de 7,26 pour cent, nous plaçant au 5ème rang des contributeurs, après les Etats-Unis, le Japon, l’Allemagne et le Royaume-Uni.
La France compte 10.500 soldats engagés dans des opérations militaires extérieures et sept d’entre eux ont perdu la vie en 2005, a indiqué mercredi en Conseil des ministres la ministre française de la Défense Michèle Alliot-Marie.
Ces soldats sont notamment présents en Afghanistan pour circonscrire les foyers terroristes et reconstruire le pays, dans les Balkans et l’océan Indien pour restaurer la stabilité et priver terroristes et criminels des moyens d’agir, ainsi qu’en Côte-d’Ivoire, au Kosovo et en Bosnie. Ils sont aussi intervenus l’an dernier en Asie du sud-est après le tsunami, au Darfour, ainsi qu’à la Nouvelle Orléans (Etats-Unis) après le passage du cyclone Katrina, et au Pakistan après le séisme. Elle a insisté sur le fait que les armées françaises sont amenées à intervenir de plus en plus souvent dans un cadre multinational

PRINCIPALES OPÉRATIONS EN 2005 (source : Sénat)
OPÉRATIONS ONU :
Congo : mission des nations unies au Congo (MONUC)
Côte d’Ivoire : opération des nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI)
Ethiopie et Erythrée : mission des nations unies en Ethiopie et en Erythrée (MINUÉE)
Géorgie : mission des nations unies en Géorgie (MONUG)
Haïti : mission des nations unies pour la stabilisation en Haïti
Kosovo : mission intérimaire des nations unies au Kosovo (MINUK)
Liban : force intérimaire des nations unies au Liban (FINUL)
organisation des nations unies pour la surveillance de la trêve (ONUST)
Liberia : mission intérimaire des nations unies au Libéria (UNMIL)
Sahara occidental : mission d’observation des nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO)
OPÉRATIONS SOUS MANDAT INTERNATIONAL :
Afghanistan : ISAF/PAMIR/EPIDOTE
Kosovo : Kosovo Force (KFOR)
Sinaï : force multinationale d’observateurs au Sinaï (FMO)
Zone Atlantique : Carib Shield
OPÉRATIONS EUROPENNES :
Balkans : mission d’observation de la communauté européenne dans les Balkans (EUMM)
Bosnie-Herzégovine : mission de police européenne Opération Althéa
Macédoine : opération Proxima
OPÉRATIONS NATIONALES HORS TERRITOIRE NATIONAL :
Côte d’Ivoire : opération LICORNE
Golf de Guinée : dispositif CORYMBE
Indonésie : opération BERYX
République Centrafricaine : opération BOALI
Tchad : dispositif Epervier, opération DORCA (Darfour)
Togo : Détair Licorne

- Soldats français à Abidjan
OPÉRATIONS INTERIEURES (OPINT) :
Assistance à la population : inondations, lutte contre les intempéries...
Héphaistos : lutte contre les feux de forêt (250 militaires pendant deux mois)
Vigipirate : 1 000 militaires en permanence
OPÉRATIONS UNION AFRICAINE :
Soudan : AMIS
Nos « sonnettes » à Spin Boldak
C’est une grosse ferme fortifiée, perdue dans la vallée, face à la montagne, à soixante kilomètres au sud de Kandahar, et à moins de quatre kilomètres de la frontière pakistanaise. Abusivement qualifiée pendant longtemps de fortin, elle héberge depuis l’automne 2003 à Spin Boldak la crème des forces spéciales françaises, chargées de traquer les éléments d’Al Quaïda et des talibans qui empruntent cet axe de transit entre le Pakistan et le sud de l’Afghanistan, où ces groupes sont le plus actifs.
Jacques Chirac l’avait promis à Evian, en juin 2003, à George Bush après la fâcherie de l’Irak : la France allait envoyer des forces spéciales en Afghanistan pour lutter contre le terrorisme. Connus pour leur « rusticité » et leur capacité d’adaptation, ces quelque 200 hommes n’ont pas hésité à s’infiltrer dans ce nid de guêpes avec des moyens limités -quelques véhicules, et pas le moindre hélicoptère- dont ne voulaient pas les Américains. Ils sont placés directement sous le commandement de ces derniers, qui leur assurent une partie de la logistique, depuis Kandahar. Une base où ces hommes séjournent pendant six mois, avec des ravitaillement réguliers. L’essentiel de leur mission consiste, sans surprise, dans des longues patrouilles de reconnaissance, et éventuellement, dans des combats limités. Leur équipement comprend tous les moyens de communication pour recevoir et envoyer de l’imagerie, notamment celle récoltée par les Mirage F1CR actuellement basés à Douchanbe (Tadjikistan). Afin de parer au plus pressé, un médecin et un infirmier font partie des effectifs locaux.
Une fois n’est pas coutume, ce sont actuellement les commandos marine, venus de Lorient, qui représentent la première population de cette grosse ferme fortifiée, abusivement qualifiée de « fortin ».
L’armée de Terre fournit aussi ses spécialistes, avec le 13e régiment de dragons parachutistes (RDP) de Dieuze, rompus à l’observation discrète, et le 1er régiment parachutiste d’infanterie de marine (RPIMA) de Bayonne, le dard « commando » utilisé à plusieurs reprises dans des situations désespérées, notamment en Côte d’Ivoire. Les arrivants de la dernière relève avaient d’ailleurs longuement travaillé sur place, avant de rejoindre l’Afghanistan.
Moins connus, les commandos-parachutistes de l’Air (CPA n°10) d’Orléans apportent leur expertise dans le ciblage d’objectifs, au profit des avions ou des hélicoptères d’assaut. Des avions qui assurent régulièrement des couvertures au profit du COS, en appui-feu, mais aussi pour la surveillance de convois. Le CPA10 arme d’ailleurs l’essentiel de l’équipe TACPI (observateurs aériens avancés) oeuvrant dans la région de Kaboul. Disposant d’un désignateur laser, d’un extracteur de coordonnées et d’une radio, cette équipe très mobile permet d’assurer la sécurité d’un tir aérien, en évitant les tirs fratricides et les dommages collatéraux.
Par delà les captures de prisonniers, et les découverte de stocks d’armes, le bilan de l’équipe de Spin Boldak est toujours très opaque, parce que les Américains, qui contrôlent cette partie du pays, ont demandé le secret le plus absolu sur les opérations. Un secret à géométrie variable puisqu’en mars 2004, MAM annonçait que ces troupes avaient « contribué à localisé Ben Laden ». En novembre dernier, un reportage très illustré mêlant plusieurs époques de l’activité locale était même paru dans Paris-Match. Un reportage qui avait déclenché une certaine panique, et une enquête de la Direction de la protection du secret-défense (DPSD). Une enquête toujours pas close : les similitudes de style -camouflage habile, ou pas- avec le vocabulaire militaire ont un temps orienté la DPSD sur un auteur faisant partie de la maison...
Avec l’aimable autorisation de Jean-Marc Tanguy pour Armees.com
Crédits de la mission défense pour 2006
Mme Michèle Alliot-Marie a indiqué que le budget global de la défense s’élèverait, en 2006, à 47 milliards d’euros, soit une progression de 3,4 %, hors pensions, et de 2,2 %, pensions incluses. Elle a souligné que ce premier budget établi selon les règles de la LOLF permettait, pour la quatrième année consécutive, le respect de la loi de programmation militaire 2003-2008. Il répondra à trois priorités : disposer des moyens d’exercer les missions de la défense, optimiser l’efficacité et la transparence de l’action de son ministère, et enfin soutenir les axes de la politique du Gouvernement. En matière d’équipement, ce budget permettra notamment de passer les commandes nécessaires à la poursuite de notre effort en matière de dissuasion (SNLE, Missile M51), la commande du deuxième porte-avions, le lancement du programme de sous-marin Barracuda, ainsi que la montée en puissance des programmes Félin, A-400 M et des hélicoptères de la gendarmerie. A ces commandes s’ajoutera celle prochainement finalisée entre la France et l’Italie portant sur la commande de 17 frégates européennes multimissions (FREMM). Mme Michèle Alliot-Marie a souligné que ce projet industriel induirait la création de 2.000 emplois directs pendant douze ans.

L’année 2006, a poursuivi la Ministre, sera également marquée par d’importantes livraisons : le lancement prochain du satellite Syracuse III-B, livraison de 14 avions Rafale, de missiles SCALP, et de 34 chars Leclerc. Le deuxième bâtiment de projection et de commandement (BPC), le Tonnerre, sera également mis en service actif l’an prochain.
Les crédits de la gendarmerie, prévus par la LOPSI, augmenteront pour leur part de 60 %, en passant de 120 à 200 millions d’euros. Ils permettront la poursuite du renouvellement des équipements, avec notamment la livraison de 2.000 véhicules de brigade et de police de la route. Un effort significatif sera également accompli en faveur de l’immobilier, que ce soit pour les bureaux ou les logements, nombre de ces derniers étant encore installés dans des bâtiments vétustes.
Mme Michèle Alliot-Marie a également souligné que les crédits pour 2006 permettront le renforcement des effectifs de la défense. Des emplois seront ainsi créés à la DGSE, notamment pour améliorer les capacités de cryptologie, ainsi qu’au sein du service de santé des armées. Au total, et en incluant la gendarmerie, ce seront 5.100 postes qui auront été créés depuis 2003. La politique en faveur des réservistes bénéficiera de 110 millions d’euros au total, soit 15 millions d’euros de plus qu’en 2005, et un crédit d’impôt en faveur des employeurs maintenant le niveau de rémunération de leurs salariés réservistes sera instauré. Le projet de loi sur les réserves sera prochainement présenté au Parlement et comportera un dispositif de crédit d’impôt en faveur des employeurs qui maintiennent le niveau de rémunération de leurs salariés réservistes.
Les modalités de financement des opérations extérieures (OPEX) ont été substantiellement améliorées depuis 2003, et la dotation initiale qui leur est consacrée s’élèvera à 250 millions d’euros en 2006, contre 100 millions en 2005. Mme Michèle Alliot-Marie a rappelé, à cet égard, que l’objectif du Président de la République était d’achever cette budgétisation des OPEX en Loi de finances initiale lors du projet de budget de 2007, avec un montant porté à 600 millions d’euros.
Mme Michèle Alliot-Marie a ensuite souligné que son ministère s’attachait à inscrire son action dans un cadre rénové et clarifié. Il s’était ainsi pleinement approprié les objectifs de la LOLF. Dans la logique de la stratégie ministérielle de réforme, étaient ainsi intervenus la réforme de la Délégation générale pour l’Armement (DGA), et le renforcement des pouvoirs d’arbitrage du chef d’Etat-major des armées (CEMA) décidé en mai 2005. Elle a également décrit l’effort de mutualisation des services, commencé en 2004 avec la création du service historique de la défense qui a regroupé les archives des différentes armées, et qui s’est poursuivi avec la récente création du service d’infrastructures de la défense rassemblant l’ensemble des services constructeurs sous l’autorité du Secrétaire général de l’Administration (SGA). La prochaine étape porte sur la mutualisation des systèmes d’information (SIC).
Mme Michèle Alliot-Marie a ensuite évoqué l’utilisation par son ministère de modes de gestion innovants, comme la location de longue durée d’avions de transport à long rayon d’action, dans l’attente des A.400 M. L’externalisation des quelque 22.000 véhicules de la gamme commerciale utilisés par les armées est en cours de réalisation, et fera l’objet d’un audit pour en déterminer les coûts et les avantages. Mme Michèle Alliot-Marie a souligné le coût croissant du maintien en condition opérationnelle (MCO) des matériels récents, du fait de leur sophistication, et a précisé que les contrats passés avec les industriels devraient désormais intégrer à la fois les coûts d’achat et d’entretien. De même, le ministère contribue au développement des contrats de partenariat de l’Etat qui permettent de confier à un tiers une mission associant les investissements nécessaires au service public, la construction d’équipements, ainsi que leur maintenance et leur exploitation. Elle a enfin rappelé que, si le budget de la défense représentait le deuxième budget de l’Etat, ce montant élevé s’accompagnait d’une recherche permanente d’économies, dont le montant s’élève, depuis 2002, à 480 millions d’euros.
Ensuite, Mme Michèle Alliot-Marie a rappelé que la gestion des ressources humaines avait été modernisée : le statut général des militaires a été récemment révisé, et est entré en vigueur le 1er juillet 2005, permettant de répondre aux exigences d’une armée professionnelle.
Mme Michèle Alliot-Marie a enfin constaté que ce budget permettait de répondre aux priorités gouvernementales, notamment en matière de sécurité, dans un contexte stratégique marqué par le terrorisme et les crises. En effet, le premier objectif poursuivi par la défense est de protéger les Français où qu’ils se trouvent. C’est ainsi que les militaires accomplissent des missions de tous ordres, allant de l’opération Vigipirate au déploiement d’opérations extérieures, comme en Afghanistan où, pour la première fois, des avions de chasse ont été récemment engagés dans une zone d’activité des Talibans.
Ce budget permet également à la France de s’affirmer comme l’un des pays pilotes de la construction européenne, mais aussi de contribuer à la croissance économique et sociale du pays. Mme Michèle Alliot-Marie a rappelé que son ministère irriguait un ensemble de plus de 10.000 entreprises, correspondant à un effectif total de plus de 2 millions de salariés. Il est également le premier recruteur de l’Etat, avec 32.000 recrutements en 2005, dont près de 7.000 jeunes sans qualification. Mme Michèle Alliot-Marie a souligné que l’opération « Défense Deuxième Chance » visait les jeunes gens et jeunes filles dont l’échec scolaire et les difficultés sociales étaient décelés lors de la Journée d’Appel et de Préparation de la Défense (JAPD). Ils se voient proposer un contrat d’un ou deux ans, leur permettant une remise à niveau scolaire et une meilleure intégration sociale. Ces volontaires sont rémunérés à hauteur de 300 euros par mois, dont la moitié leur est remise, l’autre moitié étant capitalisée sur un compte dont ils disposent à la fin de leur contrat pour aider à leur installation civile. Le premier centre d’accueil s’est ouvert la semaine dernière en Seine-et-Marne, et sera complété par deux autres centres d’ici la fin de l’année en cours, l’objectif étant de 20.000 jeunes bénéficiant de ce dispositif en 2008.
Par ailleurs, la défense se distingue par la qualité de la promotion sociale qu’elle continue à offrir, et par un système de reconversion très performant. Ainsi, en 2004, près de 12.000 prestations de reconversion ont conduit à un taux de reclassement s’élevant à 90 % et débouchant sur des contrats à durée indéterminée (CDI).
Enfin, le ministre a évoqué le caractère prioritaire donné au redressement des efforts en faveur de la recherche, garante de notre autonomie stratégique. C’est ainsi qu’en 2005, 550 millions d’euros ont été affectés aux études amont, cette somme étant portée à 600 millions en 2006. Par ailleurs, les crédits de recherche et de technologie (R et T) progressent entre 2005 et 2006, de 1,4 à 1,5 milliard d’euros. La défense est également pleinement investie dans les pôles de compétitivité récemment créés par le Gouvernement. Elle a cité en exemple le pôle « Mer » doublement implanté à Brest et à Toulon, qui bénéficie de l’implication de DCN et d’organismes de recherche ou d’expertise de la défense.
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